Selon Le Monde, l’économiste Patrick Artus a souligné, dans sa chronique hebdomadaire publiée ce 30 mai 2026, que les guerres représentent une irrationalité économique, tout en dressant un constat alarmant : le risque de nouveaux conflits internationaux reste élevé. Dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes, ses analyses révèlent cinq catégories de facteurs structurels qui pourraient favoriser une escalade belliqueuse entre les nations.
Ce qu'il faut retenir
- Les guerres sont jugées économiquement irrationnelles par l’économiste Patrick Artus, mais leur risque d’occurrence persiste.
- Cinq catégories de raisons expliquent cette tendance à la bellicisation des relations internationales.
- Parmi ces facteurs figurent les déséquilibres économiques, les rivalités technologiques et les tensions géopolitiques.
- L’article de Patrick Artus est publié dans la chronique économique du Monde.
Les cinq leviers identifiés par Patrick Artus
Dans sa chronique, Patrick Artus détaille cinq mécanismes qui, selon lui, poussent les États vers des conflits armés, malgré leur coût économique dévastateur. Le premier facteur concerne les déséquilibres économiques persistants, notamment entre les grandes puissances industrielles et les économies émergentes. « Les inégalités de croissance alimentent des frustrations qui peuvent se transformer en hostilité ouverte », a-t-il expliqué. Un deuxième élément tient à la course aux technologies stratégiques, comme l’intelligence artificielle ou les semi-conducteurs, où la domination devient un enjeu de souveraineté nationale.
Le troisième point soulevé par l’économiste porte sur les rivalités géopolitiques anciennes, qui resurgissent avec la recomposition des alliances. Patrick Artus cite notamment les tensions en mer de Chine méridionale ou les frictions entre l’Occident et la Russie. Quatrième facteur : la montée des nationalismes économiques, où les États instrumentalisent leur puissance commerciale pour affaiblir leurs adversaires. Enfin, l’expert évoque l’instabilité des régimes autoritaires, dont les dirigeants pourraient être tentés de détourner l’attention de leurs populations par des conflits extérieurs.
Un paradoxe économique et géopolitique
Patrick Artus rappelle que l’histoire économique montre que les guerres, malgré leur impact dévastateur à court terme, peuvent parfois stimuler certaines industries ou relancer des économies en crise. « Côté dépenses militaires, on observe une relance keynésienne artificielle, mais cela reste un leurre, car les destructions de capital et les pertes humaines annulent ces gains », a-t-il précisé. D’après lui, ces mécanismes pervers expliquent pourquoi des pays continuent de privilégier la force plutôt que la diplomatie, malgré les coûts prohibitifs des conflits.
L’économiste insiste aussi sur le rôle des sanctions économiques, souvent présentées comme une alternative aux guerres, mais qui peuvent elles-mêmes dégénérer en escalade. « Les sanctions créent des cercles vicieux où chaque camp durcit sa position, jusqu’à ce que la rupture devienne inévitable », a-t-il souligné. Ces dynamiques, combinées à l’affaiblissement des institutions internationales, forment un terreau propice aux confrontations.
Réactions et perspectives
Contacté par Le Monde, plusieurs experts en relations internationales ont réagi aux propos de Patrick Artus. « Ses analyses sont pertinentes, mais elles sous-estiment peut-être l’influence des lobbies militaro-industriels dans certains pays », a commenté un professeur de l’Institut de relations internationales. D’autres soulignent que les mécanismes décrits par l’économiste pourraient être atténués par une meilleure coopération multilatérale, à condition que les grandes puissances acceptent de renoncer à une partie de leur souveraineté.
Quoi qu’il en soit, le risque d’escalade persiste, comme en témoignent les exercices militaires massifs organisés ces derniers mois par plusieurs États. Une chose est sûre : dans un monde où l’économie et la géopolitique s’entremêlent toujours davantage, les marges de manœuvre pour éviter les conflits se réduisent.
Patrick Artus cite : 1) les déséquilibres économiques persistants ; 2) la course aux technologies stratégiques ; 3) les rivalités géopolitiques anciennes ; 4) la montée des nationalismes économiques ; 5) l’instabilité des régimes autoritaires.