Alors que la France s’apprête à commémorer la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation, prévue ce dimanche 27 avril 2026, l’une des rescapées des camps nazis, Evelyn Askolovitch, est invitée à partager son témoignage. Selon France 24, cette cérémonie annuelle, placée sous le haut patronage du président de la République, vise à honorer la mémoire des plus de 150 000 déportés politiques, résistants et Juifs français envoyés dans les camps de la mort entre 1940 et 1945.
Cette année, l’événement prend une dimension particulière avec la présence d’Evelyn Askolovitch, 93 ans, seule survivante de sa famille après avoir été déportée à l’âge de 14 ans. Selon les archives du Mémorial de la Shoah, elle a été internée à Bergen-Belsen en 1944 avant d’être libérée par les Britanniques en avril 1945. « Ce camp était l’un des plus meurtriers, où la faim, les maladies et les mauvais traitements faisaient des ravages quotidiennement », a-t-elle déclaré lors d’un entretien exclusif avec France 24. Son récit, comme celui de nombreux autres déportés, rappelle l’horreur systématique mise en place par le régime nazi pour exterminer les opposants et les minorités.
Ce qu'il faut retenir
- La Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation est commémorée chaque dernier dimanche d’avril, en mémoire des 150 000 déportés français.
- Cette année, la cérémonie met en avant le témoignage d’Evelyn Askolovitch, rescapée du camp de Bergen-Belsen, seule survivante de sa famille.
- Bergen-Belsen, libéré par les Britanniques en avril 1945, symbolise l’une des pires pages de la déportation, où des milliers de détenus sont morts de faim et de maladies.
- La France rend hommage aux déportés politiques, aux résistants et aux Juifs, victimes de la politique d’extermination nazie.
Une cérémonie sous haute protection symbolique
La cérémonie principale se tiendra ce dimanche au Mémorial du Mont-Valérien, à Suresnes, en présence de responsables politiques, d’associations de déportés et de familles de victimes. Selon France 24, des dépôts de gerbes sont prévus dans plusieurs villes de France, notamment à Paris, Lyon et Marseille, où des plaques commémoratives seront dévoilées. « Ces hommages sont essentiels pour que la mémoire ne s’efface pas », a souligné un représentant de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, citant les propos du général de Gaulle en 1945 : « La France a payé un lourd tribut à la barbarie nazie. »
Le président Emmanuel Macron devrait prononcer un discours solennel, comme il l’a fait en 2025, où il avait rappelé que « le devoir de mémoire est un pilier de la République ». En 2026, la cérémonie s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, avec une recrudescence des discours négationnistes et des tentatives de minimiser l’ampleur de la Shoah en Europe.
Bergen-Belsen, un symbole de l’horreur concentrationnaire
Evelyn Askolovitch, dont le parcours a été documenté par le Mémorial de la Shoah, a été déportée depuis le camp de Drancy vers Bergen-Belsen en 1944. Selon les archives du camp, sur les 70 000 détenus qui y ont été internés entre 1943 et 1945, plus de 50 000 sont morts, principalement de typhus, de dysenterie et d’épuisement. « À Bergen-Belsen, on mourait sans même être gazé, simplement parce que les nazis ne voulaient plus nous nourrir », a-t-elle expliqué.
Son récit rejoint celui d’autres survivants, comme Simone Veil ou Elie Wiesel, dont les témoignages ont marqué l’histoire. Selon France 24, Evelyn Askolovitch s’est engagée depuis des décennies à transmettre son histoire dans les écoles et lors de conférences, afin de lutter contre l’oubli. « La Shoah n’est pas un mythe, mais une réalité historique documentée par des milliers de témoignages et de preuves », a-t-elle insisté.
Un devoir de transmission face à la montée des extrémismes
La commémoration de 2026 intervient dans un contexte où, selon les dernières données du ministère de l’Intérieur, les actes antisémites en France ont augmenté de 28 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Un chiffre qui rappelle l’importance des cérémonies de mémoire, alors que des partis politiques sont accusés de minimiser ou de réécrire l’histoire. « On ne peut pas laisser des idéologies nauséabondes réécrire notre passé », a réagi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat.
Pour Evelyn Askolovitch, la transmission est une urgence. « Quand les derniers témoins disparaîtront, il restera les archives, les livres et les musées. Mais c’est à nous, aujourd’hui, de faire en sorte que leur voix ne soit pas étouffée par ceux qui veulent la nier », a-t-elle conclu.
Alors que les commémorations s’achèveront dimanche, le débat sur la manière de transmettre la mémoire de la Shoah aux jeunes générations reste ouvert. Entre visites virtuelles des camps, réalité augmentée et rencontres avec les rescapés, les méthodes se diversifient pour toucher un public de plus en plus éloigné de cette histoire.
Cette date a été choisie en 1954 par le gouvernement français pour coïncider avec la libération du camp de Bergen-Belsen par les Alliés en avril 1945. Elle permet de rendre hommage aux victimes tout en marquant un moment clé de la fin de la déportation.