Le Pérou s’apprête à désigner son prochain président lors du second tour de l’élection présidentielle, prévu le 7 juin 2026, selon RFI. Deux candidats s’affrontent pour succéder à Pedro Castillo : Roberto Sanchez, représentant de la gauche rurale, et Keiko Fujimori, figure de la droite conservatrice. Mais la candidature de cette dernière, héritière politique de son père Alberto Fujimori, suscite une opposition marquée dans une partie de la population péruvienne.
Ce qu'il faut retenir
- Le second tour de la présidentielle péruvienne aura lieu le 7 juin 2026, opposant Roberto Sanchez (gauche rurale) à Keiko Fujimori (droite conservatrice).
- Keiko Fujimori, fille de l’ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), incarne une ligne politique autoritaire, ce qui divise l’électorat.
- Les manifestations récentes à Lima reflètent le rejet d’une partie de la population envers sa candidature.
- Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité, purge une peine de 25 ans de prison au Pérou.
Comme le rapporte RFI, la campagne pour le second tour s’est rapidement polarisée autour des figures de Sanchez et Fujimori. Roberto Sanchez, issu des mouvements ruraux, mise sur une plateforme axée sur les réformes sociales et la redistribution des richesses, tandis que Keiko Fujimori défend une ligne sécuritaire et économique libérale, héritée de son père. Pourtant, son nom reste associé à une période controversée de l’histoire péruvienne, marquée par des violations des droits humains et une gouvernance autoritaire sous Alberto Fujimori.
La candidature de Keiko Fujimori, candidate à trois reprises à la présidence, cristallise les tensions. Elle a été battue lors des deux précédents scrutins, en 2011 face à Ollanta Humala, puis en 2016 contre Pedro Pablo Kuczynski. Son retour en 2021, où elle a perdu face à Castillo au second tour dans un scrutin serré, avait déjà provoqué des mobilisations. Cette fois, les manifestations contre sa candidature se multiplient avant même le vote du 7 juin. À Lima, des groupes de citoyens ont défilé ces dernières semaines pour dénoncer son programme et son héritage politique.
Le poids du passé pèse lourd dans cette campagne. Alberto Fujimori, dont Keiko se revendique, a dirigé le Pérou d’une main de fer entre 1990 et 2000. Son mandat, marqué par la lutte contre les groupes armés comme le Sentier lumineux, s’est aussi accompagné de scandales de corruption, de violations des droits humains et de la stérilisation forcée de milliers de femmes indigènes. Condamné à 25 ans de prison pour crimes contre l’humanité et corruption, il est toujours incarcéré à la prison de Barbadillo, près de Lima.
« Ma candidature est une continuité avec l’œuvre de mon père, qui a sauvé le Pérou de la crise économique et du terrorisme », a affirmé Keiko Fujimori lors d’un meeting à Arequipa début mai, selon RFI. Elle a ajouté que son programme s’appuyait sur la stabilité macroéconomique et le renforcement des forces de l’ordre. Pourtant, ses détracteurs lui reprochent de minimiser les crimes de l’ère Fujimori et de promouvoir un retour à des méthodes autoritaires.
De son côté, Roberto Sanchez mise sur un discours résolument ancré dans les revendications sociales. « Le Pérou a besoin d’une rupture avec les politiques néolibérales qui ont creusé les inégalités », a-t-il déclaré lors d’un débat télévisé diffusé le 20 mai. Son programme prévoit notamment une réforme agraire, l’augmentation du salaire minimum et la renégociation des contrats miniers avec les multinationales. Ces propositions séduisent une partie de l’électorat rural et des classes populaires, traditionnellement marginalisées.
Les réactions internationales seront également à suivre. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont déjà exprimé leur inquiétude face à une éventuelle victoire de Fujimori, craignant un retour en arrière sur les avancées démocratiques. De son côté, la communauté économique internationale surveillera de près la stabilité du pays, le Pérou étant un acteur clé de l’industrie minière en Amérique latine.
Keiko Fujimori est la fille d’Alberto Fujimori, ancien président du Pérou (1990-2000) condamné à 25 ans de prison pour crimes contre l’humanité, corruption et violations des droits humains. Son héritage politique divise une partie de la population, qui lui reproche de défendre un modèle autoritaire et de minimiser les exactions commises sous le régime de son père, notamment les stérilisations forcées de milliers de femmes indigènes et les opérations anti-terroristes controversées.
Roberto Sanchez propose une politique axée sur la justice sociale : réforme agraire, augmentation du salaire minimum, renégociation des contrats miniers avec les multinationales, et investissements dans les services publics. Son discours s’adresse particulièrement aux populations rurales et aux classes populaires, historiquement marginalisées au Pérou.