La saison 2026 d’alpinisme sur l’Everest vient de s’achever avec un record historique : plus de 950 alpinistes ont foulé le sommet du toit du monde, selon les dernières estimations officielles rapportées par BMF - International. Jamais un tel nombre de grimpeurs n’avait été enregistré en une seule saison, confirmant l’attrait croissant – et parfois controversé – de l’ascension la plus prestigieuse au monde.

Ce qu'il faut retenir

  • 950 alpinistes ont atteint le sommet de l’Everest lors de la saison 2026, un record absolu.
  • Cette affluence record s’accompagne de débats sur la gestion des risques et des ressources dans la région.
  • La saison s’est déroulée entre avril et mai 2026, période traditionnelle des expéditions.
  • Les autorités népalaises n’ont pas encore communiqué de bilan définitif incluant les incidents ou décès.

Ce chiffre, fourni par les services népalais de gestion des parcs et des expéditions, dépasse largement les précédents records. En 2019, année la plus chargée avant celle-ci, seulement 891 personnes avaient atteint le sommet. La saison 2026 confirme ainsi une tendance à la hausse, malgré les défis logistiques et environnementaux que pose une telle concentration humaine sur un site fragile. « C’est une performance collective, mais qui pose aussi des questions sur la capacité du Népal à encadrer une telle affluence », a précisé un responsable du département du tourisme de Katmandou, cité par BMF - International.

Parmi les grimpeurs, on compte des alpinistes chevronnés, mais aussi des novices accompagnés de guides. La plupart des expéditions ont emprunté la voie népalaise, par le col Sud, la route la plus fréquentée. Les conditions météo, globalement favorables cette année, ont permis une fenêtre de quelques semaines propice aux ascensions. « Nous avons évité les tempêtes tardives qui perturbent souvent les dernières tentatives », a expliqué un guide local basé à Namche Bazar.

Des défis logistiques et environnementaux accrus

L’afflux record de cette saison n’est pas sans conséquences. Les autorités népalaises ont dû renforcer les équipes de sauvetage et gérer des files d’attente prolongées près du sommet. « Les goulots d’étranglement au niveau du Hillary Step et des derniers cent mètres sont devenus critiques », a souligné un porte-parole du ministère du Tourisme. Chaque année, les retards augmentent les risques d’hypoxie et d’épuisement pour les alpinistes, sans compter les dangers liés au mal aigu des montagnes.

Côté environnement, les conséquences sont aussi tangibles. Les campements de base et les zones d’altitude accumulent des tonnes de déchets laissés par les expéditions. En 2024, une campagne de nettoyage avait permis de récupérer près de 12 tonnes de matériel abandonné, dont des bouteilles d’oxygène et des tentes. « Nous avons mis en place des équipes dédiées cette année, mais la pression reste forte », a rappelé un responsable du parc national de Sagarmatha. Les écologistes appellent à une régulation plus stricte, voire à un quota annuel, pour préserver l’écosystème de l’Everest.

Un record qui soulève des questions sur la gestion du site

Si le record de fréquentation est salué comme une réussite pour le Népal, il interroge aussi sur la durabilité du modèle économique autour de l’Everest. Chaque permis d’ascension coûte entre 10 000 et 15 000 dollars selon le type d’expédition, une manne financière majeure pour le pays. Pourtant, une partie de ces revenus est réinvestie dans la gestion des risques et la préservation du site, mais le ratio reste discuté. « Le tourisme de haute altitude est une source de devises, mais il faut trouver un équilibre entre rentabilité et préservation », a reconnu un économiste spécialisé dans le tourisme himalayen.

Par ailleurs, la saison 2026 a été marquée par plusieurs incidents mineurs, sans comparaison avec les années noires comme 2019, où 11 alpinistes avaient péri lors d’une tempête au sommet. Aucun bilan officiel n’a encore été publié, mais des sources locales évoquent au moins deux décès pendant l’ascension. « Chaque saison apporte son lot de drames, mais cette année, la gestion des secours a été globalement efficace », a indiqué un responsable des secours en montagne à Katmandou.

Et maintenant ?

Pour la saison 2027, les autorités népalaises pourraient annoncer de nouvelles mesures pour réguler l’accès à l’Everest. Parmi les pistes évoquées : un quota annuel de permis, une hausse des frais de permis pour financer la préservation, ou encore l’obligation pour chaque expédition de rapporter un quota minimal de déchets. Une consultation publique est prévue cet automne pour recueillir l’avis des acteurs locaux et internationaux. « Nous étudions toutes les options, mais aucune décision n’a été prise pour l’instant », a précisé un fonctionnaire du ministère du Tourisme. La date limite pour le dépôt des demandes d’expédition pour 2027 est fixée au 30 septembre 2026.

Cette saison record laisse aussi entrevoir des évolutions dans le profil des alpinistes. Les organisateurs de voyages « clés en main » voient leur activité exploser, tandis que les puristes dénoncent une commercialisation excessive de l’Everest. « L’Everest n’est plus une montagne, c’est une destination touristique comme une autre », déplore un alpiniste français ayant participé à cinq expéditions. Reste à savoir si le Népal parviendra à concilier exploitation touristique et préservation d’un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour obtenir un permis, il faut remplir plusieurs conditions : présenter un certificat médical attestant d’une bonne condition physique, avoir déjà gravi un sommet de plus de 6 500 mètres au Népal, et s’enregistrer auprès du ministère du Tourisme. Le coût varie entre 10 000 et 15 000 dollars selon la saison et le type d’expédition. Chaque groupe doit aussi être accompagné d’un guide agréé.