À Tayr Debba, petit village du sud du Liban, une habitante a découvert sa maison entièrement dévastée par les frappes israéliennes le 18 avril 2026, après avoir pu s’y rendre pour la première fois depuis le cessez-le-feu. Les dégâts matériels s’ajoutent à une accusation bien plus grave : selon des témoignages recueillis par Ha’Aretz et rapportés par Courrier International, des militaires israéliens auraient systématiquement pillé des biens appartenant à des civils libanais pendant leur occupation des territoires.

Ce qu'il faut retenir

  • Des soldats israéliens auraient volé en masse des motos, télévisions, tableaux, canapés et tapis dans le sud du Liban.
  • Des officiers subalternes et supérieurs auraient connaissance de ces pratiques, sans pour autant prendre de mesures disciplinaires.
  • La police militaire israélienne, chargée des inspections frontalières, a retiré certains postes de contrôle après le retrait des troupes.
  • Ha’Aretz, quotidien israélien de référence, révèle ces informations basées sur des témoignages de soldats et officiers.
  • Les vols se poursuivaient même sans dissimulation lorsque les militaires quittaient le Liban avec leur butin.

Des vols organisés et tolérés par la hiérarchie militaire

Les témoignages, recueillis auprès de soldats et officiers de Tsahal déployés dans le sud du Liban, dépeignent un phénomène de pillages à grande échelle. Des motos, télévisions, tableaux, canapés et tapis auraient été systématiquement emportés par les militaires israéliens lors de leur retrait des zones occupées. « L’échelle est dingue », confie un soldat sous couvert d’anonymat à Ha’Aretz. « Dès que quelqu’un prend quelque chose, d’autres suivent. Tout le monde voit, mais les officiers ne font rien. »

Selon les déclarations de plusieurs militaires, les officiers subalternes et supérieurs seraient pleinement informés de ces pratiques. Pourtant, aucune mesure disciplinaire n’aurait été engagée pour y mettre fin. Un officier supérieur aurait même reconnu, sous condition d’anonymat, que « les vols font partie des avantages indirects du service » dans cette zone de conflit. Ces allégations contrastent avec les déclarations officielles de l’armée israélienne, qui affirme intervenir « sur le plan judiciaire et disciplinaire quand cela est nécessaire ».

Des contrôles frontaliers inégaux et inefficaces

Officiellement, la police militaire israélienne assure procéder à des inspections « à la frontière nord quand les unités se retirent des opérations de combat ». Pourtant, des postes de contrôle ont été retirés de certains points de passage, tandis que d’autres n’en ont jamais disposé. « C’est comme si on fermait les yeux sur ce qui se passe », explique un civil ayant assisté à des scènes de pillages. Les véhicules militaires israéliens quitteraient le Liban avec leur butin en évidence, sans chercher à le dissimuler.

Un ancien responsable des services de renseignement israéliens, interrogé par Ha’Aretz, souligne que ces pratiques ne sont pas nouvelles, mais qu’elles se seraient intensifiées depuis le début des opérations militaires dans le sud du Liban. « Ces vols sont tolérés car ils sont considérés comme une compensation informelle pour les soldats en première ligne », précise-t-il. Pourtant, ces actes violent le droit international, qui interdit le pillage de biens civils en temps de guerre.

La réponse des autorités israéliennes

Face aux accusations, l’armée israélienne a publié un communiqué rappelant que « toute violation des règles d’engagement est prise très au sérieux » et que des enquêtes sont menées « lorsque des allégations sont portées à notre connaissance ». Le porte-parole de Tsahal a également indiqué que des inspections sont réalisées aux points de passage frontaliers, bien que leur efficacité soit remise en cause par les témoignages recueillis.

Pourtant, aucun cas de sanction ou de poursuites n’a été officiellement annoncé à ce jour. Un haut gradé, cité par Ha’Aretz, a même minimisé l’ampleur des faits en déclarant : « Ce ne sont que des rumeurs. Les soldats ont assez de difficultés sur le terrain pour qu’on les accuse de voler des canapés. » Une position qui contraste avec les récits des civils et militaires libanais et israéliens ayant assisté à ces scènes.

Le contexte des tensions au Liban

Ces allégations surviennent dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah, groupe armé libanais soutenu par l’Iran. Les opérations militaires israéliennes dans le sud du Liban ont provoqué le déplacement de milliers de civils et causé d’importants dégâts matériels. Selon l’ONU, plus de 15 000 personnes ont été déplacées depuis le début des hostilités, et de nombreuses localités, comme Tayr Debba, restent inaccessibles en raison des destructions.

Le cessez-le-feu, entré en vigueur le 15 avril 2026, a permis à certains habitants de revenir sur leurs terres. Mais pour beaucoup, la découverte de leur domicile pillé s’ajoute à la liste des épreuves endurées depuis des mois. Une habitante de Tayr Debba, interrogée par un journaliste de Reuters, a déclaré : « Je ne sais même pas par où commencer. Ma maison est détruite, mes affaires ont disparu… Et maintenant, on me dit que les soldats israéliens ont tout pris. »

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour faire la lumière sur ces allégations. Une enquête indépendante, si elle est autorisée, pourrait révéler l’ampleur réelle des pillages et identifier les responsables. Par ailleurs, la pression internationale, notamment de l’ONU et de l’Union européenne, pourrait contraindre Israël à prendre des mesures concrètes pour sanctionner ces actes. Enfin, la question des réparations pour les civils libanais victimes de ces vols reste entière, dans un contexte où les relations entre les deux pays restent extrêmement tendues.

Reste à savoir si ces révélations, publiées par un média israélien de référence comme Ha’Aretz, suffiront à déclencher une réaction officielle. Les prochaines inspections frontalières, si elles sont renforcées, pourraient apporter des éléments de réponse. Mais pour l’instant, les habitants du sud du Liban n’ont d’autre choix que de constater les dégâts et tenter de reconstruire, malgré l’absence de justice.

Selon les témoignages recueillis par Ha’Aretz et rapportés par Courrier International, les militaires israéliens auraient systématiquement pillé des motos, télévisions, tableaux, canapés, tapis et autres biens appartenant à des civils libanais. Ces vols se seraient déroulés à grande échelle, sans dissimulation.

À ce jour, aucun cas de sanction ou de poursuite n’a été officiellement annoncé par l’armée israélienne. Malgré les témoignages recueillis par Ha’Aretz, les autorités israéliennes affirment enquêter « lorsque des allégations sont portées à leur connaissance », sans préciser si des enquêtes sont en cours ou si des soldats ont été sanctionnés.