Le gouvernement néerlandais a dépêché son ministre du Commerce à Washington pour tenter de bloquer un projet de loi américain qui menace directement les ventes d’ASML en Chine. Le géant néerlandais, spécialisé dans les machines de lithographie pour semi-conducteurs, se retrouve ainsi coincé entre deux alliés stratégiques, selon Frandroid.

Ce qu'il faut retenir

  • ASML, leader mondial des machines de fabrication de puces électroniques, est au cœur d’un conflit commercial entre les États-Unis et la Chine.
  • Une loi américaine en discussion priverait le groupe d’une partie de son marché chinois, où il réalise près de 15 % de son chiffre d’affaires.
  • Les Pays-Bas ont envoyé leur ministre du Commerce à Washington pour tenter de faire entendre leur voix.
  • Le groupe ASML, sans lequel « aucun processeur moderne n’existerait », se trouve pris en étau entre deux blocs économiques rivaux.
  • La loi américaine vise à restreindre l’accès des entreprises chinoises à des technologies critiques, mais risquerait aussi d’impacter des partenaires européens.

Une loi américaine qui ciblerait ASML en Chine

Selon Frandroid, le projet de loi américain en préparation prévoit des restrictions majeures pour les entreprises fournissant des équipements à la Chine. ASML, dont les machines sont indispensables à la fabrication des semi-conducteurs les plus avancés, serait directement visé. En 2025, le groupe a réalisé près de 1,2 milliard d’euros de ventes en Chine, soit environ 15 % de son chiffre d’affaires annuel. Une telle mesure menacerait donc une part significative de ses revenus.

Les Pays-Bas, où ASML est basé, tentent d’intervenir directement auprès des autorités américaines. Le ministre néerlandais du Commerce s’est rendu à Washington pour plaider contre cette loi, qui pourrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année. « Nous cherchons à éviter une mesure qui pénaliserait nos entreprises sans résoudre les enjeux de sécurité nationale », a déclaré un responsable gouvernemental sous couvert d’anonymat.

ASML, un acteur clé dans la guerre technologique sino-américaine

ASML est le seul fabricant au monde à produire des machines de lithographie extrême ultraviolet (EUV), une technologie indispensable pour graver les puces les plus performantes. Sans ces équipements, la Chine, malgré ses investissements massifs, peine à développer une industrie de semi-conducteurs compétitive. Washington cherche ainsi à freiner les avancées technologiques chinoises, mais risque de se heurter aux intérêts européens.

« Nous sommes pris entre deux feux », a reconnu un cadre d’ASML dans une déclaration rapportée par Frandroid. « La Chine représente un marché crucial pour nous, mais les États-Unis sont un partenaire tout aussi important, notamment pour l’accès aux technologies de pointe. » Le groupe, qui emploie plus de 30 000 personnes dans le monde, craint que cette loi ne fragilise sa position concurrentielle.

Les Pays-Bas en première ligne face aux pressions américaines

Le gouvernement néerlandais, dont le pays abrite le siège d’ASML, a fait de cette question une priorité diplomatique. « Nous ne pouvons pas rester sans réaction face à une loi qui impacterait nos champions industriels », a souligné une source proche du dossier. Les négociations avec Washington s’annoncent tendues, d’autant que les États-Unis ont déjà imposé des restrictions similaires à d’autres entreprises européennes, comme le groupe allemand ASML.

Pour l’instant, aucune solution n’est en vue. Les autorités néerlandaises espèrent néanmoins convaincre leurs homologues américains de revoir leur copie, au nom des relations transatlantiques. « Notre objectif est de trouver un équilibre entre les impératifs de sécurité et le maintien d’un commerce équitable », a expliqué le ministre du Commerce néerlandais lors de sa visite à Washington.

Et maintenant ?

La loi américaine pourrait être adoptée d’ici la fin de l’année, mais son application effective prendrait plusieurs mois. ASML, de son côté, explore des pistes pour diversifier ses débouchés, notamment en Inde et en Asie du Sud-Est. Reste à voir si les négociations en cours parviendront à éviter un clash commercial entre l’Europe et les États-Unis.

D’ici là, le sort des relations sino-américaines et les choix stratégiques d’ASML continueront de faire l’objet d’une attention particulière. Une chose est sûre : le géant néerlandais ne sortira pas indemne de cette crise géopolitique.

Washington cherche à limiter l’accès de la Chine aux technologies critiques en matière de semi-conducteurs, de crainte que Pékin ne renforce son autonomie industrielle et militaire dans ce domaine.