Un refuge animalier californien se présentant comme un sanctuaire « sans euthanasie » est au cœur d’une enquête judiciaire après la découverte de 117 chiens morts, dont certains présentant des blessures par balle, ainsi que d’autres restes animaux. Miranda’s Rescue Animal Sanctuary, situé à Fortuna dans le comté de Humboldt, fait l’objet d’une perquisition menée par le bureau du shérif local, selon BMF - International.

Ce qu'il faut retenir

  • 117 chiens morts, dont certains avec des blessures par balle, ont été retrouvés dans le refuge Miranda’s Rescue, en Californie.
  • Les enquêteurs ont également découvert 21 crânes de chiens, des centaines d’os, 600 colliers et d’autres restes lors de la perquisition.
  • Une enquête a été ouverte en avril après des « informations crédibles » signalant des allégations de maltraitance, cruauté envers les animaux, fraude et complot.
  • Shannon Miranda, fondatrice du refuge, a contesté les informations dans un communiqué, affirmant que la couverture médiatique donnait une « image incomplète et inexacte » de son travail.
  • Aucune poursuite n’a encore été engagée, mais un message a été laissé à la responsable du sanctuaire.

Une perquisition révélant des scènes troublantes

Le bureau du shérif du comté de Humboldt a mené une perquisition le 26 juin 2026 dans les locaux de Miranda’s Rescue, un refuge s’étendant sur 20 hectares à Fortuna. Les agents y ont découvert 21 crânes de chiens, des centaines d’os, 600 colliers ainsi que d’autres restes. Parmi les dépouilles, 70 ont été passées aux rayons X sur place, révélant que de nombreux chiens présentaient des blessures par balle, selon les déclarations des autorités.

D’autres dépouilles, dans un état avancé de décomposition, ont également été retrouvées. Ces découvertes ont conduit à l’ouverture d’une enquête approfondie, bien que le shérif ait précisé que « cette enquête ne fait que commencer ». Les enquêteurs doivent encore traiter « une quantité considérable de données, interroger des témoins et examiner des preuves », a-t-il ajouté.

Un refuge sous le feu des critiques malgré ses prétentions

Miranda’s Rescue se présente comme un sanctuaire « sans euthanasie », une affirmation que Shannon Miranda, sa fondatrice, a réitérée dans un communiqué publié sur le site du refuge. Elle a souligné que leur mission consistait à « sauver autant d’animaux que possible en toute sécurité », tout en insistant sur la nécessité de « trouver un équilibre entre compassion pour les animaux et responsabilité envers le public ».

Pourtant, les autorités californiennes ont été saisies dès le mois d’avril après avoir reçu des informations crédibles évoquant des allégations de maltraitance animale, cruauté, fraude et complot. Miranda’s Rescue génère des revenus via les transferts d’animaux vers d’autres refuges et les dons reçus, lesquels, selon l’association, financent l’alimentation, les soins vétérinaires, les médicaments et les salaires du personnel.

« Chez Miranda’s Rescue, notre mission est de sauver autant d’animaux que possible en toute sécurité, en trouvant toujours le juste équilibre entre notre compassion pour les animaux et notre responsabilité de protéger les familles, les enfants, les autres animaux de compagnie et le public », a déclaré Shannon Miranda dans son communiqué.

Des circonstances exceptionnelles invoquées pour justifier l’euthanasie

Face aux accusations, Shannon Miranda a reconnu que des cas exceptionnels pouvaient conduire à l’euthanasie, notamment lorsque « un animal souffre d’une maladie en phase terminale ou représente un danger grave et persistant pour les personnes ou d’autres animaux ». Elle a assuré que dans ces situations, « nous prenons la décision la plus humaine et la plus responsable possible », en tenant compte « de la sécurité publique et du bien-être animal ».

Pourtant, les éléments recueillis lors de la perquisition semblent contredire cette ligne de défense. Les enquêteurs ont notamment retrouvé des preuves suggérant des pratiques non conformes aux standards d’un refuge animalier. Les deux défenseurs des animaux ayant alerté les autorités ont joué un rôle clé dans le déclenchement de l’enquête. L’un d’eux est même propriétaire d’un terrain adjacent au sanctuaire, ce qui a permis de recueillir des témoignages directs.

Et maintenant ?

L’enquête en cours pourrait aboutir à des poursuites si les éléments recueillis permettent d’établir des preuves de maltraitance, de cruauté ou de fraude. Les autorités ont précisé que l’analyse des données et des témoignages prendra plusieurs semaines, voire plusieurs mois. En attendant, le refuge Miranda’s Rescue reste sous surveillance, et les dons versés par le public pourraient être redirigés vers d’autres structures certifiées. La crédibilité des refuges se revendiquant « sans euthanasie » pourrait également être remise en question par les associations de protection animale.

Cette affaire soulève des questions plus larges sur la transparence et le contrôle des refuges animaliers aux États-Unis, où des milliers de structures dépendent de dons privés et de financements variables. Les pratiques de certains sanctuaires, même ceux se présentant comme des modèles de bienveillance, sont parfois difficiles à vérifier sans un encadrement strict des autorités.

Un refuge « sans euthanasie » est une structure qui s’engage à ne jamais euthanasier les animaux en bonne santé pour des raisons de surpopulation ou de manque de place. Ces refuges promettent généralement de garder les animaux jusqu’à ce qu’ils trouvent une famille d’accueil ou adoptante. Cependant, la plupart autorisent l’euthanasie dans des cas exceptionnels, comme pour des animaux malades en phase terminale ou présentant un danger pour la société.

Les refuges dépendent principalement des dons du public, des frais de transfert d’animaux vers d’autres structures, et parfois de subventions publiques ou privées. Ces revenus doivent couvrir les coûts liés à l’alimentation, aux soins vétérinaires, aux médicaments, à l’entretien des installations et aux salaires du personnel. Dans le cas de Miranda’s Rescue, les dons et les transferts d’animaux financent l’ensemble de ces dépenses.