Le cours du pétrole a rebondi jeudi au-dessus des 97 dollars le baril, après avoir brièvement chuté sous les 92 dollars en début de semaine. Selon Euronews FR, cette volatilité reflète les doutes croissants des investisseurs quant à la pérennité d’un fragile cessez-le-feu de deux semaines signé entre Washington et Téhéran. Les marchés craignent notamment que l’Iran maintienne le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique, fermée malgré les pressions américaines.
Ce qu'il faut retenir
- Rebond du pétrole : Le Brent a progressé de 2,4 % à 97,02 dollars, et le WTI de 3,3 % à 97,50 dollars.
- Détroit d’Ormuz : L’Iran maintient cette voie maritime, par laquelle transite 20 % du pétrole mondial, malgré les demandes de réouverture de Washington.
- Bourses asiatiques en baisse : Le Nikkei 225 (-0,9 %), le Kospi sud-coréen (-1,6 %) et le Shanghai Composite (-0,7 %) reculent, à l’inverse de l’optimisme de Wall Street mercredi.
- Fragilité du cessez-le-feu : Les frappes israéliennes au Liban et la paralysie d’Ormuz alimentent les craintes d’un conflit prolongé.
- Négociations en vue : Des pourparlers de paix pourraient s’ouvrir dès vendredi au Pakistan, avec une délégation américaine dirigée par le vice-président JD Vance.
Un cessez-le-feu contesté par les marchés
Le rebond des cours du pétrole jeudi efface une chute survenue après l’annonce du cessez-le-feu mardi. Le Brent et le WTI ont ainsi regagné plus de 5 dollars en quelques heures, signe d’un scepticisme persistant. « Les investisseurs doutent de la capacité de ce cessez-le-feu à tenir », indique un analyste cité par Euronews FR. La fermeture du détroit d’Ormuz, réclamée par Washington, reste un point de friction majeur. Cette voie maritime, empruntée par un cinquième du pétrole mondial, est un levier de pression pour Téhéran, qui refuse de rouvrir malgré les tensions.
Les frappes israéliennes au Liban, ayant causé « des centaines de morts et de blessés », ont également ravivé les craintes d’une escalade régionale. Ces événements sapent la confiance dans une stabilisation à court terme, d’autant que le conflit en Iran a déjà alourdi les coûts du carburant pour les compagnies aériennes.
Les places asiatiques résistent mal à l’incertitude
Contrairement à l’euphorie de Wall Street mercredi — où le S&P 500 avait gagné 2,5 % et le Dow Jones 2,9 % — les bourses asiatiques affichent un net recul jeudi. À Tokyo, le Nikkei 225 perd 0,9 %, tandis que le Kospi sud-coréen recule de 1,6 %. À Hong Kong, le Hang Seng cède 0,4 % et le Shanghai Composite 0,7 %. Même l’Australie et Taïwan, moins exposées au conflit, voient leurs indices fléchir légèrement (-0,1 %). Les contrats à terme américains, bien que moins affectés, évoluent eux aussi dans le rouge.
Cette divergence s’explique par la volatilité persistante des matières premières. L’or, valeur refuge, a reculé de 0,7 % à 4 743,20 dollars l’once, tandis que l’argent perdait 1,6 % à 74,18 dollars. Une partie de la prime de sécurité s’est érodée avec l’espoir initial, rapidement tempéré, d’un apaisement durable.
Wall Street et les secteurs gagnants
Le marché américain avait réagi avec enthousiasme mercredi à l’annonce du cessez-le-feu, porté par les valeurs du voyage. Les actions des compagnies aériennes ont bondi : United Airlines (+7,9 %), American Airlines (+5,6 %) et Carnival (opérateur de croisières, +11,2 %) ont effacé une partie de leurs pertes depuis le début du conflit. Ces hausses illustrent l’espoir d’un retour à la normale, même si le contexte reste fragile.
Les devises ont également réagi à cette instabilité. Le dollar s’est légèrement apprécié face au yen (passant de 158,57 à 158,66 yens), tandis que l’euro gagnait 1,1668 dollar. Ces mouvements reflètent les ajustements des investisseurs dans un environnement géopolitique incertain.
Dans ce contexte, les prochaines 48 heures seront cruciales. Les investisseurs scruteront les signaux en provenance de Téhéran et de Jérusalem, tandis que les banques centrales pourraient ajuster leurs stratégies monétaires en fonction de l’évolution des tensions. Une seule certitude : la volatilité n’est pas près de s’estomper.
Le détroit d’Ormuz est une voie maritime par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial. Sa fermeture, même temporaire, perturbe les approvisionnements et fait monter les prix. Pour l’Iran, c’est un levier de pression géopolitique face aux sanctions américaines et à l’alliance entre Washington et Israël.
Les secteurs du transport (compagnies aériennes, maritimes) et de l’énergie sont les plus vulnérables. Les coûts du carburant pourraient repartir à la hausse, pénalisant les marges des entreprises. Les valeurs financières et technologiques, moins directement impactées, pourraient en revanche profiter d’une stabilisation des marchés.
