Un premier patient a été traité avec succès dans le cadre d’un essai de thérapie génique visant à inciter des cellules vieillissantes à adopter une identité plus jeune, selon Futura Sciences. Cette avancée majeure ouvre un nouveau chapitre de la biologie du vieillissement, même si les chercheurs appellent encore à la prudence.
La start-up Life Biosciences, basée à Boston, a annoncé qu’un premier patient venait de recevoir un traitement visant à inciter certaines cellules vieillissantes à adopter une « identité plus jeune ». Ce cobaye a reçu l’injection d’un virus, couramment employé en thérapie génique, porteur de trois gènes capables de reprogrammer les cellules et d’inverser les modifications épigénétiques liées à l’âge.
Ce qu'il faut retenir
- Un premier patient a été traité avec succès dans le cadre d’un essai de thérapie génique pour rajeunir les cellules humaines.
- La thérapie génique utilise un virus porteur de trois gènes capables de reprogrammer les cellules et d’inverser les modifications épigénétiques liées à l’âge.
- L’essai clinique prévoit de traiter jusqu’à 12 personnes atteintes de glaucome et d’inclure ultérieurement des participants souffrant de neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique.
Le contexte de la recherche
Les chercheurs ont identifié trois gènes, appelés OCT4, SOX2 et KLF4, qui sont des « facteurs de transcription » capables de restaurer la fonction cellulaire en réinitialisant le code épigénétique. Ces gènes ont été testés avec succès sur des souris vieillissantes ou atteintes de glaucome, et les résultats ont été publiés dans la revue Nature.
Le Dr David Sinclair, co-fondateur de Life Biosciences, explique que « nos recherches ont suggéré que le vieillissement est en grande partie dû à la perte d’informations épigénétiques, et non à des dommages irréversibles ». Cette étude clinique représente la première occasion de tester si la restauration de ces informations peut améliorer la maladie chez l’humain.
Les prochaines étapes
Les chercheurs ont conçu un système permettant que les gènes ne soient activés que lorsque le participant prend un antibiotique appelé doxycycline. À l’arrêt de l’antibiotique, les gènes sont automatiquement désactivés, ce qui permet de ne pas prolonger leur expression plus longtemps que nécessaire pour rajeunir les cellules.
Sharon Rosenzweig-Lipson, directrice scientifique de l’entreprise, a indiqué que « nous ne visons pas le rajeunissement de l’organisme entier pour le moment, mais nous espérons y parvenir un jour ». L’essai clinique actuel vise à tester si la thérapie génique est sûre et bien tolérée chez les patients atteints de glaucome ou de neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique.
En conclusion, cette avancée majeure dans la biologie du vieillissement offre de nouvelles perspectives pour traiter les maladies liées à l’âge. Les résultats de l’essai clinique seront attendus avec intérêt pour évaluer l’efficacité et la sécurité de cette thérapie génique innovante.