Selon BFM - Politique, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, élu sous l’étiquette La France Insoumise (LFI), a qualifié de « non-sujet » les débats suscités par son refus d’exposer le portrait du président de la République, Emmanuel Macron, dans son bureau. Une prise de position réaffirmée ce dimanche 17 mai 2026 lors d’un entretien télévisé sur BFMTV.
Ce qu'il faut retenir
- Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, estime que la polémique sur l’absence du portrait d’Emmanuel Macron dans son bureau est un « non-sujet » et une perte de temps médiatique.
- Il affirme que « jamais » un portrait présidentiel n’a été accroché dans le bureau du maire de Saint-Denis depuis au moins 2001, date de ses premières responsabilités municipales.
- Un militant aurait accroché le portrait « pour plaisanter », avant qu’il ne soit immédiatement décroché par l’élu.
- Le préfet de la Seine-Saint-Denis a adressé une lettre datée du 6 mai 2026 au maire, l’invitant à « reconsidérer sa position » au regard de la tradition républicaine.
- Bagayoko souligne que « ce n’est pas une obligation légale », mais une simple tradition, et assume pleinement sa décision.
Interrogé sur l’accrochage ou non du portrait d’Emmanuel Macron dans son bureau, Bally Bagayoko a répondu sans ambiguïté : « C’est un non-sujet. » Selon lui, cette question n’a « aucun caractère urgent » et détourne l’attention des enjeux prioritaires pour les habitants de Saint-Denis. « Moi, mes habitants attendent que l’État puisse apporter des moyens pour la rentrée scolaire, car il devrait y avoir un certain nombre de fermetures d’établissements », a-t-il ajouté, dénonçant ainsi une focalisation médiatique qu’il juge disproportionnée.
L’édile, en fonction depuis plusieurs décennies à Saint-Denis, a rappelé qu’il n’avait « jamais vu » de portrait présidentiel dans le bureau du maire au cours de ses 25 années de mandat. « De 2001 jusqu’à 2020, je n’ai jamais vu le portrait d’aucun président de la République dans le bureau du maire », a-t-il expliqué. Bagayoko a également évoqué un incident anecdotique : « Quand je suis arrivé dans mon bureau, il n’était pas accroché. C’est un militant qui l’a accroché pour faire une petite plaisanterie et je l’ai, ensuite, re-décroché. »
Le maire a par ailleurs insisté sur le caractère non contraignant de cette tradition. « Ce n’est pas une obligation, c’est une tradition », a-t-il précisé, rappelant que le préfet lui-même avait reconnu dans sa lettre que « l’accrochage du portrait du président de la République […] ne relève d’aucune obligation légale ». Pour Bagayoko, cette démarche s’inscrit donc dans un cadre strictement légal et assumé. « Cette lettre n’a pas lieu d’être, le préfet le confirme lui-même : notre démarche s’inscrit dans une parfaite légalité et nous l’assumons pleinement », a-t-il déclaré à l’AFP après la réception de ce courrier.
« Les médias ont choisi d’évoquer, dans la panoplie des sujets urgents, ce sujet-là qui est un non-sujet. » — Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, lors de son intervention sur BFMTV le 17 mai 2026.
Dans sa missive datée du 6 mai 2026, le préfet de la Seine-Saint-Denis, Julien Charles, avait en effet souligné que « l’accrochage du portrait du président de la République dans les mairies, s’il ne relève d’aucune obligation légale, est un usage consacré par la tradition républicaine. À l’instar du drapeau tricolore, de notre devise nationale ou de la Marianne, il s’agit d’un symbole républicain ». Cette lettre, adressée à Bagayoko, invitait ce dernier à « reconsidérer sa position », sans pour autant menacer de sanctions ou invoquer un manquement juridique.
La position du maire de Saint-Denis s’inscrit dans un contexte plus large de débats récurrents sur la symbolique républicaine dans les institutions locales. Alors que certains élus choisissent d’afficher ces symboles par respect des traditions, d’autres, comme Bagayoko, y voient une pratique désuète ou politiquement connotée. « Ce dont on parle, c’est un non-sujet en réalité », a-t-il répété, rappelant que les priorités des habitants de sa commune concernent avant tout l’éducation, les services publics et les moyens alloués aux écoles.
Cette affaire illustre, en tout cas, la tension persistante entre tradition et modernité dans la gestion des symboles de l’État au niveau local. Alors que la République célèbre ses principes d’unité et de continuité, certains maires préfèrent mettre en avant d’autres priorités, quitte à bousculer des usages ancrés dans le paysage institutionnel français.