En cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), compte retirer le drapeau européen des façades du palais de l’Élysée et de l’hôtel de Matignon. Selon Le Figaro, il ne laisserait alors que le drapeau tricolore, estimant que « c’est un symbole ». Cette déclaration, formulée lors d’un entretien sur BFMTV, intervient dans un contexte de montée des tensions autour des symboles européens en France.

Interrogé depuis Bruxelles, Jordan Bardella a précisé que l’Élysée « a une portée évidemment historique, une portée symbolique (...) c’est la maison du peuple français ». Il a ajouté vouloir « tout changer sans rien détruire », tout en excluant un « retour du Frexit ». Le RN, qui avait autrefois milité pour la sortie de la France de l’Union européenne, a depuis revu sa doctrine en faveur d’une renégociation des traités européens. Marine Le Pen, figure historique du parti, pourrait être empêchée de se présenter en 2027 pour des raisons judiciaires, ce qui ouvrirait la voie à Bardella comme candidat du RN.

Ce qu'il faut retenir

  • Retrait des drapeaux européens : Jordan Bardella a annoncé son intention d’enlever les drapeaux européens du perron de l’Élysée et de Matignon en cas de victoire en 2027, ne conservant que le drapeau français.
  • Symbolique et histoire : Bardella a souligné que l’Élysée représente « la maison du peuple français », justifiant cette mesure par une volonté de recentrage sur les symboles nationaux.
  • Fin du Frexit : Le leader du RN a écarté toute idée de sortie de la France de l’UE, préférant une renégociation des traités européens.
  • Candidature de Bardella : En l’absence de Marine Le Pen, candidate potentielle, Jordan Bardella serait le représentant du RN à l’élection présidentielle de 2027.
  • Réactions locales : Fin mars 2026, plusieurs maires RN ont déjà retiré les drapeaux européens des mairies, une initiative critiquée par le gouvernement, à laquelle Bardella a répondu : « C’est de leur responsabilité, ils ne sont pas sous ma tutelle ».

Une mesure symbolique dans un contexte politique tendu

La proposition de Jordan Bardella s’inscrit dans une dynamique plus large de remise en cause des symboles européens en France. Fin mars 2026, plusieurs maires élus sous l’étiquette RN ont déjà retiré les drapeaux européens des façades de leurs mairies. Cette initiative, qualifiée de « populiste » par le gouvernement, a suscité des débats sur la place des institutions européennes dans le paysage politique français. Bardella, interrogé sur ce sujet, a répondu avec détachement : « C’est de leur responsabilité, ils ne sont pas sous ma tutelle ».

Pour le RN, cette mesure relève d’une volonté de « normalisation » de l’image du parti, après des années de stigmatisation liée à ses positions eurosceptiques. Jordan Bardella, en affichant une posture plus modérée, cherche à élargir son électorat tout en maintenant une ligne souverainiste. « Je veux tout changer sans rien détruire », a-t-il déclaré, soulignant que son approche diffère des anciennes revendications du parti.

L’Élysée, un lieu chargé de sens

Lors de son entretien sur BFMTV, Jordan Bardella a insisté sur la dimension historique et symbolique du palais présidentiel. « L’Élysée, ça a une portée évidemment historique, une portée symbolique (...) c’est la maison du peuple français », a-t-il affirmé. Cette déclaration illustre sa volonté de recentrer le débat politique sur les valeurs nationales, au détriment des symboles européens. Bardella, qui s’exprimait depuis Bruxelles, a également rappelé que son parti ne souhaite plus la sortie de la France de l’Union européenne, contrairement à son programme passé.

Cette nuance est importante : le RN a remplacé l’idée d’un « Frexit » par une stratégie de renégociation des traités européens. Une position qui vise à rassurer les électeurs modérés tout en maintenant une ligne ferme sur la souveraineté nationale. Bardella a d’ailleurs résumé sa doctrine économique en trois points : « la liberté d’entreprendre, la souveraineté stratégique de la France et, par-dessus tout, la défense du travail qui paie », lors d’un entretien au Journal du Dimanche.

Un parti en pleine mutation

Le RN, autrefois marginalisé sur la scène politique, a connu une profonde mutation ces dernières années. Sous la direction de Marine Le Pen, puis de Jordan Bardella, le parti a tenté de se « dédiaboliser » en adoptant un discours plus consensuel, tout en conservant ses fondamentaux souverainistes et anti-immigration. La question européenne reste un sujet sensible, mais le RN a su adapter sa rhétorique pour ne pas braquer les électeurs modérés.

La candidature potentielle de Jordan Bardella à la présidentielle de 2027 s’inscrit dans cette logique. En l’absence de Marine Le Pen, empêchée par la justice de se présenter, Bardella apparaît comme le successeur naturel. Son profil jeune et médiatique contraste avec l’image traditionnelle du RN, ce qui pourrait séduire un électorat plus large. Cependant, la question de la crédibilité de ses propositions, notamment sur l’Europe, reste en suspens.

Et maintenant ?

Si Jordan Bardella venait à être candidat en 2027, la question de la place de la France dans l’Union européenne serait au cœur de la campagne. Les prochaines étapes dépendront en grande partie des décisions judiciaires concernant Marine Le Pen, dont l’empêchement pourrait bouleverser la stratégie du RN. Par ailleurs, les élections municipales de 2026, marquées par plusieurs victoires RN, pourraient donner un aperçu des dynamiques locales à l’œuvre. Enfin, la renégociation des traités européens, si elle était mise en avant par Bardella, serait un sujet de débats intenses avec les partenaires européens de la France.

La présidentielle de 2027 s’annonce donc comme un scrutin où les questions de souveraineté et de symboles nationaux joueront un rôle central. Entre les revendications du RN et les réactions des autres forces politiques, le débat sur l’avenir de la France dans l’UE promet d’être vif.

Selon Le Figaro, Bardella justifie cette mesure par un recentrage sur les symboles nationaux. Il estime que l’Élysée, en tant que « maison du peuple français », doit arborer uniquement le drapeau tricolore, considérant que le drapeau européen n’a pas sa place dans ce contexte historique et symbolique.

Non. Jordan Bardella a clairement indiqué que le RN ne souhaite plus la sortie de la France de l’UE. Le parti a remplacé cette idée par une volonté de renégocier les traités européens, une position plus modérée mais toujours souverainiste.