Le tribunal correctionnel de Nanterre doit rendre ce jeudi 28 mai 2026 sa décision dans le procès de l’ancien maire de Levallois-Perret Patrick Balkany, jugé en avril pour deux affaires distinctes de détournement de fonds publics et d’emploi présumé fictif. Selon Le Figaro, le parquet a requis dix-huit mois de prison ferme, une amende de 350 000 euros et dix ans d’inéligibilité dans le premier dossier, tandis que dans le second volet, une peine d’un an de prison ferme, une amende de 150 000 euros et dix ans d’interdiction du droit de vote avaient été demandées contre l’ancien édile.

Ce qu’il faut retenir

  • Premier dossier : 18 mois de prison ferme, 350 000 euros d’amende et 10 ans d’inéligibilité requis par le parquet pour détournement de fonds publics via l’association Codeeil.
  • Second dossier : 1 an de prison ferme, 150 000 euros d’amende et 10 ans d’interdiction du droit de vote requis pour l’affectation de policiers municipaux à des tâches personnelles entre 2010 et 2015.
  • Patrick Balkany, 77 ans, a déjà été condamné dans plusieurs affaires, dont celle de dissimulation de 13 millions d’euros au fisc avec son épouse Isabelle en 2023.
  • La cour d’appel de Rouen a confirmé en avril 2026 sa libération conditionnelle pour les 15 mois de prison restants à purger dans ce dossier.

Un procès en deux volets pour l’ancien maire de Levallois-Perret

Patrick Balkany, figure historique de la droite dans les Hauts-de-Seine, a comparu devant le tribunal correctionnel de Nanterre en avril 2026 pour deux affaires de détournement de fonds publics. Le premier dossier concerne l’utilisation des fonds de l’association Codeeil, subventionnée par la ville de Levallois-Perret, pour assurer un complément de revenus à Renaud Guillot-Corail, son ex-directeur du développement économique décédé en 2020. Le second volet porte sur l’affectation, entre 2010 et 2015, de trois policiers municipaux à des tâches personnelles, notamment comme chauffeurs privés.

Lors de l’audience, la présidente du tribunal, Céline Ballerini, avait suspendu les débats après des propos de Balkany jugés proches de « l’outrage ». Le procureur avait quant à lui qualifié l’ancien édile de « démiurge omnipotent », ayant « par le fait du prince » détourné trois policiers municipaux de leurs fonctions pour en faire des « larbins » et des « hommes à tout faire ».

Des réquisitions sévères et une défense sans concession

Le ministère public a réclamé pour le premier dossier une peine de dix-huit mois de prison ferme, assortie d’une amende de 350 000 euros et d’une inéligibilité de dix ans. Dans le second volet, les réquisitions s’élevaient à un an de prison ferme, une amende de 150 000 euros et la même durée d’interdiction du droit de vote. L’avocat de Balkany, Me Robin Binsard, a plaidé pour une relaxe, dénonçant une « purge » et critiquant les lacunes de l’instruction.

Âgé de 77 ans, Balkany n’en est pas à son premier procès. En 2023, il avait déjà été condamné avec son épouse Isabelle à une peine de prison pour avoir dissimulé 13 millions d’euros au fisc. Malgré ces condamnations, il avait obtenu en avril 2026 la confirmation de sa libération conditionnelle pour les 15 mois de prison restants à purger dans ce dossier. Il avait auparavant effectué cinq mois de détention en 2019-2020, puis six mois en 2022.

Un contexte politique marqué par l’échec électoral

La liste dissidente soutenue par Balkany aux élections municipales de Levallois-Perret en mars 2026 n’a obtenu que 7,4 % des suffrages, loin derrière la maire sortante Agnès Pottier-Dumas, réélue dès le premier tour. Cet échec électoral s’ajoute à une série de revers judiciaires et politiques pour l’ancien maire, dont la carrière a été marquée par des affaires judiciaires répétées.

Le tribunal correctionnel de Nanterre, qui a examiné l’affaire en avril 2026, doit désormais trancher sur les peines encourues par Balkany. La décision, attendue ce jeudi 28 mai après-midi, pourrait avoir des répercussions sur son avenir politique et judiciaire, alors que l’ancien édile reste une figure controversée de la droite locale.

Et maintenant ?

Si le tribunal suit les réquisitions du parquet, Patrick Balkany pourrait être condamné à une peine de prison ferme, ce qui l’empêcherait de se représenter à des élections pendant une décennie. Une décision qui, si elle est prononcée, pourrait également relancer le débat sur la moralisation de la vie politique locale. Par ailleurs, la confirmation de sa libération conditionnelle en avril 2026 laisse présager une possible exécution immédiate de la peine, si la condamnation est assortie d’un mandat de dépôt. La décision sera examinée sous l’angle de la proportionnalité des peines et de la récidive judiciaire.

Reste à savoir si le tribunal suivra les réquisitions du parquet ou optera pour une peine plus clémente. Dans tous les cas, cette décision intervient dans un contexte où la classe politique locale est déjà en pleine recomposition, après les élections municipales de mars 2026.

Si Patrick Balkany est condamné à une peine de prison ferme, il pourrait être incarcéré immédiatement ou faire appel de la décision. En cas de relaxe ou de sursis, il pourrait continuer à exercer ses droits civiques, sous réserve des éventuelles autres procédures judiciaires en cours.

Une condamnation à une peine d’inéligibilité de dix ans l’empêcherait de se présenter à toute élection pendant cette période. Cependant, cette peine doit être prononcée par le tribunal, et Balkany pourrait faire appel si elle est retenue.