Selon Libération, Neuilly-sur-Seine, commune des Hauts-de-Seine, occupe la première place du classement 2026 de l’Observatoire des inégalités, qui mesure le taux de richesse par habitant en France. Publiée ce mardi 2 juin, cette étude souligne un niveau de services et de confort matériel qui dépasse largement la moyenne nationale, faisant de cette ville une vitrine de l’ultra-opulence en banlieue parisienne.

Ce qu'il faut retenir

  • Neuilly-sur-Seine est en tête du classement des villes françaises par taux de richesse publié le 2 juin 2026 par l’Observatoire des inégalités.
  • La commune concentre un nombre exceptionnel de services privés, notamment en matière de santé et de domesticité.
  • Le recours aux emplois domestiques y est bien supérieur à la moyenne nationale, reflétant une demande soutenue.
  • Le nombre de médecins libéraux et de professionnels de santé y est particulièrement élevé.

Une richesse matérielle qui se traduit par des services sur mesure

À Neuilly-sur-Seine, la concentration de richesses se mesure autant dans l’immobilier que dans l’accès aux services. Côté santé, la ville affiche un taux de médecins libéraux parmi les plus élevés de France. Selon les données de l’Assurance maladie, on dénombre plus de 250 médecins généralistes et spécialistes pour 58 000 habitants, soit près de 4,3 médecins pour 1 000 habitants — un ratio bien supérieur à la moyenne nationale, estimée à 2,3 pour 1 000.

Côté services à la personne, le recours aux employés domestiques est également un marqueur fort de cette opulence. D’après une enquête de l’INSEE publiée en 2025, près de 15 % des ménages de Neuilly emploient au moins un salarié à domicile, contre 6 % en moyenne en Île-de-France et 3 % en France métropolitaine. Les métiers concernés ? Assistantes maternelles, femmes de ménage, jardiniers, chauffeurs ou encore professeurs particuliers.

Un écosystème économique tourné vers les besoins des ultra-riches

Cette concentration de services ne doit rien au hasard. Neuilly-sur-Seine abrite le siège de nombreuses entreprises du CAC 40, ainsi que des résidences secondaires ou principales de familles fortunées. « Les besoins en services haut de gamme y sont structurels », explique un économiste cité par Libération. « Quand vous avez des cadres dirigeants ou des héritiers dont le revenu mensuel dépasse 20 000 euros, la demande en prestations personnalisées explose ».

Parmi les services les plus sollicités : la garde d’enfants, avec des crèches privées affichant des tarifs mensuels pouvant atteindre 2 500 euros par enfant. Les écoles internationales, comme l’International School of Paris, y sont également plébiscitées, avec des frais de scolarité annuels dépassant parfois 30 000 euros.

Une santé de fer… et des inégalités criantes

Le dynamisme économique de Neuilly se reflète aussi dans son système de santé. La ville compte huit cliniques privées, dont certaines parmi les plus équipées de France, comme la Clinique du Parc ou l’Institut Mutualiste Montsouris. Ces établissements attirent une patientèle aisée, souvent originaire de la région parisienne, mais aussi de l’étranger. « Nous recevons des demandes de toute l’Europe pour des opérations non urgentes, mais nécessitant une prise en charge rapide et discrète », confie un chirurgien interrogé par Libération.

Pourtant, cette concentration de richesses ne doit pas occulter les disparités sociales. Selon l’Observatoire des inégalités, 12 % des habitants de Neuilly vivent sous le seuil de pauvreté, un chiffre inférieur à la moyenne nationale (14,5 %), mais qui reste significatif dans une ville où le prix moyen du mètre carré dépasse 12 000 euros.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une intensification des débats sur la fiscalité locale à Neuilly-sur-Seine, alors que la ville doit financer ses infrastructures tout en maintenant son attractivité pour les ultra-riches. La mairie a annoncé une révision de sa politique de subventions aux services privés d’ici fin 2026, une décision qui pourrait impacter les tarifs pratiqués dans les crèches ou les cliniques. Par ailleurs, l’Observatoire des inégalités devrait publier une étude complémentaire en septembre 2026 sur l’évolution des inégalités territoriales en Île-de-France.

Cette concentration de services privés à Neuilly interroge aussi sur le modèle économique des banlieues parisiennes. Faut-il y voir un exemple de prospérité ou, au contraire, la preuve d’un système où la richesse se concentre au détriment des classes moyennes ? Autant dire que le débat est loin d’être clos.

Selon l’INSEE, le salaire net moyen y atteint 3 800 euros par mois, soit près du double de la moyenne nationale (2 000 euros). Les 10 % des ménages les plus aisés déclarent un revenu annuel supérieur à 150 000 euros.

La ville accueille les sièges sociaux de grands groupes comme LVMH, L’Oréal, Sanofi, ou encore BNP Paribas. Le secteur tertiaire (banque, conseil, luxe) domine l’économie locale, représentant près de 70 % des emplois.