Un rejet d'hydrocarbures dans une rivière de l'Orne, observé mi-mars par un pêcheur, des gendarmes et les pompiers, proviendrait du site industriel voisin, propriété du groupe Lactalis. Reporterre révèle que cette pollution a été signalée après la découverte d'un film d'hydrocarbures à la surface de la rivière, un phénomène confirmé par plusieurs témoins.
Ce qu'il faut retenir
- Un rejet d'hydrocarbures a été observé mi-mars dans une rivière de l'Orne, impliquant potentiellement le site Lactalis de Vimoutiers
- La présence d'un film d'hydrocarbures a été signalée par un pêcheur, des gendarmes et les pompiers
- Le site industriel en cause appartient à la Solaipa, filiale de Lactalis, située à Vimoutiers
- Aucune confirmation officielle de la responsabilité de Lactalis n'a encore été établie
Un site industriel sous surveillance
Le 20 avril 2026, le site de la Solaipa, filiale du groupe Lactalis installée à Vimoutiers dans l'Orne, était animé par un ballet de camions-citernes. Pourtant, aucun d'entre eux ne procédait au remplissage de carburant, contrairement aux apparences. Selon les observations rapportées par Reporterre, cette activité inhabituelle a coïncidé avec les signalements de pollution aux hydrocarbures dans la rivière toute proche.
Les installations de la Solaipa, spécialisée dans la transformation laitière, sont connues pour leur proximité avec des cours d'eau. Plusieurs sources locales ont indiqué que des fuites ou des rejets accidentels avaient déjà été observés dans le passé, sans que des mesures correctives définitives n'aient été mises en place.
Des témoignages concordants
Les premières alertes ont été lancées par un pêcheur, qui a remarqué la présence d'un film irisé à la surface de l'eau. Rapidement, les gendarmes et les pompiers sont intervenus pour constater l'ampleur de la pollution. «
Nous avons observé une couche d'hydrocarbures sur environ 500 mètres de rivière. C'est un phénomène qui ne peut pas être naturel,» a déclaré un responsable des pompiers à Reporterre.
Les analyses menées sur place ont confirmé la présence d'hydrocarbures dans l'eau, mais aucune étude n'a encore permis d'identifier avec certitude l'origine exacte de cette pollution. Les soupçons se portent cependant sur le site industriel voisin, où des activités de maintenance ou de stockage de produits chimiques pourraient être en cause.
Lactalis reste muet sur les responsabilités
Contactée par Reporterre, la direction de Lactalis n'a pas répondu aux questions concernant une éventuelle responsabilité dans cette pollution. La Solaipa, filiale du groupe, n'a pas non plus communiqué sur le sujet. Pourtant, le site est régulièrement inspecté par les autorités environnementales, comme en témoignent les rapports de la DREAL Normandie.
Un ancien employé de la Solaipa, qui souhaite garder l'anonymat, a confié à Reporterre : «
Il y a déjà eu des alertes par le passé, notamment sur des fuites de produits chimiques. Mais les choses ne changent pas vraiment.» Ces déclarations soulignent les inquiétudes persistantes concernant la gestion des risques industriels dans la région.
La situation rappelle les enjeux liés à la cohabitation entre activités industrielles et préservation des écosystèmes locaux. Les associations environnementales appellent déjà à un renforcement des contrôles, alors que les prochaines décisions des autorités pourraient avoir un impact sur l'image du groupe Lactalis.
Les autorités environnementales ont annoncé une expertise indépendante dans les prochains jours. Des analyses complémentaires seront réalisées pour déterminer l'origine exacte des hydrocarbures, tandis que la DREAL Normandie a été saisie pour un rapport complet.