Le dernier épisode du Podcast des Indépendants, diffusé le 15 avril 2026 sur BFM Business, s’est penché sur trois enjeux majeurs pour les professionnels en activité : les raisons qui déclenchent un contrôle fiscal, les risques liés au mélange entre vie personnelle et professionnelle, et les clés pour se préparer à l’obligation de facturation électronique. Autant de sujets qui impactent directement la gestion quotidienne des entrepreneurs, artisans et freelances.

Ce qu'il faut retenir

  • Un épisode diffusé le 15 avril 2026 sur BFM Business, avec quatre experts en gestion et fiscalité
  • Trois thèmes abordés : les contrôles fiscaux, le mélange pro/perso et la facturation électronique
  • Intervenants : Karine Chettah (Hello bank! Pro), Thomas Maurel (expert-comptable), Didier Okpo (avocat fiscaliste) et Jonathan Cohen (expert-comptable)
  • Le podcast s’inscrit dans une série hebdomadaire, un mercredi sur deux, soutenue par Hello bank! Pro

Qu’est-ce qui déclenche un contrôle fiscal ?

Parmi les éléments les plus scrutés par l’administration fiscale, les incohérences entre les déclarations et les revenus réels figurent en tête de liste. Les écarts importants entre les chiffres déclarés et les dépenses personnelles peuvent attirer l’attention des services fiscaux. « Les contrôles fiscaux sont souvent liés à des anomalies dans les déclarations, notamment lorsque les dépenses professionnelles ne correspondent pas au niveau d’activité déclaré », a expliqué Didier Okpo, avocat fiscaliste. Une vigilance accrue est donc recommandée pour éviter les redressements.

Autre point sensible : les frais mixtes, comme l’utilisation d’un véhicule ou d’un téléphone professionnel pour un usage personnel. Les justificatifs doivent être irréprochables pour éviter tout rejet de déduction. Karine Chettah, responsable marché professionnel chez Hello bank! Pro, a rappelé que « la séparation claire entre les comptes personnels et professionnels est un réflexe à adopter pour limiter les risques ».

Le mélange entre vie professionnelle et personnelle, un piège coûteux

Mélanger les dépenses professionnelles et personnelles peut rapidement devenir un casse-tête administratif et financier. Les entrepreneurs qui ne tiennent pas de comptabilité rigoureuse s’exposent à des difficultés en cas de contrôle, mais aussi à des pertes de temps pour justifier chaque dépense. « Même si l’intention n’est pas frauduleuse, l’administration fiscale interprète mal les flous comptables », a souligné Thomas Maurel, expert-comptable et cofondateur du cabinet M&C.

Pour éviter ces écueils, les experts recommandent d’ouvrir un compte bancaire dédié à l’activité professionnelle et d’utiliser des outils de gestion adaptés. « Un entrepreneur sur trois commet des erreurs en confondant ses comptes, ce qui peut entraîner des pénalités de 10 à 30 % sur les sommes redressées », a précisé Jonathan Cohen, expert-comptable et fondateur d’Acasi.

La facturation électronique, une obligation à anticiper

Depuis le 1er janvier 2026, la facturation électronique est devenue obligatoire pour la plupart des entreprises en France, dans le cadre de la modernisation des échanges commerciaux. Cet outil vise à lutter contre la fraude à la TVA et à simplifier les déclarations fiscales. « Les entrepreneurs doivent se familiariser avec les plateformes agréées par l’État pour émettre et recevoir leurs factures, sous peine de sanctions », a averti Didier Okpo.

Pour se préparer, les experts conseillent de former ses équipes et de choisir un logiciel compatible avec les normes en vigueur. « La transition doit être anticipée, car les retards peuvent impacter la trésorerie et les relations avec les clients », a ajouté Karine Chettah. Selon une étude récente, près de 40 % des TPE/PME n’ont pas encore finalisé leur migration vers ce nouveau système.

Les conseils des experts pour une gestion sereine

Face à ces défis, les quatre invités ont partagé des recommandations concrètes. « Il est essentiel de tenir une comptabilité à jour, avec des relevés bancaires et des factures classées par ordre chronologique », a indiqué Jonathan Cohen. L’utilisation d’un expert-comptable ou d’un outil de gestion automatisé est souvent présentée comme un investissement rentable à long terme.

Autre point clé : la communication avec l’administration fiscale. En cas de doute sur une déclaration, il est préférable de solliciter un avis préalable plutôt que de risquer un redressement. « Une réponse écrite de l’administration, même négative, peut servir de preuve en cas de litige », a rappelé Thomas Maurel.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, les contrôles fiscaux devraient se multiplier, notamment pour vérifier la bonne application de la facturation électronique. Les experts s’attendent à une hausse des redressements pour les entreprises qui n’auront pas mis leurs pratiques en conformité. Pour les entrepreneurs encore hésitants, des webinaires et des guides pratiques seront proposés par les organismes professionnels comme le Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables.

Le prochain épisode du Podcast des Indépendants, prévu le 29 avril 2026, abordera les stratégies pour déléguer efficacement grâce à l’intelligence artificielle. Une thématique d’actualité pour les entrepreneurs souhaitant optimiser leur temps et leurs ressources.

Les entreprises qui ne respectent pas l’obligation de facturation électronique s’exposent à des pénalités pouvant aller jusqu’à 15 000 € par an pour une personne morale. En cas de fraude avérée, les montants peuvent être revus à la hausse, avec des majorations de 10 à 40 % sur les sommes non déclarées.