Alors que le conflit au Moyen-Orient semble s’être apaisé, les prix du pétrole peinent à redescendre à des niveaux comparables à ceux d’avant la crise. Invité aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ce samedi 4 juillet, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, a estimé qu’il faudrait entre « trois à quatre mois » pour que le marché pétrolier « réussisse à se reréguler ». Selon le Figaro, cette lenteur s’explique par les perturbations persistantes liées au blocus du détroit d’Ormuz et à une offre excédentaire en pétrole brut.

Ce qu’il faut retenir

  • Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, évoque un délai de « trois à quatre mois » pour une rerégulation du marché pétrolier après la fin du conflit au Moyen-Orient, selon Le Figaro.
  • Les prix du pétrole brut s’effondrent en raison d’un stock excédentaire au Moyen-Orient, mais les carburants raffinés restent chers en raison de marges de raffinage élevées.
  • Le blocus du détroit d’Ormuz complique l’acheminement des tankers, dissuadant de nombreux armateurs malgré la fin des hostilités.
  • Les prix de l’essence et du diesel oscillent entre 95 et 100 dollars le baril, en raison de stocks de raffineries toujours « très bas ».
  • TotalEnergies refuse de parler de pénurie, mais souligne la fragilité des approvisionnements en produits pétroliers raffinés.

Un marché pétrolier encore sous tension malgré la fin du conflit

Si les combats au Moyen-Orient ont officiellement cessé, les répercussions sur le marché du pétrole persistent. « On a toujours un problème pour acheminer des tankers vers le détroit d’Ormuz », a déclaré Patrick Pouyanné lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, selon Le Figaro. Les armateurs, encore réticents à prendre le risque d’affréter des navires dans cette zone, freinent les échanges maritimes. Pourtant, les producteurs du Moyen-Orient, dont les réserves sont saturées, bradent désormais leur pétrole pour écouler leurs stocks. Résultat : les prix du brut « s’effondrent », a-t-il précisé.

Cette situation paradoxale s’explique par la lenteur des mécanismes de rééquilibrage du marché. « Il faut attendre que la mécanique se remette en route », a-t-il ajouté. Les acteurs du secteur doivent désormais composer avec des stocks surabondants et une logistique encore perturbée, autant d’éléments qui prolongent la période d’incertitude.

Des carburants raffinés toujours chers, malgré la baisse du brut

Si le prix du pétrole brut chute, celui des carburants raffinés, comme l’essence et le diesel, ne suit pas la même tendance. « Ce qui n’est pas bradé du tout, ce sont les prix pratiqués dans les raffineries », a souligné Patrick Pouyanné. Les stocks de produits finis restent « très bas », ce qui maintient les prix à la pompe entre 95 et 100 dollars le baril. « Il manque de produit pétrolier », a-t-il résumé, sans pour autant parler de pénurie.

Cette situation s’explique par la somme de deux facteurs : d’un côté, la baisse des prix du brut, et de l’autre, l’augmentation des marges de raffinage. « Ce qui fait qu’aujourd’hui, les prix de l’essence, du diesel, oscillent toujours entre 95 à 100 dollars du baril », a-t-il détaillé. Pour le PDG de TotalEnergies, cette configuration est « assez étonnante », d’autant que les raffineries peinent à reconstituer leurs réserves.

Le blocus d’Ormuz et ses conséquences indirectes

Le détroit d’Ormuz, point de passage obligatoire pour une partie majeure des exportations de pétrole du Moyen-Orient, reste au cœur des tensions logistiques. « Les armateurs ne sont pas encore prêts à prendre le risque » d’y affréter des navires, a expliqué Patrick Pouyanné, selon Le Figaro. Cette prudence se traduit par une réduction des flux maritimes, alors même que les producteurs locaux cherchent à vendre leur pétrole à tout prix.

« Les producteurs du Moyen-Orient ont tellement rempli leur stock qu’ils sont, aujourd’hui, désespérés de vendre leur pétrole, et le bradent », a-t-il poursuivi. Cette dynamique a pour effet de faire chuter les cours du brut, sans pour autant soulager les consommateurs. Les raffineries, en aval de la chaîne, continuent de subir la pression des coûts et des approvisionnements erratiques.

Et maintenant ?

D’ici trois à quatre mois, le marché pétrolier pourrait retrouver un équilibre, à condition que les tensions géopolitiques ne reprennent pas. Patrick Pouyanné a insisté sur ce point : « Sous réserve que les belligérants ne reprennent pas le conflit. » D’ici là, les consommateurs devront composer avec des prix à la pompe qui resteront élevés, en raison des marges de raffinage toujours fortes et des stocks bas dans les raffineries. Une situation qui rappelle la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales face aux crises.

Les prochaines semaines seront donc décisives pour évaluer si le marché parvient à absorber l’excédent de brut sans nouvelle perturbation. Les producteurs, comme les consommateurs, restent suspendus à l’évolution des stocks et à la réouverture complète du détroit d’Ormuz aux navires marchands.

Les prix à la pompe restent élevés en raison de plusieurs facteurs : d’une part, les marges de raffinage ont augmenté, et d’autre part, les stocks de carburants raffinés (essence, diesel) restent faibles dans les raffineries. Ainsi, même si le prix du baril de pétrole brut baisse, le coût final à la pompe ne suit pas la même tendance, comme l’a expliqué Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, selon Le Figaro.