La question ancestrale de savoir qui, de l’œuf ou de la poule, est apparu en premier vient de trouver un nouvel éclairage grâce à une étude menée en 2024 par des chercheurs de l’Université de Genève. Selon nos confrères de Top Santé, cette recherche apporte une réponse aussi surprenante que scientifique à une énigme qui intrigue depuis des siècles.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude de l’Université de Genève, publiée en 2024, relance le débat œuf-poule avec des conclusions inédites.
- Les chercheurs ont identifié une protéine clé, l’ovocléidine-17, produite uniquement dans les ovaires des poules, comme élément central de leur découverte.
- Cette protéine est indispensable à la formation de la coquille des œufs, confirmant ainsi le rôle central de la poule dans le processus.
- Les résultats, publiés dans la revue Nature Ecology & Evolution, remettent en cause les théories évolutionnistes précédentes.
Pendant des générations, philosophes et scientifiques se sont interrogés sur cette question. Mais aujourd’hui, grâce à une avancée technologique majeure, l’équipe genevoise a pu analyser le processus de formation de la coquille d’œuf au niveau moléculaire. Dr. Martin Johnsson, biologiste et co-auteur de l’étude, a indiqué que « la présence de l’ovocléidine-17 dans les ovaires des poules est un argument solide en faveur de la poule comme premier maillon de la chaîne ».
Les chercheurs ont utilisé des techniques de séquençage génétique avancées pour retracer l’évolution de cette protéine. Leurs travaux révèlent que l’ovocléidine-17 n’apparaît que dans l’organisme des poules modernes, ce qui suggère que l’œuf, tel qu’on le connaît aujourd’hui, ne pouvait exister sans elle. Autrement dit, côté formation de la coquille, la poule précède bien l’œuf. « Nous avons pu démontrer que cette protéine est essentielle à la calcification de la coquille », a précisé le Dr. Johnsson, « sans elle, l’œuf tel qu’on le conçoit ne pourrait tout simplement pas exister ».
Cette découverte s’inscrit dans un contexte plus large de recherche sur l’évolution des espèces aviaires. Les scientifiques rappellent que les premiers oiseaux, apparus il y a environ 150 millions d’années, pondaient déjà des œufs à coquille dure. Pourtant, l’ovocléidine-17, elle, n’était pas présente chez ces ancêtres. Les chercheurs genevois ont donc émis l’hypothèse que cette protéine serait apparue plus tard dans l’évolution, chez les poules modernes, marquant ainsi une étape clé dans la différenciation des espèces.
Cette étude ne clôt pas définitivement le débat, mais elle apporte une réponse partielle basée sur des preuves tangibles. Comme le rapporte Top Santé, les auteurs eux-mêmes reconnaissent que leur travail ne traite que d’une infime partie du processus évolutif. « Notre étude se concentre sur un aspect très spécifique de la formation de l’œuf », a souligné le Dr. Johnsson, « mais elle ouvre la voie à de nouvelles recherches sur l’évolution des protéines et leur rôle dans la reproduction des oiseaux ».
En attendant, cette étude genevoise rappelle que la science avance parfois là où la philosophie bute. Et si la réponse définitive reste à écrire, une chose est sûre : côté coquille, la poule a bel et bien pris les devants.
L’ovocléidine-17 est une protéine produite exclusivement dans les ovaires des poules. Elle joue un rôle clé dans la formation de la coquille des œufs en facilitant la calcification, c’est-à-dire le dépôt de carbonate de calcium qui durcit la coquille.
