Un film de Carlos Marques-Marcet, «Polvo Serán», explore le parcours d’un couple de personnes âgées dont l’une, atteinte de démence, décide d’avoir recours au suicide assisté en Suisse. Selon Libération, cette œuvre cinématographique aborde un sujet délicat avec une intention humaniste, mais en dépeint aussi les limites et les échecs.
Ce qu'il faut retenir
- «Polvo Serán», réalisé par Carlos Marques-Marcet, suit un couple confronté à la démence de l’un des deux membres, dont la volonté est de recourir au suicide assisté en Suisse.
- Le film s’inspire d’une démarche bien réelle, mais illustre les difficultés concrètes de ce processus.
- L’œuvre met en lumière les enjeux éthiques et pratiques du suicide assisté, sans sombrer dans le mélodrame.
- Le résultat cinématographique, bien que louable dans son intention, reste imparfait selon la critique.
Un scénario inspiré d’une réalité complexe
Carlos Marques-Marcet, réalisateur catalan reconnu pour son approche documentaire et sensible, signe ici un film qui s’appuie sur une situation humaine douloureuse. Dans «Polvo Serán», il suit le parcours d’un couple de personnes âgées, dont la femme est atteinte de démence, qui envisage un double suicide assisté en Suisse. Ce pays, où cette pratique est légalisée sous conditions strictes, devient le cadre d’une tentative désespérée de préserver une forme de dignité face à une maladie dégénérative.
Le long-métrage, sorti en salles en avril 2026, s’inspire de témoignages réels tout en prenant des libertés narratives. Selon Libération, le film évite l’écueil du pathos pour se concentrer sur les détails concrets de cette démarche, depuis les démarches administratives jusqu’aux derniers instants du couple.
Une intention humaniste, mais un résultat mitigé
L’ambition de «Polvo Serán» est clairement affichée : donner une voix à celles et ceux qui, confrontés à la maladie ou au déclin physique, choisissent de mettre fin à leurs jours de manière encadrée. Le film pose des questions essentielles sur l’autonomie, la liberté de choix et les limites de la médecine face à la souffrance prolongée. Pourtant, d’après les critiques relayées par Libération, la réalisation peine à traduire toute la complexité de ce sujet.
Certains observateurs soulignent que le scénario, bien que pertinent, souffre d’un manque de nuances dans la portrayal des personnages. Les dialogues, parfois trop didactiques, donnent l’impression de servir davantage un message militant qu’une réflexion approfondie. Bref, «Polvo Serán» reste un film ambitieux, mais qui laisse une impression d’inachevé.
Le suicide assisté en Suisse : un cadre légal strict mais discuté
La Suisse est l’un des rares pays européens où le suicide assisté est légal pour les résidents, sous réserve de respecter des conditions précises. Selon les dispositions en vigueur, la personne doit être en phase terminale ou souffrir d’une maladie incurable provoquant des douleurs insupportables. De plus, elle doit être en pleine possession de ses facultés mentales au moment de sa demande. Dans le cas du couple du film, la femme atteinte de démence ne remplit pas ces critères, ce qui soulève des questions éthiques sur la légitimité de leur projet.
Ce cadre légal, déjà controversé, est régulièrement remis en question par les associations de patients et les défenseurs des droits humains. Certains estiment que les critères sont trop restrictifs, tandis que d’autres craignent un glissement vers une euthanasie déguisée. Le film de Carlos Marques-Marcet s’inscrit dans ce débat, en montrant les tensions entre la volonté individuelle et les normes sociales.
Quant à Carlos Marques-Marcet, il a déjà annoncé qu’il ne comptait pas s’arrêter là. Après avoir abordé des sujets aussi variés que la crise migratoire ou la mémoire historique, il semble vouloir poursuivre son exploration des limites de la condition humaine. Pour l’heure, les projections de «Polvo Serán» se poursuivent dans les salles françaises, où le film suscite autant de curiosité que de débats.
Non, le suicide assisté n’est pas légal en France. La loi Claeys-Leonetti de 2016 encadre uniquement la sédation profonde et continue jusqu’au décès pour les patients en phase terminale, mais elle n’autorise pas l’aide active à mourir. Plusieurs propositions de loi ont été déposées ces dernières années pour légaliser le suicide assisté ou l’euthanasie, mais aucune n’a abouti à ce jour.