Depuis plusieurs semaines, la hausse des prix des carburants et l’extension des Zones à Faibles Émissions (ZFE) alimentent les craintes d’un retour de la contestation sociale, à l’image du mouvement des « gilets jaunes » en 2018. Selon Le Figaro, cette combinaison de facteurs pourrait réveiller les tensions, même si aucune mobilisation massive n’a encore été observée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le prix du diesel dépasse désormais les 2 euros le litre, un niveau bien supérieur à celui qui avait déclenché le mouvement des « gilets jaunes » en 2018.
  • 79 % des Français redoutent un nouveau soulèvement social, selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro publié début avril 2026.
  • Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) s’étendent, limitant l’accès à certaines villes pour les véhicules les plus polluants, ce qui aggrave le mécontentement.
  • Le conflit au Moyen-Orient perturbe l’approvisionnement en pétrole, contribuant à la flambée des prix à la pompe.
  • Aucune mobilisation massive n’a encore eu lieu, mais la colère reste palpable parmi les automobilistes.

Un contexte économique et social tendu

En 2018, une hausse du prix du diesel, couplée à la mesure controversée du passage à 80 km/h, avait suffi à provoquer un mouvement social d’une ampleur inédite. Selon Le Figaro, le prix du diesel atteint désormais plus de 2 euros le litre, un seuil bien supérieur aux 1,50 euro qui avaient servi de détonateur. Pourtant, malgré cette hausse, aucune mobilisation d’ampleur n’a encore émergé. « Les “gilets jaunes” avaient bloqué les ronds-points pour moins que ça ! », s’étonne Josy, 78 ans, éleveuse près de Montpellier. « Ils étaient descendus dans la rue à cause d’une taxe qui avait provoqué la hausse du prix du diesel. Or aujourd’hui, il dépasse les 2 euros et il n’y a toujours pas de soulèvement massif. »

Cette différence s’explique en partie par la généralisation des Zones à Faibles Émissions (ZFE), qui restreignent l’accès aux centres-villes pour les véhicules les plus polluants. Pour de nombreux automobilistes, cette mesure s’ajoute à la hausse des carburants, créant un sentiment d’étouffement économique. Les pouvoirs publics, eux, insistent sur la nécessité de réduire la pollution, mais peinent à convaincre une partie de la population.

Une opinion publique inquiète

Le spectre d’un nouveau mouvement social plane sur la France. Selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, publié le 3 avril 2026, 79 % des Français craignent un retour des “gilets jaunes”. Cette inquiétude reflète un malaise profond : les ménages, déjà fragilisés par l’inflation, voient leurs dépenses en carburant peser de plus en plus lourd dans leur budget. « On vit dans une région rurale, et la voiture est indispensable pour se déplacer », confie un habitant de l’Aisne. « Avec les ZFE qui s’étendent et les prix qui montent, on se sent pris au piège. »

Le gouvernement, conscient du risque, tente de désamorcer la crise. Mais les mesures d’accompagnement, comme les aides à la conversion des véhicules ou les subventions pour les carburants, peinent à convaincre. Les associations de consommateurs dénoncent un « manque de moyens » et appellent à des actions ciblées pour soutenir les ménages les plus modestes. « Les aides existent, mais elles ne couvrent pas les besoins réels », souligne un responsable d’une fédération de consommateurs.

Le conflit géopolitique, amplificateur de la crise

La hausse des prix des carburants est en grande partie liée à l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient. Depuis plusieurs mois, les tensions dans la région perturbent les chaînes d’approvisionnement et font flamber les cours du pétrole. « Cette situation pourrait durer », explique un analyste économique. « Tant que le conflit ne sera pas résolu, les prix resteront élevés, et la pression sur les ménages aussi. »

Cette dépendance aux importations de pétrole rend la France vulnérable aux chocs extérieurs. Les pouvoirs publics misent sur le développement des énergies renouvelables pour réduire cette dépendance, mais les résultats se font attendre. En attendant, les automobilistes doivent composer avec des factures de plus en plus lourdes. « On fait attention à chaque litre, mais ça ne suffit pas toujours », confie une conductrice en région parisienne.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient influencer l’évolution de la situation dans les prochaines semaines. D’abord, la publication des prochains chiffres de l’inflation, prévue pour fin avril 2026, donnera une indication sur l’impact réel de la hausse des carburants sur le pouvoir d’achat. Ensuite, les décisions des collectivités locales concernant l’extension des ZFE seront scrutées de près : certaines villes pourraient assouplir leurs restrictions pour éviter une crise sociale.

Enfin, le gouvernement devrait annoncer de nouvelles mesures d’aide aux ménages, notamment pour les ménages ruraux et les travailleurs essentiels. Reste à voir si ces initiatives suffiront à apaiser les tensions. Pour l’heure, la vigilance reste de mise.

En conclusion, si aucun mouvement social d’ampleur n’a encore émergé, la combinaison de la hausse des carburants et de l’extension des ZFE crée un climat de frustration qui pourrait, à tout moment, basculer dans la contestation. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la France évitera un nouveau soulèvement.

La hausse s’explique principalement par deux facteurs : d’abord, l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui perturbe les chaînes d’approvisionnement en pétrole ; ensuite, la fiscalité indirecte, comme la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE), qui reste élevée malgré les baisses occasionnelles des cours mondiaux.

Non. Les ZFE sont mises en place par les métropoles volontaires et concernent pour l’instant les grandes villes comme Paris, Lyon ou Grenoble. Cependant, le gouvernement prévoit d’étendre ce dispositif à une trentaine d’agglomérations d’ici 2027, ce qui pourrait concerner plusieurs millions d’automobilistes.