Un couple de perruches kakariki karaka (ou perruche de Malherbe), espèce endémique de Nouvelle-Zélande classée en danger critique d’extinction, contribue à la survie de son espèce grâce à une reproduction particulièrement active. Selon Le Figaro, Nacho et Trixie, deux oiseaux hébergés à l’Isaac Conservation and Wildlife Trust de Christchurch, ont donné naissance à 55 poussins depuis leur arrivée dans ce centre de sauvegarde. Trente-trois d’entre eux sont nés cette année, soit plus de 10 % de la population mondiale estimée à 450 individus.
Ce qu'il faut retenir
- L’espèce kakariki karaka est considérée comme en danger critique d’extinction, avec seulement 450 spécimens recensés dans le monde.
- Le couple Nacho et Trixie a produit 55 poussins, dont 33 en 2026, contribuant ainsi à plus de 10 % de la population totale.
- Ces oiseaux sont élevés au sein de l’Isaac Conservation and Wildlife Trust à Christchurch, où leur reproduction est suivie de près par les spécialistes.
- Les programmes de reproduction en captivité sont essentiels pour protéger l’espèce, vulnérable aux prédateurs dans son milieu naturel.
Une espèce deux fois déclarée éteinte avant d’être redécouverte
Le kakariki karaka, également appelé perruche de Malherbe, est un oiseau endémique de Nouvelle-Zélande dont la population a connu des fluctuations extrêmes. Selon les spécialistes cités par Le Figaro, cette espèce a même été déclarée éteinte à deux reprises avant d’être redécouverte dans des zones isolées, principalement sur des îles exemptes de prédateurs. Malgré cette résilience, les effectifs restent dramatiquement faibles, justifiant les efforts de conservation menés en captivité.
Les 450 individus estimés aujourd’hui se concentrent majoritairement dans des sanctuaires ou des réserves naturelles, où les risques de prédation sont minimisés. Cependant, leur survie à long terme dépend en grande partie de la réussite des programmes d’élevage, comme celui mené par l’Isaac Conservation and Wildlife Trust.
Nacho et Trixie, un duo reproducteur exceptionnel
Le couple formé par Nacho et Trixie s’est distingué par une activité reproductive hors norme. D’après Leigh Percasky, responsable de la faune sauvage au sein du centre, « Trixie est une super maman ». En effet, la femelle continue de pondre des œufs et d’élever des oisillons bien après la fin de la saison de reproduction habituelle. Sept poussins composent encore sa dernière couvée, alors que les spécialistes espéraient qu’elle marque une pause.
Son partenaire, Nacho, joue un rôle tout aussi crucial : il est chargé de nourrir Trixie et les oisillons, une tâche exigeante en énergie. « Je ne sais pas où ils trouvent toute cette énergie », confie Leigh Percasky, soulignant l’engagement sans faille de ce couple. Leur contribution dépasse largement celle d’autres individus de l’espèce, faisant d’eux des acteurs clés de la sauvegarde du kakariki karaka.
Les programmes de captivité, une nécessité face aux prédateurs
Wayne Beggs, responsable du programme de sauvegarde du kakariki karaka au ministère néo-zélandais de la Préservation, insiste sur l’importance des élevages en captivité. « Les populations sauvages sont très vulnérables aux prédateurs, nous avons donc toujours besoin de populations de réserve », explique-t-il. En l’absence de prédateurs naturels, les centres comme celui de Christchurch permettent d’assurer la pérennité de l’espèce tout en limitant les risques d’extinction.
Ces programmes ne se substituent pas à la protection des habitats naturels, mais ils offrent une solution temporaire pour éviter la disparition définitive du kakariki karaka. Nacho et Trixie incarnent cette stratégie, avec une descendance qui représente une part significative de la population mondiale. Leur succès reproductif est d’autant plus remarquable que l’espèce a frôlé l’extinction à plusieurs reprises.
« Nacho et Trixie ont apporté une contribution énorme à la survie de leur espèce. Nous espérons qu’ils prendront un repos bien mérité après cette dernière couvée. »
— Leigh Percasky, responsable de la faune sauvage à l’Isaac Conservation and Wildlife Trust
Un espoir pour une espèce au bord du gouffre
Les spécialistes s’accordent à dire que sans des reproducteurs aussi prolifiques que Nacho et Trixie, l’espèce aurait eu peu de chances de survie. Leur capacité à se reproduire en captivité offre un répit face à la menace constante des prédateurs et à la dégradation de leur habitat naturel. Pourtant, malgré ces avancées, le kakariki karaka reste classé parmi les espèces les plus menacées au monde.
Les autorités néo-zélandaises poursuivent leurs efforts pour renforcer les populations sauvages et élargir les programmes d’élevage. Les résultats obtenus grâce à des couples comme Nacho et Trixie permettent d’envisager une stabilisation progressive des effectifs, même si le chemin vers une sortie de la liste rouge des espèces en danger reste long et incertain.
La survie du kakariki karaka dépend désormais de la pérennité de ces initiatives et de la capacité des autorités à concilier protection des habitats et reproduction en captivité. Si les résultats actuels sont encourageants, la prudence reste de mise : l’histoire de cette espèce rappelle que même les oiseaux les plus résilients peuvent basculer dans l’oubli sans une action continue et déterminée.
Cette espèce est principalement menacée par la prédation exercée par des mammifères introduits en Nouvelle-Zélande, comme les rats ou les hermines, ainsi que par la destruction de son habitat naturel. Son isolement sur des îles sans prédateurs a permis des redécouvertes, mais sa survie à long terme dépend désormais des programmes de conservation.
Plusieurs centres participent à la sauvegarde du kakariki karaka, dont le Mount Bruce Wildlife Centre et le Orana Wildlife Park. Ces structures collaborent avec le ministère de la Préservation pour maximiser les chances de survie de l’espèce.