Depuis une décennie, Nastassja Kinski, figure majeure du cinéma européen, mène un combat juridique pour faire retirer une scène de son film « Faux mouvement » (1975), dans laquelle elle apparaît quasi nue alors qu’elle n’avait que 13 ans. Selon Le Monde, cette démarche s’inscrit dans une volonté de contrôler l’usage de son image, alors que la scène, tournée par Wim Wenders, est régulièrement rediffusée sans son consentement.
Ce qu’il faut retenir
- Une actrice qui lutte depuis dix ans pour faire supprimer une scène de son film « Faux mouvement » (1975), réalisée par Wim Wenders.
- Une scène problématique : Nastassja Kinski, alors âgée de 13 ans, y apparaît quasi nue, un tournage réalisé sans son consentement éclairé.
- Un film culte : « Faux mouvement », sorti en 1975, reste une référence du cinéma allemand, ce qui complexifie la demande de retrait.
L’affaire, révélée par Le Monde, illustre les tensions persistantes autour de l’exploitation de l’image des mineurs dans le cinéma, même plusieurs décennies après le tournage. Nastassja Kinski a lancé cette procédure en 2016, soit quarante et un ans après la sortie du film, mais les démarches judiciaires se heurtent à des obstacles juridiques et à la notoriété du long-métrage. « Faux mouvement » est en effet considéré comme un classique du Nouveau Cinéma allemand, ce qui rend son retrait d’autant plus délicat pour les ayants droit comme la société de production ou les chaînes de diffusion.
Pour l’actrice, cette scène représente une violation de son droit à l’image, d’autant plus que son consentement à l’époque était inexistant ou insuffisant. Dans un entretien accordé à Le Monde, elle a rappelé que les conditions de tournage de l’époque ne permettaient pas à une enfant de 13 ans de comprendre pleinement les implications d’une telle scène. « À cet âge-là, on ne mesure pas les conséquences que cela peut avoir sur le reste de sa vie », a-t-elle expliqué, soulignant que cette image, figée dans le temps, continue de circuler sans son accord.
Les avocats de Nastassja Kinski s’appuient sur des textes juridiques allemands et européens protégeant les mineurs, notamment la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Cependant, le film étant devenu un patrimoine cinématographique, les tribunaux doivent concilier respect des droits individuels et préservation du patrimoine culturel. Jusqu’à présent, aucune décision définitive n’a été rendue, malgré les multiples recours engagés par l’actrice.
Cette affaire soulève une question plus large : comment concilier le respect des droits des individus, notamment des mineurs, avec la préservation de l’héritage cinématographique ? Pour Nastassja Kinski, la réponse est claire : « Une image tournée dans ces conditions ne devrait plus circuler sans mon accord. » Les défenseurs des droits des mineurs estiment que cette affaire pourrait servir de précédent, incitant les producteurs à revoir leurs pratiques lors du tournage de scènes impliquant des enfants.
L’actrice a expliqué au Monde qu’elle n’avait pris conscience de l’impact de cette scène qu’avec le temps, notamment avec l’essor des réseaux sociaux et la diffusion répétée d’extraits du film. À l’époque, elle n’avait que 13 ans et n’avait pas le pouvoir de s’opposer à une décision prise par des adultes.