À un an de l’élection présidentielle, le Parquet national financier (PNF) se dit attentif aux « tentatives d’instrumentalisation » de la justice en période pré-électorale. Pascal Prache, procureur du PNF, a livré ce mardi 26 mai 2026 une rare interview à BFMTV-RMC, précisant que les magistrats sont pleinement conscients de cette menace. Selon la source, cette vigilance s’inscrit dans un contexte où les procédures judiciaires concernant des personnalités politiques pourraient être interprétées comme des pressions ou des manipulations.
Ce qu'il faut retenir
- Pascal Prache, procureur du PNF, a alerté sur les risques d’instrumentalisation de la justice à un an de la présidentielle selon BFM - Politique.
- Le PNF rappelle que son rôle est de vérifier la légitimité des procédures, sans cible politique prédéfinie.
- Le parquet de Paris partage la compétence sur les affaires politico-financières avec le PNF.
- Les magistrats anticipent des tentatives de déstabilisation en période électorale.
Dans un entretien accordé à BFMTV-RMC, Pascal Prache a nuancé les craintes d’une justice politisée. « On ne peut absolument pas dire qu’il y a un positionnement des hommes ou femmes politiques qui nous conduit à considérer qu’ils sont tous inquiétés », a-t-il déclaré. Le procureur a souligné que le PNF agit en toute indépendance, en s’appuyant sur des faits vérifiés. Son rôle consiste à s’assurer que chaque procédure repose sur des éléments juridiques solides, qu’il s’agisse de l’ouverture d’une enquête ou de la décision de poursuivre.
« Le rôle du PNF est de vérifier que telle ou telle procédure ne tient pas, ou que telle ou telle procédure est susceptible de donner lieu à des poursuites », a-t-il précisé. Cette déclaration intervient alors que plusieurs enquêtes sont en cours contre des personnalités politiques, sans que le PNF ne confirme ou n’infirme leur implication. Pascal Prache a également rappelé que le parquet national financier ne traite pas l’intégralité des affaires politico-financières. D’autres structures, comme le parquet de Paris, interviennent dans ce domaine, partageant ainsi la charge des dossiers sensibles.
« Et nous savons aussi que nous sommes potentiellement confrontés, en période électorale, à des tentatives d’instrumentalisation de l’autorité judiciaire. »
— Pascal Prache, procureur du PNF
Cette mise en garde s’inscrit dans un climat politique déjà tendu, où chaque procédure judiciaire est susceptible d’être scrutée sous l’angle de la manipulation. En 2027, la France devra organiser l’élection présidentielle, un scrutin qui, traditionnellement, donne lieu à des débats intenses sur l’impartialité des institutions. Le PNF, créé en 2014 pour lutter contre la criminalité financière et la corruption, se trouve donc en première ligne face à ces enjeux.
Pour Pascal Prache, l’indépendance de la justice reste un pilier essentiel, même en période pré-électorale. « Ce n’est pas vrai » qu’il existerait une volonté systématique de cibler des responsables politiques, a-t-il insisté. Le procureur a par ailleurs rappelé que les décisions du PNF sont guidées par des critères juridiques stricts, et non par des considérations partisanes. Cette déclaration vise à rassurer sur le fonctionnement de l’institution, alors que les soupçons d’ingérence judiciaire pourraient alimenter les tensions politiques.
Si aucune date précise n’a été évoquée pour de nouvelles annonces du PNF, les observateurs s’attendent à ce que les prochains mois soient marqués par des développements judiciaires en lien avec des affaires politico-financières. Ces procédures, qu’elles aboutissent ou non à des poursuites, pourraient influencer le débat public à l’approche du scrutin. Pour l’instant, le procureur a rappelé que la priorité reste l’application rigoureuse de la loi, sans concession aux pressions extérieures.
Reste à voir comment les différents acteurs politiques réagiront à ces enquêtes, et si les craintes d’une justice instrumentalisée prendront de l’ampleur à mesure que la campagne électorale s’intensifiera.
Le PNF est une juridiction française spécialisée dans la lutte contre la criminalité financière et la corruption. Créé en 2014, il dépend du ministère public et traite les affaires complexes impliquant des personnalités politiques, des entreprises ou des circuits financiers opaques. Ses enquêtes portent notamment sur le blanchiment d’argent, la prise illégale d’intérêts ou le financement illicite de campagnes électorales.