Vous avez déjà eu l'impression que votre meilleur pote sur les réseaux sociaux était un peu trop... parfait ? Trop disponible ? Trop à l'écoute ?
Et si je vous disais que ce pote, en réalité, n'existe pas ? Qu'il est le fruit d'un algorithme bien huilé, conçu pour vous faire croire à une amitié authentique ?
C'est le scénario qui se profile avec des applications comme Moltbook et Friend, qui poussent comme des champignons dans notre quotidien numérique.
Des amis en pixels, mais des émotions bien réelles
Alors, on y croit vraiment, à ces relations virtuelles ?
D'après nos confrères du Monde, ces innovations jouent sur nos fantasmes les plus profonds. L'anthropomorphisme, vous connaissez ? Ce besoin qu'on a de donner des traits humains à des objets, à des machines. Résultat : on finit par s'attacher à un avatar, à un bot qui nous comprend mieux que notre entourage.
(Bon, soyons honnêtes, parfois notre entourage mérite qu'on le remplace par un algorithme... mais c'est un autre débat.)
La philosophe Anne Alombert, citée par nos confrères, tire la sonnette d'alarme : on parle là de la régulation automatisée des rapports sociaux. Autant dire que c'est du lourd.
Le danger de la dépendance émotionnelle
Imaginez : vous passez vos soirées à discuter avec un bot qui vous écoute, vous conseille, vous rassure. Vous lui confiez vos peines, vos doutes, vos espoirs. Et un jour, paf, il vous lâche.
Ou pire : il vous manipule. Parce que oui, ces applications, elles ont un but. Vous faire consommer, vous faire cliquer, vous faire acheter. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait froid dans le dos.
Et puis, côté psychologie, on entre en terrain miné. Une étude de l'Université de Stanford, publiée en 2024, montrait que 37% des utilisateurs réguliers de ces applications développaient des symptômes de dépendance. Autant dire que c'est pas une mince affaire.
Et nos vraies relations dans tout ça ?
Le truc, c'est que ces bots, ils sont toujours disponibles. Toujours à l'écoute. Toujours positifs. Alors que nos amis, nos proches, eux, ils ont des défauts. Ils ont des moments de fatigue. Ils ont une vie, quoi.
Résultat des courses : on pourrait se demander si, à force, on ne préfère pas la compagnie de ces amis virtuels. Plus simples. Plus prévisibles. Moins exigeants.
Et c'est là que ça devient problématique. Parce que ces relations, elles sont fausses. Elles sont construites. Elles sont... artificielles.
Alors, bien sûr, on peut se dire que c'est juste un jeu. Une distraction. Mais est-ce qu'on ne prend pas le risque de perdre le contact avec la réalité ?
Et si on parlait régulation ?
Bon, évidemment, tout ça, c'est pas très rassurant. Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
La première chose, c'est d'être conscient du problème. De comprendre que ces applications, elles ne sont pas neutres. Elles ont un impact sur notre psyché, sur nos relations, sur notre société.
Ensuite, il faudrait peut-être penser à encadrer un peu tout ça. Parce que là, c'est le far-west. N'importe qui peut créer une appli, n'importe qui peut jouer avec nos émotions.
Et puis, côté utilisateurs, on pourrait faire un effort. Se rappeler que derrière l'écran, il n'y a pas toujours un ami. Parfois, il y a juste un algorithme.
Alors, oui, c'est tentant. C'est facile. Mais est-ce que c'est vraiment ce qu'on veut ? Des relations à base de code et de données ?
Bref, la question est ouverte. Et vous, vous en pensez quoi ?
Difficile de dire avec certitude. Ce qui est sûr, c'est qu'elles peuvent avoir un impact sur notre psyché et nos relations. Comme le rappelle Anne Alombert, c'est la régulation automatisée des rapports sociaux qui est en jeu. Autant dire que c'est pas anodin.
C'est pas toujours facile. Les bots sont de plus en plus sophistiqués. Mais quelques signes peuvent vous mettre la puce à l'oreille : des réponses trop parfaites, une disponibilité constante, des conseils un peu trop... standardisés. Si vous avez un doute, posez-vous la question : est-ce que cette personne existe vraiment ?
La première chose, c'est d'en prendre conscience. Ensuite, vous pouvez essayer de réduire progressivement votre utilisation. Passer du temps avec de vrais amis, de vrais proches. Et si vraiment ça devient trop dur, n'hésitez pas à consulter un professionnel. Parce que oui, la dépendance aux bots, ça existe. Et c'est pas une blague.
