Depuis le début des tensions au Moyen-Orient, les navires marchands subissent des perturbations croissantes de leurs systèmes de navigation, a révélé Le Monde. Les interférences sur les dispositifs de localisation, couplées à des cas d’usurpation d’identité des bateaux, compliquent désormais la circulation dans l’un des points stratégiques du commerce mondial.
Ce qu'il faut retenir
- Multiplication des brouillages des systèmes de navigation des cargos depuis le début du conflit au Moyen-Orient
- Cas d’usurpation d’identité des navires pour contourner des sanctions internationales
- Le détroit d’Ormuz, point de passage clé pour 20 à 30 % du pétrole mondial, devient une zone à haut risque
- Les armateurs et les États peinent à sécuriser les routes maritimes face à ces nouvelles menaces
Des interférences ciblées sur les systèmes de navigation
Les navires circulant dans le détroit d’Ormuz, un corridor maritime reliant le golfe Persique au golfe d’Oman, subissent depuis plusieurs mois des perturbations systématiques de leurs outils de positionnement. Selon des rapports consultés par Le Monde, ces interférences prennent la forme de signaux GPS brouillés ou altérés, rendant difficile l’identification précise des cargos et leur localisation en temps réel.
« Ces perturbations ne sont pas anodines », explique un expert en sécurité maritime joint par le quotidien. « Elles peuvent entraîner des erreurs de navigation, des collisions, ou pire, une immobilisation forcée des navires en pleine zone de conflit. » Les armateurs, déjà fragilisés par la hausse des primes d’assurance, doivent désormais composer avec cette nouvelle menace.
L’usurpation d’identité des navires, une pratique en hausse
Autre phénomène inquiétant : l’usurpation d’identité des cargos. Des navires marchands voient leur signalement modifié à distance, leur permettant de masquer leur destination ou leur cargaison réelle. Cette pratique, utilisée pour contourner des sanctions internationales, s’est multipliée ces derniers mois, selon des sources diplomatiques citées par Le Monde.
« Certains cargos changent d’immatriculation ou de nom en cours de route », précise une source au sein de l’Union européenne. « Cela complique considérablement le travail des autorités portuaires et des forces navales chargées de surveiller ces zones. » En mars 2026, trois cas d’usurpation ont été recensés dans le détroit d’Ormuz, contre seulement un en 2025.
Un corridor maritime sous haute tension
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite entre 20 % et 30 % du pétrole mondial, est devenu un point de friction majeur. Les tensions entre l’Iran et les pays occidentaux, ainsi que les sanctions imposées à Téhéran, ont transformé cette zone en un théâtre d’opérations indirectes. Les États-Unis, qui maintiennent une présence militaire dans la région, ont déjà intercepté à plusieurs reprises des navires suspectés de transporter des armes ou des produits contrefaits.
« La situation est d’autant plus complexe que les acteurs non étatiques, comme les milices régionales, profitent de ces perturbations pour mener des opérations de contrebande ou de sabotage », souligne un analyste en géopolitique. « Les compagnies maritimes doivent désormais arbitrer entre le respect des sanctions et la sécurité de leurs équipages. »
Reste à voir si les armateurs, les États et les organisations internationales parviendront à endiguer cette vague de perturbations avant qu’elle ne paralyse davantage les échanges maritimes. Une chose est certaine : la crise dans le détroit d’Ormuz n’est pas près de s’éteindre.
Les navires battant pavillon des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France et des Émirats arabes unis sont particulièrement ciblés en raison des sanctions imposées à l’Iran. Les cargos transportant des hydrocarbures ou des produits pétrochimiques sont les plus exposés aux usurpations d’identité.