En République démocratique du Congo, la situation des condamnés à mort s’est significativement dégradée depuis le début de l’année 2024. Selon un rapport conjoint publié par trois organisations de lutte contre la peine capitale, plus de 900 détenus attendent actuellement dans le couloir de la mort. Cette augmentation des condamnations survient après la levée du moratoire sur les exécutions capitales, une décision prise par les autorités congolaises au début de l’année 2024.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 900 personnes condamnées à mort en RDC attendent leur exécution depuis 2024.
- Le moratoire sur la peine de mort a été levé par les autorités congolaises au début de l’année 2024.
- Trois ONG – Ensemble contre la peine de mort, Culture pour la paix et la justice et la Coalition contre la peine de mort en RDC – ont mené une mission d’enquête en 2024-2025.
- Le rapport révèle une dégradation marquée de la situation des condamnés à mort.
Comme le rapporte RFI, cette mission, conduite entre 2024 et 2025, met en lumière une dégradation alarmante des conditions de détention et des perspectives pour ces détenus. Les trois organisations impliquées – Ensemble contre la peine de mort, Culture pour la paix et la justice et la Coalition contre la peine de mort en RDC – ont enquêté sur place pour évaluer l’impact de la levée du moratoire.
Les chiffres publiés dans leur rapport confirment une augmentation significative des condamnations à mort depuis le début de l’année 2024. Selon les données recueillies, plus de 900 individus se trouvent actuellement dans le couloir de la mort, dans l’attente d’une exécution qui pourrait intervenir à tout moment. Cette situation contraste fortement avec la période précédente, où le moratoire en vigueur depuis des années avait permis d’éviter toute exécution.
Les organisations signataires du rapport ont souligné que cette hausse des condamnations reflète un changement radical dans la politique judiciaire congolaise. « La levée du moratoire a ouvert la porte à une application plus systématique de la peine de mort », a déclaré un porte-parole de Culture pour la paix et la justice. Selon lui, les tribunaux congolais semblent désormais plus enclins à prononcer des peines capitales, une tendance qui s’est accélérée depuis 2024.
Le rapport met également en avant les conditions de détention des condamnés à mort, souvent décrites comme inhumaines. Les ONG dénoncent des conditions de vie précaires, un accès limité aux soins médicaux et une absence de soutien psychologique pour ces détenus. « Les personnes condamnées à mort en RDC vivent dans un état de grande vulnérabilité », a précisé un représentant de Ensemble contre la peine de mort. Il a ajouté que les familles des condamnés sont également affectées par cette situation, souvent incapables de leur offrir un soutien matériel ou moral.
« La levée du moratoire a eu un impact immédiat sur le système judiciaire congolais. Les juges semblent désormais moins réticents à prononcer des peines capitales, et les condamnations se multiplient. » — Représentant de la Coalition contre la peine de mort en RDC
Cette situation soulève des questions sur l’avenir des condamnés à mort en RDC. Les organisations de défense des droits humains appellent à une mobilisation urgente pour éviter des exécutions massives et améliorer les conditions de détention. Autant dire que le sort de ces 900 détenus dépendra largement des choix politiques et judiciaires des mois à venir.
Le rapport a été publié par trois organisations : Ensemble contre la peine de mort, Culture pour la paix et la justice et la Coalition contre la peine de mort en RDC.