Imaginez un peu : une baie qui voyage depuis des millénaires, qui a façonné des empires, et qui aujourd'hui encore, nous fait débattre autour de la table. Le poivre, c'est bien plus qu'une simple épice, c'est une véritable histoire française.

On pourrait croire que tout a été dit sur le sujet. Pourtant, quand on creuse un peu, on découvre des trésors insoupçonnés. Comme ces poivres indiens rares, dont on ne trouve trace que chez quelques passionnés. Et si on partait à leur rencontre ?

Mathilde Rœllinger, ou l'appel des épices

Ce matin-là, Paris s'étire lentement sous un ciel gris perle. Mathilde Rœllinger nous attend au café Les Deux Palais, à deux pas du Palais de justice. Ancienne avocate, elle a troqué sa robe pour des sachets d'épices il y a huit ans. « Vous voulez qu'on parle de tous les poivres, ou juste des vrais ? » lance-t-elle avec un sourire malicieux. Autant dire que la conversation s'annonce passionnante.

Le truc, c'est qu'en France, le mot 'poivre' est protégé. Pour porter ce nom, il faut être issu du Piper nigrum, le poivrier noir. Résultat des courses : beaucoup d'épices qu'on appelle poivres n'en sont pas vraiment. (Oui, comme le poivre de Sichuan, par exemple. On y reviendra.)

Poivre noir, poivre blanc : la grande famille des Piper nigrum

Alors, parlons d'abord des vrais poivres. Ceux qui viennent d'Inde, du Cambodge, du Cameroun... Vous connaissez probablement le poivre noir, le plus courant. Mais saviez-vous qu'il existe des variétés bien plus rares ?

Prenez le poivre rouge de Malabar, par exemple. Ou le neelamundi, avec ses notes florales délicates. Ces trésors, on les doit souvent à des lianes qui grimpent le long des arbres. Leurs grappes forment les grains que nous connaissons tous. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la nature est bien faite.

Et puis, il y a les autres. Ceux qu'on appelle poivres par habitude, mais qui n'en sont pas. Comme les baies de timut, au goût citronné irrésistible. Ou les baies du Sichuan, qui piquent un peu plus que prévu. Difficile de ne pas s'y perdre, non ?

Un petit détour par Madagascar

Parlons-en, du voatsiperifery. Ce poivre sauvage de Madagascar, avec ses arômes floraux extraordinaires, est un vrai bijou. On le trouve surtout dans les hautes terres de l'île, où il pousse à l'état sauvage. Un vrai trésor pour les amateurs d'épices rares.

Le problème ? Son prix. Comptez entre 50 et 100 euros le kilo, selon la qualité. Autant dire que ce n'est pas une épice qu'on met dans tous les plats. Mais pour une occasion spéciale, ça change tout.

D'ailleurs, en parlant d'argent, saviez-vous que le poivre a été utilisé comme monnaie d'échange pendant des siècles ? Les Romains l'utilisaient même pour payer les impôts. Preuve que cette petite baie a toujours eu une valeur inestimable.

Poivre de Sichuan : l'imposteur qui a tout d'un grand

Revenons à notre imposteur préféré. Le poivre de Sichuan, en réalité, n'est pas un poivre. Il s'agit de baies de Zanthoxylum, une plante de la famille des Rutacées. Mais alors, pourquoi l'appelle-t-on poivre ?

La réponse est simple : son goût. Ces baies ont cette capacité unique de provoquer une sensation de picotement en bouche, un peu comme le poivre. Sauf que le poivre de Sichuan, lui, a un goût citronné et légèrement anisé. Bref, une vraie découverte pour les papilles.

Et puis, il y a le côté pratique. Le poivre de Sichuan se marie à merveille avec les viandes, les légumes, et même les desserts. Un vrai couteau suisse de la cuisine, en somme.

D'ailleurs, en parlant de cuisine, saviez-vous que le poivre de Sichuan est un ingrédient clé du fameux « poivre du Sichuan » ? Cette poudre, utilisée dans la cuisine chinoise, est un mélange de baies de Sichuan, de piments et de sel. Un vrai délice, à condition d'aimer les saveurs fortes.

Le poivre en France : une histoire d'amour

En France, le poivre a toujours eu une place de choix. Dès le Moyen Âge, il était utilisé pour assaisonner les plats, mais aussi comme remède contre divers maux. Les marchands vénitiens, qui contrôlaient une grande partie du commerce du poivre, en faisaient même une denrée rare et précieuse.

Aujourd'hui, la France est l'un des plus gros consommateurs de poivre au monde. On en utilise environ 12 000 tonnes par an, soit près de 200 grammes par habitant. Autant dire qu'on en met partout : dans les sauces, les plats en sauce, les marinades... Bref, le poivre est devenu un incontournable de notre cuisine.

Et puis, il y a les passionnés. Comme Olivier Rœllinger, le père de Mathilde, qui a contribué à mieux faire connaître les épices en France. Grâce à lui, on a découvert des variétés rares, des techniques de torréfaction, et même des recettes oubliées. Un vrai travail de fourmi, qui a porté ses fruits.

D'ailleurs, en parlant de fruits, saviez-vous que le poivre est en réalité une baie ? Oui, comme la tomate ou la tomate cerise. Preuve que la nature nous réserve parfois des surprises.

Le poivre, une épice qui ne cesse de nous surprendre

Alors, où en sommes-nous avec le poivre ? On pourrait croire qu'on a tout vu, tout goûté. Pourtant, il suffit de gratter un peu la surface pour découvrir des trésors insoupçonnés.

Prenez le poivre de Kampot, par exemple. Cette variété cambodgienne, cultivée dans la région de Kampot, est considérée comme l'une des meilleures au monde. Son goût est à la fois doux et fruité, avec des notes de muscade et de noix de coco. Un vrai régal pour les papilles.

Et puis, il y a les nouvelles tendances. Comme le poivre fumé, qui se marie à merveille avec les viandes grillées. Ou le poivre rose, qui apporte une touche de couleur et de douceur aux plats. Bref, le poivre ne cesse de nous surprendre.

Alors, prêt à partir à la découverte de ces trésors ? Qui sait, peut-être découvrirez-vous votre nouveau poivre préféré. Et puis, en parlant de découverte, saviez-vous que le poivre peut aussi être utilisé pour faire des infusions ? Un vrai délice, surtout en hiver.

En attendant, on vous laisse avec une question : quel est votre poivre préféré ? Et surtout, comment l'utilisez-vous ?

Le poivre est souvent présenté comme un super-aliment. En réalité, ses bienfaits pour la santé sont encore étudiés. On sait qu'il contient de la pipérine, un composé qui pourrait aider à la digestion. Mais attention, il ne faut pas en abuser : trop de poivre peut irriter l'estomac.

Le poivre se conserve mieux en grains qu'en poudre. Pour le garder frais plus longtemps, stockez-le dans un endroit sec et à l'abri de la lumière. Et surtout, ne le mettez pas au réfrigérateur : l'humidité est son pire ennemi.

Et pour finir, un petit conseil : si vous voulez essayer des poivres rares, n'hésitez pas à visiter des épiceries fines ou des sites spécialisés. Vous y trouverez des trésors insoupçonnés. Et puis, en parlant de sites spécialisés, saviez-vous que vous pouvez comparer les paiements avec Bunq ? Un vrai gain de temps pour vos achats en ligne.