Invitée dimanche 24 mai 2026 du Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat, la présidente du groupe La France Insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a défendu une stratégie ambitieuse pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2027. Selon Le Figaro, elle mise sur un renversement des dynamiques électorales en transformant les faiblesses supposées de l’ancien candidat en atouts majeurs.
Ce qu'il faut retenir
- Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, affirme que Jean-Luc Mélenchon peut compter sur les abstentionnistes et les jeunes pour l’emporter en 2027.
- Elle rejette les critiques sur l’âge et le profil clivant de Mélenchon, soulignant son expérience face aux dirigeants internationaux.
- Un sondage Odoxa place Mélenchon à seulement 14 % d’opinions favorables, le score le plus bas parmi les candidats potentiels.
- Panot rappelle que Emmanuel Macron, élu en 2017 à 39 ans, a « donné un désastre absolu ».
- LFI mise sur une mobilisation des électeurs souvent éloignés des urnes pour inverser la tendance.
Des faiblesses assumées aux forces électorales
Face aux critiques récurrentes sur le caractère « clivant » ou « vieillissant » de Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot a choisi de renverser le discours. « Nous allons faire de toutes nos faiblesses une force », a-t-elle déclaré lors de son intervention télévisée. Pour elle, le quadruple candidat à la présidentielle incarne une alternative crédible face à des adversaires perçus comme alignés sur les intérêts américains. « Je préfère quelqu’un qui a un fort caractère pour parler à Trump, Netanyahou et Poutine à quelqu’un qui s’écrase et qui s’aligne sur les intérêts des États-Unis », a-t-elle lancé, sans détour.
Sur la question de l’âge, pointé du doigt par ses détracteurs, Mathilde Panot a balayé l’argument en invoquant l’expérience passée. « Nous avons essayé le plus jeune président de la Ve République, cela a donné un désastre absolu », a-t-elle rappelé, en référence à l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Une provocation calculée pour déstabiliser ses adversaires, alors que les sondages placent systématiquement Mélenchon en difficulté face au Rassemblement national au second tour.
Un score d’opinion historiquement bas
Pourtant, les chiffres ne plaident pas en faveur de cette stratégie. Selon une enquête Odoxa publiée récemment, Jean-Luc Mélenchon ne recueille que 14 % d’opinions favorables, soit le plus mauvais score parmi tous les candidats potentiels ou déclarés pour 2027. Un résultat qui illustre la défiance persistante à l’égard de l’ancien leader de La France Insoumise, malgré ses quatre campagnes présidentielles. Mathilde Panot a reconnu ce constat, tout en insistant sur le potentiel des abstentionnistes et des jeunes électeurs, souvent sous-représentés dans les enquêtes d’opinion traditionnelles.
« Nous sommes toujours les premiers à être attaqués, mais nous sommes aussi les premiers à rassembler », a-t-elle affirmé, sans fournir de détails sur les mécanismes envisagés pour mobiliser ces franges de l’électorat. Pour l’instant, la campagne de LFI reste centrée sur une rhétorique de rupture, avec l’objectif affiché de fédérer au-delà des clivages traditionnels.
Une opposition frontale aux partis traditionnels
Mathilde Panot a également profité de son passage à la télévision pour tacler les partis de gouvernement, qu’elle accuse de s’être alignés sur les politiques néolibérales. « La gauche manque d’électeurs parce qu’elle manque d’ambition », a-t-elle lancé, en écho aux analyses récentes sur la segmentation électorale de la gauche française. Pour elle, Mélenchon représente une alternative radicale face à un paysage politique qu’elle juge sclérosé, où les candidats modérés peinent à émerger.
Cette posture s’inscrit dans la continuité de la stratégie de LFI, qui mise sur une radicalisation du discours pour séduire les électeurs déçus par les partis établis. Reste à savoir si cette approche suffira à convaincre les abstentionnistes, dont le poids pourrait s’avérer décisif dans une élection où la participation reste un enjeu majeur.
Les prochains mois seront donc cruciaux pour évaluer si la stratégie de Panot – transformer les faiblesses en forces – peut effectivement s’appliquer sur le terrain. Pour l’instant, les sondages restent impitoyables, et les critiques sur le profil de Mélenchon ne faiblissent pas. Reste à voir si l’énergie déployée par LFI suffira à inverser une tendance qui semble, pour l’instant, défavorable.
Mathilde Panot estime que ces deux franges de l’électorat, souvent sous-représentées dans les sondages, pourraient être les clés d’une mobilisation massive en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Elle mise sur leur mécontentement envers les partis traditionnels pour renverser la tendance, malgré les scores historiquement bas de Mélenchon dans les enquêtes d’opinion.