Depuis six ans et demi, Mikel Arteta transforme le visage d’Arsenal. L’ancien capitaine du club a enfin comblé l’attente historique des Gunners en remportant le titre de Premier League la semaine dernière, mettant fin à une disette de 22 ans. Selon RMC Sport, l’Espagnol, désormais âgé de 44 ans, s’apprête à écrire une nouvelle page de l’histoire du club en visant un objectif encore plus prestigieux : soulever la première Ligue des champions de l’histoire d’Arsenal.
Ce qu'il faut retenir
- Arteta a mis fin à 22 ans de disette en remportant le titre de Premier League avec Arsenal, son premier trophée majeur en tant qu’entraîneur.
- Le club londonien s’est imposé comme un prétendant sérieux en Ligue des champions, où il affronte le PSG en finale jeudi.
- L’Espagnol a profondément modifié l’identité du club, tant sur le plan sportif que culturel, en restaurant la rigueur et l’âme des Gunners.
- Sa capacité à rebondir après des débuts difficiles et à fédérer les supporters autour de projets concrets est saluée par les observateurs.
Un parcours jalonné de défis et de succès
Arrivé sur le banc d’Arsenal en décembre 2019, Mikel Arteta a d’abord dû faire face à une saison 2019-2020 compliquée, marquée par la pandémie de Covid-19. Selon John Cross du Daily Mirror, rapporté par RMC Sport, son passage à Arsenal aura été « une succession de hauts et de bas », typique des difficultés rencontrées par le club. Pourtant, c’est précisément cette résilience qui a forgé sa légende naissante. Dès sa première saison, il a remporté la FA Cup, offrant un premier trophée au club depuis 2017. Mais c’est cette saison 2025-2026 qui restera comme l’apogée de son travail, avec un titre de champion d’Angleterre arraché dans les dernières minutes.
Cette victoire, Arteta l’a préparée avec une rigueur exemplaire. « Les débuts ont été compliqués, surtout pendant la pandémie du Covid », a reconnu Simon Collings du Sun. Pourtant, le board d’Arsenal a toujours cru en lui, malgré une huitième place en 2020 puis une cinquième place en 2021. Aujourd’hui, alors qu’il reste un an de contrat, la prolongation semble acquise. « Les fans ne souhaitent que cela », assure Collings. La stabilité apportée par Arteta contraste avec l’instabilité d’autres grands clubs anglais, comme Liverpool où Jürgen Klopp a quitté son poste et Manchester City où Pep Guardiola s’apprête à partir.
Une transformation culturelle autant que sportive
Au-delà des résultats, Mikel Arteta a redéfini l’identité d’Arsenal. Selon Matthew Spiro, journaliste anglais, cité par RMC Sport, le club était autrefois « un endroit froid ». L’Espagnol a changé la donne en restaurant un lien fort entre le club et ses supporters. Il a notamment encouragé les fresques murales autour de l’Emirates Stadium et laissé une grande liberté aux fans pour exprimer leur attachement au club. Résultat : des chants comme « North London Forever » sont devenus des hymnes, quelque chose d’impensable dix ans plus tôt. « Il a redonné une âme à ce club », souligne un supporter irlandais interrogé par RMC Sport, Ryan, venu assister au dernier match à domicile contre Burnley.
Sur le terrain, son exigence a marqué les esprits. « Une rigueur qui avait disparu », précise Matthew Spiro. Les sanctions sont immédiates : un capitaine en retard pour une réunion perd son brassard, un joueur comme Eddie Nketiah oublie un marquage et se retrouve écarté pendant deux mois. « Aujourd’hui, Arsenal, c’est onze joueurs qui attaquent et défendent ensemble », résume Spiro. Cette discipline a permis au club de passer du milieu de tableau à la lutte pour le titre, puis à la victoire en Premier League.
