Ce lundi 13 avril, l'émission Good Morning Market sur BFM Business a consacré une partie de ses échanges à l'analyse des répercussions du blocus du détroit d'Ormuz sur les marchés financiers, un sujet devenu central depuis le début des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Selon BFM Business, l'émission diffusée chaque jour de la semaine a réuni plusieurs experts pour décrypter les mouvements des indices boursiers, les perspectives sectorielles et les stratégies d'investissement dans ce contexte de grande incertitude.
Ce qu'il faut retenir
- L'émission Good Morning Market sur BFM Business a analysé l'impact du blocus du détroit d'Ormuz sur les marchés, avec la participation de six experts en économie et en gestion d'actifs
- Le secteur des logiciels et services a enregistré une perte de 27 % en 2026, tandis que le secteur spatial suscite un engouement croissant en Bourse
- Les ETF ont été examinés sous l'angle des conséquences de la guerre en Iran, avec un bilan dressé par un spécialiste d'Amundi
- Les analystes ont également évoqué la chute des marchés financiers en début de semaine et les perspectives d'inflation aux États-Unis
- Les résultats trimestriels et l'ouverture des marchés européens ont été passés au crible par Florian Ielpo, de Lombard Odier IM
Une émission d'analyse financière sous haute tension géopolitique
Comme chaque matin, l'émission Good Morning Market sur BFM Business, animée par Étienne Bracq, a réuni six spécialistes pour décrypter l'actualité des marchés financiers ce lundi 13 avril. Parmi eux figuraient Florian Ielpo (Lombard Odier IM), Alexandre Baradez (IG), Julien Leegenhoek (Taranis), Damien Cadillon (Amundi), Vincent Lequertier (WeSave) et David Benmussa (Nordea AM). Ensemble, ils ont analysé les répercussions du blocus du détroit d'Ormuz, un enjeu géopolitique majeur qui influence directement les cours du pétrole et, par ricochet, les marchés boursiers.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite près d'un tiers du trafic maritime mondial de pétrole, est au cœur des tensions depuis plusieurs semaines. Selon BFM Business, cette situation a provoqué des mouvements de panique sur les marchés, avec des répercussions immédiates sur les indices européens et américains. Les experts présents dans l'émission ont souligné que la volatilité des cours du brut pourrait se maintenir tant que la crise persistera.
Le secteur spatial et les logiciels en difficulté, une exception dans la tech
Julien Leegenhoek, fondateur de Taranis, a apporté un éclairage sur le secteur des logiciels et services, qui a subi une baisse de 27 % en 2026. Cette contre-performance contraste avec l'engouement récent pour le secteur spatial, qui attire de plus en plus d'investisseurs malgré un environnement économique incertain. « Le spatial reste un domaine porteur, mais il faut distinguer les segments qui résistent à la crise de ceux qui subissent des corrections brutales », a-t-il expliqué.
Cette divergence entre les deux secteurs technologiques illustre les profondes disparités au sein de l'économie numérique. Alors que les valeurs liées à l'espace bénéficient d'un soutien public et privé, les logiciels et services subissent de plein fouet la hausse des coûts et la baisse de la consommation des entreprises. « Autant dire que l'année 2026 est un vrai casse-tête pour les investisseurs en tech », a résumé Leegenhoek.
Les ETF sous le feu des projecteurs en raison de la guerre en Iran
Damien Cadillon, responsable ETF France chez Amundi, a dressé un bilan des conséquences de la guerre en Iran sur les fonds cotés en Bourse. Selon lui, les ETF exposés aux marchés américains et européens ont enregistré des performances contrastées depuis le début du conflit. « Certains indices ont résisté mieux que d'autres, mais globalement, la volatilité a été à son comble », a-t-il indiqué.
Cadillon a également rappelé que les investisseurs doivent désormais intégrer dans leurs stratégies un risque géopolitique accru. « Les ETF qui incluent des valeurs énergétiques ou des entreprises exposées au Moyen-Orient ont particulièrement souffert, tandis que ceux axés sur la santé ou les technologies propres ont mieux performé », a-t-il précisé. Cette analyse confirme la nécessité pour les gestionnaires de portefeuilles d'adapter leurs allocations en fonction des tensions géopolitiques.
Chute des marchés et inflation aux États-Unis, les deux sujets brûlants
Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, a abordé deux sujets majeurs : la chute des marchés financiers en début de semaine et les perspectives d'inflation aux États-Unis. Selon ses observations, les indices boursiers européens et américains ont reculé en raison des craintes liées à l'escalade des tensions au Moyen-Orient et à l'incertitude économique mondiale.
« La semaine a mal commencé pour les investisseurs, avec une baisse généralisée des marchés. L'inflation aux États-Unis reste un sujet de préoccupation, d'autant que les dernières données publiées n'ont pas rassuré », a-t-il souligné. Baradez a ajouté que la Réserve fédérale américaine pourrait être contrainte d'intervenir plus rapidement que prévu pour stabiliser les prix, ce qui pourrait peser sur la croissance économique.
Les résultats trimestriels et l'ouverture des marchés européens passés au crible
Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, a analysé l'ouverture des marchés européens et le coup d'envoi des résultats trimestriels. Selon lui, les entreprises devront faire preuve de résilience pour surmonter les défis actuels, notamment la hausse des coûts énergétiques et les perturbations des chaînes d'approvisionnement.
« Les résultats trimestriels seront scrutés à la loupe, car ils pourraient donner des indications sur la capacité des entreprises à absorber les chocs externes », a-t-il déclaré. Ielpo a également souligné que la BCE (Banque centrale européenne) pourrait être amenée à ajuster sa politique monétaire en fonction des données macroéconomiques à venir.
Les prochains résultats trimestriels des grandes entreprises européennes et américaines pourraient également jouer un rôle clé dans la reprise ou la poursuite de la volatilité. Enfin, l'analyse des ETF et des stratégies d'allocation d'actifs sera déterminante pour les investisseurs souhaitant limiter leur exposition aux risques géopolitiques et économiques.
Le détroit d'Ormuz est un point de passage stratégique pour le transport du pétrole mondial. Une interruption du trafic maritime dans cette zone entraînerait une forte hausse des prix de l'énergie, ce qui aurait des répercussions sur l'inflation, la croissance économique et les marchés boursiers. Les investisseurs anticipent donc une volatilité accrue tant que la crise persiste, selon les analystes de BFM Business.
Les secteurs liés aux énergies renouvelables, aux technologies propres et à la défense pourraient tirer leur épingle du jeu. En revanche, les valeurs fortement exposées aux matières premières énergétiques ou aux chaînes d'approvisionnement perturbées pourraient subir des pressions, comme l'ont souligné les experts lors de l'émission.
