Le Portugal accélère le développement de son réseau ferroviaire à grande vitesse. Selon BFM Business, Comboios de Portugal (CP), l'opérateur ferroviaire public, a lancé un appel d'offres pour l'acquisition de 12 trains à grande vitesse dans le cadre du projet de ligne Lisbonne-Porto, avec un budget maximal de 504 millions d'euros, maintenance incluse. Une option pour huit trains supplémentaires est également prévue, ce qui pourrait porter l'investissement total à environ 850 millions d'euros.
Ce qu'il faut retenir
- 12 trains à grande vitesse commandés par Comboios de Portugal (CP) pour la future ligne Lisbonne-Porto
- Budget initial de 504 millions d'euros, avec une option pour huit trains supplémentaires pouvant porter l'investissement à 850 millions d'euros
- Première livraison prévue en 2031, pour une mise en service de la ligne en 2030
- Le modèle Avelia Horizon d'Alstom, déjà utilisé par la SNCF sous le nom de TGV M, semble le plus favorable
- Les candidats doivent soumettre leur dossier avant le 2 juillet 2026
Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une modernisation majeure du réseau ferroviaire portugais. La future ligne à grande vitesse doit relier Lisbonne à Porto en 1h15, contre près de 3 heures actuellement. L'appel d'offres, ouvert jusqu'au 2 juillet 2026, vise à sélectionner un matériel roulant capable de circuler à 300 km/h sur le réseau européen, tout en respectant des contraintes techniques spécifiques au Portugal.
Parmi les exigences imposées, les trains doivent être interopérables, c'est-à-dire capables de circuler sur différentes infrastructures ferroviaires en Europe. Ils devront également offrir une capacité adaptée, un profil technique performant, des aménagements intérieurs optimisés et une économie d'énergie. Ces critères représenteront 75 % des éléments d'évaluation de l'appel d'offres, selon BFM Business.
Le modèle Avelia Horizon d'Alstom, qui sert de base au TGV M de la SNCF, apparaît comme le favori naturel. Alstom, leader français du secteur ferroviaire, dispose d'une expérience avérée dans l'exploitation de trains à grande vitesse en Europe. En revanche, le concurrent espagnol Talgo, avec son modèle S106 Avril, cumule des problèmes techniques récurrents, ce qui pourrait peser dans l'évaluation des candidatures.
Cependant, les soumissionnaires devront adapter leurs offres aux spécificités locales. Le Portugal utilise un écartement ibérique pour ses voies ferrées, une dérogation accordée par la Commission européenne. Normalement, l'Union européenne impose l'écartement standard UIC, celui utilisé en France et dans la plupart des pays européens. Les trains devront également être équipés pour transporter des vélos, une fonctionnalité absente sur les trains à grande vitesse actuels.
« Le Portugal mise sur la grande vitesse pour transformer ses liaisons entre les deux principales villes du pays. Ce projet s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des infrastructures ferroviaires, avec un objectif clair : réduire les temps de trajet et améliorer la connectivité nationale. » — Analyste ferroviaire, cité par BFM Business
Les livraisons des premiers trains sont attendues pour 2031, une échéance serrée compte tenu de l'ampleur du projet. La mise en service de la ligne Lisbonne-Porto est prévue pour 2030, ce qui laisse peu de marge pour d'éventuels retards dans la fabrication ou la livraison du matériel roulant. L'opérateur ferroviaire portugais a donc tout intérêt à sélectionner un fournisseur fiable et expérimenté.
Ce projet s'inscrit dans une dynamique européenne plus large visant à développer les liaisons ferroviaires à grande vitesse. Pour le Portugal, il représente une opportunité de désenclaver Porto et Lisbonne, tout en réduisant l'empreinte carbone du transport entre les deux villes. À plus long terme, cette ligne pourrait s'étendre vers d'autres destinations, comme Madrid ou Vigo, renforçant ainsi la connectivité ibérique.
Reste à voir si les retards potentiels dans la livraison des trains ou les surcoûts imprévus viendront perturber ce calendrier ambitieux. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la capacité des industriels à répondre aux exigences du Portugal dans les délais impartis.
Le Portugal utilise un écartement de voie de 1 668 mm, différent de l'écartement standard UIC (1 435 mm) imposé par l'Union européenne. Cette dérogation a été accordée en raison des coûts prohibitifs qu'aurait engendrés le réalignement des voies existantes. Une grande partie du réseau ferroviaire portugais a été construite à la fin du XIXe siècle avec cet écartement, et son remplacement aurait été financièrement et logistiquement complexe.
Plusieurs pays européens développent ou étendent leur réseau à grande vitesse. En Espagne, la ligne Madrid-Barcelone est déjà opérationnelle, tandis que des projets comme Barcelona-Perpignan ou Madrid-Lisbonne sont à l'étude. En France, le TGV M d'Alstom est en cours de déploiement pour moderniser le parc existant. L'Allemagne et l'Italie investissent également dans de nouvelles lignes, avec des objectifs similaires : réduire les temps de trajet et promouvoir une alternative durable à l'avion.