Une finale de Ligue des champions sous le signe de l’ambition
Avec une équipe désormais structurée et une confiance retrouvée, Arsenal aborde la finale de Ligue des champions face au PSG avec ambition. « Samedi, nous serons champions d’Europe », avait lancé Arteta lors d’une réception privée après le titre de Premier League. Une déclaration, captée et largement relayée, qui a marqué les esprits et pourrait servir de motivation supplémentaire pour ses joueurs. À l’issue du media day précédant la rencontre, l’Espagnol a reçu une bouteille de mezcal d’un journaliste mexicain, accompagnée d’un mot : « À ouvrir après la finale contre le PSG. » Une façon symbolique de montrer sa détermination à remporter le trophée ultime.
Arteta n’est pas seul dans cette quête. Il partage avec Luis Enrique, entraîneur du PSG, une approche similaire : une capacité à s’adapter et à apprendre de ses erreurs. « Il a appris de ses erreurs », observe Arjun, un supporter d’origine indienne devenu fan d’Arsenal. « Regardez ce qu’il a fait en fin de saison : il a modifié son système en cours de route pour s’adapter aux besoins de l’équipe. Le Mikel Arteta d’il y a deux ou trois ans n’aurait pas réagi aussi vite. » Cette flexibilité pourrait s’avérer décisive dans une finale où chaque détail compte.
Les choix tactiques d’Arteta sous le feu des projecteurs
Les observateurs s’accordent sur un point : Mikel Arteta a su imposer une rigueur défensive tout en maintenant une identité offensive. Ses ajustements tactiques, parfois critiqués pour un manque d’audace, ont finalement porté leurs fruits. « Il a mis Declan Rice en arrière droit quand le poste manquait de solidité, puis a rapidement changé si cela ne fonctionnait pas », explique Arjun. Cette capacité à prendre des décisions rapides, parfois contre l’avis général, est devenue une marque de fabrique.
Pourtant, certains points restent débattus. Son style de jeu est parfois jugé trop pragmatique, loin de l’attaque flamboyante d’antan. « Il est arrivé à un stade où il veut juste gagner », estime Ryan. « Peut-être qu’il ajustera son style après et qu’on repartira plus fort. » Une chose est sûre : avec un titre de champion d’Angleterre et une finale de Ligue des champions en poche, les critiques se font plus discrètes. « Il est une légende du club », s’enthousiasme Karl, casquette d’Arsenal vissée sur la tête. « Nous sommes passés du milieu de tableau au titre. Gagner un trophée important va faire taire ceux qui disaient qu’il craquait sous la pression. »
Un héritage déjà en construction
Alors que la finale de Ligue des champions approche, le débat sur l’héritage d’Arteta à Arsenal dépasse déjà le cadre sportif. Selon RMC Sport, le club est aujourd’hui perçu comme une place forte de la stabilité en Angleterre, un contraste saisissant avec les tumultes d’autres grands clubs européens. Son travail sur l’identité du club, la formation des jeunes talents et la professionnalisation des méthodes d’entraînement laisse entrevoir une nouvelle ère pour les Gunners.
Pourtant, l’enjeu reste entier. Une victoire jeudi pourrait consacrer Arteta comme l’un des plus grands entraîneurs de l’histoire du club. Une défaite, en revanche, ne remettrait pas en cause son travail, mais pourrait relancer les interrogations sur la capacité du club à performer sur la scène européenne. Une chose est certaine : quel que soit le résultat, l’Espagnol a déjà marqué l’histoire d’Arsenal. Comme le note Karl, « personne d’autre n’est capable de faire ce qu’il a accompli. »
Alors que les préparatifs pour la finale battent leur plein, une question subsiste : Arteta parviendra-t-il à transformer cette équipe en championne d’Europe, ou devra-t-il attendre une nouvelle saison pour écrire la suite de son histoire ? Une chose est sûre, l’Emirates Stadium vibre déjà à l’unisson de son entraîneur.
Arteta a mis fin à 22 ans de disette en remportant la Premier League avec Arsenal, son premier trophée majeur en tant qu’entraîneur. Il a également redéfini l’identité du club en restaurant une rigueur sportive et un lien fort avec les supporters, tout en transformant les Gunners en prétendants sérieux en Ligue des champions.