Cinquante-trois vies brisées. Encore. La Méditerranée centrale vient d’ajouter un nouveau chapitre à son sinistre bilan. Cette fois, c’est au large de la Libye que le drame s’est joué.
On pourrait croire que l’horreur finit par nous endurcir. Pourtant, chaque naufrage de ce type nous rappelle cruellement que non.
Un canot pneumatique en perdition
Vendredi 6 février, un canot pneumatique surchargé a chaviré au nord de Zouara. À bord : 55 migrants, majoritairement des Africains en quête d’une vie meilleure. Résultat des courses : 53 morts ou disparus, seulement deux survivantes.
Les deux rescapées, toutes deux nigérianes, ont raconté leur cauchemar aux autorités libyennes. L’une a perdu son mari, l’autre ses deux bébés. Autant dire que les mots manquent pour décrire l’ampleur de cette tragédie.
Le départ avait eu lieu la veille, depuis Zaouïa près de Tripoli. Six heures de navigation, puis le drame : l’embarcation prend l’eau et se retourne. Les survivantes ont été secourues par les autorités libyennes, mais pour les autres…
Une route migratoire plus mortelle que jamais
Ce naufrage porte à 484 le nombre de migrants morts ou disparus sur cette route en 2026. Un chiffre qui donne le vertige. Et qui confirme, si besoin était, que la Méditerranée centrale reste la route migratoire la plus dangereuse au monde.
L’année dernière, 1 340 personnes y ont perdu la vie. Des chiffres qui devraient nous faire honte à tous. Parce que ces morts, on pourrait les éviter. Ou au moins les réduire drastiquement.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ne cesse de le répéter : il faut une coopération internationale renforcée. Et surtout, des voies de migration sûres et régulières. Parce que tant que les migrants n’auront d’autre choix que de s’entasser dans des canots pneumatiques, les drames continueront.
Et si on changeait de perspective ?
On se demande parfois ce qui pousse ces hommes, ces femmes, ces enfants à prendre de tels risques. La réponse est simple : le désespoir. Le désespoir de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Qui fuient la guerre, la famine, les persécutions.
Et nous, en Europe, on ferme les yeux. On construit des murs. On externalise nos frontières. Résultat : on laisse mourir des gens en mer. Des gens qui, souvent, ne demanderaient pas mieux que de contribuer à nos sociétés.
Alors oui, la situation est complexe. Les solutions ne sont pas simples. Mais doit-on vraiment attendre un nouveau naufrage pour agir ?
Les solutions existent
L’OIM propose plusieurs pistes. D’abord, lutter contre les réseaux de passeurs. Ensuite, créer des voies légales de migration. Et enfin, renforcer la coopération internationale.
Parce que la Méditerranée ne devrait pas être un cimetière. Elle devrait être une voie de passage vers une vie meilleure. Pas vers la mort.
Et maintenant ?
Difficile de dire avec certitude ce que l’avenir réserve à ces routes migratoires. Une chose est sûre : si rien ne change, les drames continueront. Et nous, en tant que société, nous aurons du sang sur les mains.
Alors, et si on agissait ? Vraiment. Maintenant.
La Méditerranée centrale est dangereuse pour plusieurs raisons. D’abord, la distance à parcourir est importante. Ensuite, les embarcations utilisées sont souvent de mauvaise qualité et surchargées. Enfin, les conditions météo peuvent être très difficiles. Ajoutez à cela le manque de moyens de secours et vous obtenez une route migratoire extrêmement dangereuse.
L’Europe a mis en place plusieurs mécanismes d’aide, comme le programme de relocalisation et de réinstallation. Cependant, ces programmes sont souvent critiqués pour leur lenteur et leur manque d’ambition. Par ailleurs, certains pays européens ont choisi de fermer leurs frontières, ce qui complique encore la situation.