Alors que le Premier ministre avait promis une baisse significative du prix des carburants dès le rétablissement de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, la situation reste préoccupante dans de nombreuses stations-service en France. Malgré les dispositifs d’aide mis en place par l’État, la hausse des tarifs à la pompe pèse lourdement sur les ménages et les entreprises. Selon Capital, certaines petites et moyennes entreprises, notamment celles fournissant un véhicule de fonction à leurs salariés avec le carburant, se tournent vers le télétravail pour alléger leurs charges.
Ce qu'il faut retenir
- Les PME offrant des véhicules de fonction avec carburant subissent de plein fouet la hausse des prix des carburants, malgré les aides gouvernementales.
- Certaines entreprises incitent leurs salariés à télétravailler pour réduire les frais de déplacement.
- Une économie de 20 % sur les coûts de carburant est évoquée par un directeur d’exploitation.
- Des salariés, comme Ingrid, agent commercial international, télétravaillent déjà trois jours par semaine pour limiter les dépenses.
Une mesure inspirée des années Covid pour faire face à la crise énergétique
Le retour du télétravail dans certaines PME rappelle les pratiques mises en place pendant la pandémie de Covid-19. À l’époque, les confinements avaient imposé un recours massif au travail à distance, limitant drastiquement les déplacements professionnels. Aujourd’hui, cette solution est réactivée, non par contrainte sanitaire, mais par nécessité économique. Les entreprises, confrontées à des coûts de carburant en forte hausse, cherchent à réduire leurs dépenses sans pour autant rogner sur les salaires ou les embauches.
Parmi elles, Ingrid, agent commercial international, a vu son employeur lui proposer de télétravailler trois jours par semaine. « Cela représente des centaines d’euros économisés chaque mois », explique-t-elle. Avant cette mesure, son entreprise finançait cinq pleins de carburant par mois pour ses déplacements professionnels. Une économie directe pour l’employeur, qui supporte désormais une partie réduite des frais de déplacement.
Les PME en première ligne face à la flambée des prix
Les petites et moyennes entreprises, moins armées financièrement que les grands groupes pour absorber la hausse des coûts énergétiques, sont particulièrement touchées. Seydoux Keita, directeur d’exploitation d’une société d’affrètement, a pris la décision de généraliser le télétravail pour ses salariés. « Cette politique nous permettrait de réaliser une économie sur les coûts de carburant des sociétés et des véhicules de société de l’ordre de 20 %, ce qui n’est pas négligeable », a-t-il déclaré à Capital. Il précise que cette mesure restera en vigueur même en cas de légère baisse des prix à la pompe.
Dans un contexte où les aides de l’État peinent à compenser la flambée des prix, les entreprises doivent trouver des solutions internes pour préserver leur compétitivité. Le télétravail, bien que moins systématique qu’au plus fort de la crise sanitaire, s’impose comme une alternative viable pour limiter l’impact des coûts énergétiques sur leur trésorerie.
Un impact contrasté sur les salariés
Si le télétravail permet aux entreprises de réaliser des économies substantielles, son impact sur les salariés est plus nuancé. Pour certains, comme Ingrid, cette organisation offre un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, tout en réduisant les dépenses liées aux trajets quotidiens. « C’est une économie de taille pour mon patron, mais aussi pour moi, qui n’ai plus à supporter les frais de carburant », confie-t-elle.
Cependant, tous les postes ne se prêtent pas au télétravail, notamment ceux nécessitant une présence physique régulière. Les entreprises doivent donc trouver un équilibre entre les impératifs économiques et les besoins opérationnels, tout en tenant compte du bien-être de leurs collaborateurs. Certaines, comme celle dirigée par Seydoux Keita, optent pour une approche flexible, laissant leurs salariés en télétravail plusieurs jours par semaine, tout en maintenant des jours de présence au bureau pour les réunions ou les tâches ne pouvant être effectuées à distance.
Un débat plus large sur l’avenir du télétravail en France
Cette tendance interroge sur l’avenir du télétravail en France, deux ans après la fin des restrictions liées à la pandémie. Selon une étude citée par Capital, seules 9 % des entreprises ont réduit ou supprimé cette pratique en 2025. Les autres ont maintenu ou même renforcé le recours au travail à distance, notamment pour des raisons d’économie. Ce phénomène pourrait s’inscrire dans la durée, transformant durablement les modes d’organisation du travail dans les PME et les grands groupes.
Parallèlement, les pouvoirs publics sont attendus sur leur capacité à soutenir les ménages et les entreprises face à la hausse des prix de l’énergie. Les mesures d’aide, comme le bouclier tarifaire, restent limitées dans le temps et ne couvrent pas l’ensemble des besoins. Dans ce contexte, le télétravail pourrait bien devenir une norme plutôt qu’une exception, du moins tant que les prix des carburants resteront élevés.
Non, le télétravail reste une mesure incitative et non une obligation légale. Les entreprises qui l’adoptent le font sur une base volontaire, généralement après consultation des salariés et des représentants du personnel. Aucune disposition du Code du travail n’impose le télétravail, même en cas de crise économique ou de hausse des prix de l’énergie.
Les entreprises qui ne peuvent pas opter pour le télétravail doivent explorer d’autres solutions pour réduire leurs coûts de carburant. Parmi elles figurent l’optimisation des tournées, le covoiturage pour les déplacements professionnels, ou encore le recours aux transports en commun lorsque cela est possible. Certaines sociétés renégocient également leurs contrats avec les fournisseurs de carburant pour bénéficier de tarifs préférentiels.
