Présent sur plus de la moitié des emballages alimentaires en France, le Nutri-Score s’impose comme un repère majeur pour les consommateurs soucieux de leur alimentation. Pourtant, son affichage reste facultatif, et certaines marques choisissent de le retirer. Face à cette situation, une pétition portée par des scientifiques a déjà recueilli plus de 59 000 signatures, tandis que huit groupes politiques soutiennent une proposition de loi visant à le rendre obligatoire. Selon Franceinfo - Santé, cette initiative s’appuie sur des études démontrant son impact positif sur les choix alimentaires et la santé publique.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 59 000 signatures recueillies en faveur du caractère obligatoire du Nutri-Score.
  • Une proposition de loi soutenue par huit groupes politiques pourrait être examinée à l’Assemblée nationale d’ici quelques mois.
  • Le Nutri-Score est déjà utilisé par 1 500 marques, couvrant 60 % du marché alimentaire français.
  • Les études montrent que ce système permet de réduire les risques d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires.
  • Certaines entreprises améliorent leurs recettes pour obtenir un meilleur score, tandis que d’autres le retirent pour éviter une mauvaise notation.

Un outil plébiscité par les consommateurs, mais encore facultatif

Classé de A à E, le Nutri-Score est devenu un guide incontournable pour des millions de Français. Selon les données de Franceinfo - Santé, plus de la moitié des consommateurs déclarent avoir déjà modifié leurs achats en fonction de ce système. « On hésite entre deux produits, on va peut-être prendre celui qui nous convient et qui a un score un peu meilleur », confie une cliente interrogée. Une autre souligne : « J’essaie de faire un peu plus attention à ce que je mange parce qu’il y a quand même beaucoup de trucs qui sont super mauvais pour la santé. »

Pourtant, son affichage reste une démarche volontaire. Certains consommateurs expriment leur frustration face à cette situation. « À l’heure actuelle, il y a beaucoup de choses, on ne sait pas d’où ça vient, donc ça serait bien que ce soit obligatoire », estime une femme interviewée. Malgré son succès auprès du public, le Nutri-Score n’est utilisé que par 60 % des marques du marché, laissant une partie des produits sans indication claire.

Les scientifiques et les politiques unis pour une généralisation

Le créateur du Nutri-Score, le professeur Serge Hercberg, insiste sur son rôle clé dans la prévention des maladies. « Ça permet, et les études le montrent, d’orienter les choix des consommateurs éclairés vers des aliments de meilleure qualité nutritionnelle et réduire le risque de maladies aussi importantes que l’obésité et certains cancers, les maladies cardiovasculaires ou le diabète », a-t-il expliqué. Son argumentaire s’appuie sur des travaux scientifiques montrant que le Nutri-Score influence positivement les habitudes alimentaires.

Côté politique, une proposition de loi portée par huit groupes de l’Assemblée nationale vise à rendre ce système obligatoire. Selon Franceinfo - Santé, le texte pourrait être présenté dans les prochains mois. Cette initiative s’inscrit dans un débat plus large sur l’information nutritionnelle et la santé publique. Stéphanie Pierre, conseillère santé à « France Assos Santé », rappelle que certaines marques, comme Bjorg ou Danone, ont récemment retiré le Nutri-Score de leurs emballages après avoir obtenu une mauvaise notation. « Le Nutri-Score montrait que leurs produits étaient trop sucrés ou trop gras, n’étaient pas de bonne qualité nutritionnelle », a-t-elle indiqué.

Des entreprises adaptent leurs recettes pour améliorer leur score

L’impact du Nutri-Score sur les stratégies industrielles est déjà visible. Plusieurs marques ont adapté leurs recettes pour obtenir une meilleure notation. Par exemple, des céréales initialement classées C sont désormais notées B après une réduction de leur teneur en sucre. Dans le domaine de la boulangerie industrielle, des fabricants de pain de mie utilisent désormais une farine plus riche en fibres pour conserver un score A.

Ces évolutions montrent que le Nutri-Score, même facultatif, pousse déjà une partie de l’industrie agroalimentaire à améliorer la qualité nutritionnelle de ses produits. Cependant, l’absence d’obligation laisse persister des disparités. Certaines marques continuent de commercialiser des produits riches en sucres, en graisses saturées ou en sel, sans que les consommateurs en soient clairement informés.

Et maintenant ?

Si la proposition de loi est adoptée, le Nutri-Score pourrait devenir obligatoire d’ici la fin de l’année ou début 2027. Les discussions parlementaires s’annoncent tendues, certains acteurs de l’industrie agroalimentaire s’y opposant pour des raisons de flexibilité commerciale. Reste à voir si le gouvernement et les députés parviendront à concilier santé publique et contraintes économiques. En attendant, la pétition lancée par les scientifiques continue de recueillir des signatures pour faire pression sur les décideurs.

Un enjeu de santé publique qui dépasse les frontières

Le débat autour du Nutri-Score dépasse le cadre français. Plusieurs pays européens, comme l’Allemagne ou la Belgique, étudient la possibilité d’adopter un système similaire. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs salué l’efficacité du Nutri-Score dans la lutte contre les maladies non transmissibles, telles que l’obésité ou le diabète. « Le Nutri-Score est un outil simple et efficace, mais son succès dépend désormais de sa généralisation », a souligné un porte-parole de l’OMS en mars 2026.

En France, l’adoption d’une loi rendant le Nutri-Score obligatoire marquerait une avancée majeure dans la transparence alimentaire. Elle pourrait aussi inciter d’autres pays à suivre cet exemple, renforçant ainsi l’impact global de ce dispositif sur la santé des populations.

Le Nutri-Score est actuellement utilisé en France, en Belgique, en Espagne, en Suisse et au Luxembourg. D’autres pays, comme l’Allemagne, étudient son adoption pour améliorer l’information nutritionnelle de leurs consommateurs.

Certaines marques retirent le Nutri-Score car il révèle une mauvaise qualité nutritionnelle de leurs produits, notamment en cas de teneur élevée en sucres, graisses ou sel. Une mauvaise notation peut nuire à leur image commerciale.