Dans un contexte de tensions persistantes autour de l’influence de Vincent Bolloré sur le groupe Canal+, Maxime Saada, président du directoire de la chaîne, a formellement démenti toute volonté de mettre en place une « liste noire » à l’encontre de professionnels du cinéma ayant signé une pétition critique envers le milliardaire, selon Le Figaro.
Lors de l’assemblée générale annuelle du groupe audiovisuel, organisée ce vendredi 29 mai 2026, Maxime Saada a rappelé que seulement 1 à 2 % des professionnels du cinéma français avaient signé cette pétition publiée le 11 mai 2026 dans Libération. Il a souligné que la grande majorité des acteurs du secteur ne s’étaient « pas reconnus dans cette pétition qui attaquait Canal+ ». « Canal+ n’est plus une filiale de Vivendi depuis dix-huit mois. Canal+ n’est pas contrôlé par le groupe Bolloré », a-t-il martelé, cherchant ainsi à dissocier la chaîne de l’influence de son actionnaire historique.
Ce qu'il faut retenir
- Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a démenti l’existence d’une « liste noire » contre les signataires d’une pétition anti-Bolloré, selon Le Figaro.
- Seulement 1 à 2 % des professionnels du cinéma ont signé la pétition publiée le 11 mai 2026 dans Libération.
- Canal+ n’est plus une filiale de Vivendi depuis dix-huit mois et n’est plus contrôlé par le groupe Bolloré.
- Saada a affirmé que la pétition visait Canal+ en tant qu’entité, et non les professionnels du secteur.
- Une « nouvelle dimension » sera désormais prise en compte dans l’examen des projets soutenus par Canal+, a indiqué le dirigeant.
Une pétition critiquant Bolloré et son influence sur Canal+
La pétition en question, initiée par le collectif Zappons Bolloré, a regroupé plusieurs milliers de signataires parmi les professionnels du cinéma. Elle dénonçait l’influence de Vincent Bolloré sur la chaîne, qu’il détient encore à travers sa participation dans le capital de Vivendi, actionnaire de référence. Maxime Saada a rejeté ces accusations, affirmant que la pétition ciblait Canal+ en tant qu’institution, et non les professionnels du secteur. « C’est bien Canal+ qui a été attaqué », a-t-il précisé, tout en reconnaissant que la chaîne reste un acteur majeur du financement du cinéma français.
Cette clarification intervient alors que des huées avaient accompagné la présence de Vincent Bolloré lors d’événements récents, notamment à Cannes, où le groupe Canal+ joue un rôle clé dans le soutien à la production cinématographique française. Les tensions autour de l’influence de Bolloré sur le paysage audiovisuel français ne sont pas nouvelles, mais cette affaire met en lumière les divisions au sein de l’industrie.
Une « nouvelle dimension » pour l’examen des projets soutenus
Outre le démenti concernant la « liste noire », Maxime Saada a indiqué qu’une « nouvelle dimension » serait désormais intégrée dans l’évaluation des projets de films et de séries soutenus par Canal+. Bien qu’il n’ait pas détaillé précisément cette approche, il a évoqué une volonté de mieux prendre en compte les enjeux éthiques et sociétaux dans les choix de financement. « On a seulement entre 1 et 2 % du secteur qui a signé cette pétition. Parce que 99 % des professionnels ne se sont pas reconnus dans cette pétition qui attaquait Canal+ », a-t-il rappelé, insistant sur la légitimité de la chaîne dans son rôle historique de soutien à la création.
Cette annonce pourrait être interprétée comme une réponse aux critiques récurrentes sur le manque de transparence ou de diversité dans les contenus soutenus par Canal+, mais aussi comme une tentative de réaffirmer l’autonomie de la chaîne vis-à-vis de son actionnaire principal.
Un contexte industriel déjà tendu
La prise de parole de Maxime Saada intervient dans un contexte déjà marqué par des incertitudes sur l’avenir du groupe Canal+. La direction a récemment convoqué un comité social et économique (CSE) extraordinaire pour évoquer un plan de redressement, suscitant des craintes parmi les salariés quant à d’éventuelles suppressions d’emplois ou fermetures de magasins. Un plan détaillé doit être présenté « dans les prochaines semaines », selon les informations disponibles.
Canal+ reste un acteur incontournable du paysage audiovisuel français, mais son modèle économique et son indépendance sont régulièrement questionnés. Les déclarations de Saada visent donc à rassurer à la fois les professionnels du cinéma et les salariés du groupe sur la stabilité et la pérennité de la chaîne.
Pour l’heure, Maxime Saada a choisi de clore la polémique en recentrant le débat sur le rôle historique de Canal+ dans le soutien au cinéma français. Reste à voir si cette stratégie suffira à apaiser les tensions, alors que l’industrie reste en ébullition.
La pétition, initiée par le collectif Zappons Bolloré, dénonçait l’influence de Vincent Bolloré sur Canal+ à travers sa participation dans Vivendi, actionnaire de référence du groupe. Elle critiquait notamment le manque de diversité et de transparence dans les contenus soutenus par la chaîne.