Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a maintenu sa décision de retourner le portrait du président de la République, Emmanuel Macron, dans les locaux de la mairie. Cette initiative, qui s’inscrit dans une série de gestes symboliques depuis son élection en mars 2026, lui a valu une remontrance écrite du préfet de Seine-Saint-Denis, comme le rapporte Le Figaro – Politique.
Ce qu'il faut retenir
- Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a retourné le portrait d’Emmanuel Macron dans sa mairie en signe de protestation.
- Le préfet de Seine-Saint-Denis a adressé une remontrance au maire, rappelant l’obligation morale et républicaine d’afficher le portrait du président.
- Bagayoko a justifié son geste en déclarant attendre « l’avènement d’un nouveau président », évoquant Jean-Luc Mélenchon.
- Accrocher le portrait du chef de l’État dans les mairies n’est pas une obligation légale, mais une tradition républicaine.
- Le ministère de l’Intérieur a confirmé qu’aucune sanction administrative ou pénale n’était prévue en cas de non-respect de cette coutume.
Un symbole républicain contesté par le maire de Saint-Denis
Dans la continuité de ses prises de position depuis son accession à la mairie de Saint-Denis en mars 2026, Bally Bagayoko a choisi de marquer symboliquement son opposition à la politique d’Emmanuel Macron. Le portrait officiel du président, traditionnellement exposé dans les mairies françaises, a été décroché puis retourné par ses soins. Pour le maire, ce geste illustre son refus de cautionner, selon ses termes, une « République incapable de corriger les inégalités sociales ».
Face à cette initiative, le préfet de Seine-Saint-Denis a réagi par un courrier formel, rappelant que cette tradition, bien que non encadrée par la loi, participe au rassemblement des citoyens autour des institutions. Le représentant de l’État a souligné que le rôle du maire consistait à « rassembler au-delà des clivages politiques », un principe que le geste de Bagayoko « contrevient à cet usage bien établi ».
Une tradition sans fondement juridique, mais porteuse de sens politique
Contrairement à une idée reçue, l’affichage du portrait du président de la République dans les mairies n’est pas une obligation légale. Comme l’a rappelé le ministère de l’Intérieur dans une réponse écrite, cette pratique relève d’une « tradition républicaine » largement respectée, mais dont le non-respect n’entraîne aucune sanction. Ainsi, le préfet n’a pu que constater une entorse à une coutume, sans pouvoir imposer un retour à l’ordre.
Cette situation met en lumière les tensions entre les symboles républicains et les prises de position politiques locales. Pour les observateurs, elle reflète aussi les divisions persistantes entre les différentes sensibilités politiques, notamment au sein de la gauche, où La France Insoumise et ses alliés multiplient les gestes de défiance envers le pouvoir central.
Les déclarations de Bagayoko : entre provocation et projet politique
Bally Bagayoko n’a pas caché son intention de maintenir son geste « tant que la République n’est pas en capacité de corriger les inégalités ». Dans ses propos rapportés par Le Figaro – Politique, il a également évoqué « l’avènement (...) d’un nouveau président », laissant entendre qu’il ne s’attendait pas à un changement sous la mandature actuelle. Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte où la gauche radicale, dont LFI est le fer de lance, multiplie les critiques contre le quinquennat Macron.
Pour autant, cette posture interroge sur la stratégie politique du maire de Saint-Denis. En ciblant un symbole aussi fort que le portrait présidentiel, il cherche probablement à renforcer son ancrage dans l’électorat progressiste, tout en affichant une forme de radicalité militante. Reste à savoir si cette initiative sera suivie d’effets concrets ou si elle restera un geste isolé.
En attendant, cette affaire illustre les tensions persistantes entre le pouvoir central et les municipalités dirigées par des élus de la NUPES. Elle rappelle aussi que, dans un pays aussi centralisé que la France, les symboles républicains restent des enjeux politiques majeurs.
Reste à voir si d’autres maires insoumis ou écologistes suivront l’exemple de Bagayoko, ou si ce geste restera une initiative isolée. Une chose est sûre : en politique, les symboles comptent souvent autant que les actes.
Il s’agit d’une tradition républicaine, non d’une obligation légale. Cette coutume, largement respectée, vise à rappeler l’unité de l’État et la légitimité des institutions, indépendamment des majorités politiques locales.
Aucune. Comme l’a confirmé le ministère de l’Intérieur, il n’existe aucun texte prévoyant de sanction administrative ou pénale en cas de non-affichage du portrait présidentiel. Le préfet n’a pu que rappeler l’importance de cette tradition.