Quatre militants, poursuivis pour avoir organisé une manifestation illégale en mars 2023 à Sainte-Soline, ont comparu devant la cour d’appel de Poitiers le 27 mai 2026. Selon Reporterre, la procureure a requis des peines allant jusqu’à six mois de prison avec sursis à leur encontre. Cet épisode judiciaire s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour du projet controversé de mégabassines, symboles d’une opposition croissante entre politiques agricoles et défenseurs de l’environnement.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre militants poursuivis pour « organisation de manifestation illégale » lors d’un rassemblement à Sainte-Soline en mars 2023 ont comparu devant la cour d’appel de Poitiers le 27 mai 2026.
- La procureure a réclamé des peines pouvant aller jusqu’à six mois de prison avec sursis.
- Une mobilisation de 200 personnes, dont des tracteurs de la Confédération paysanne, a eu lieu devant le palais de justice de Poitiers à l’occasion de l’audience.
- Le mouvement anti-mégabassines, né dans les Deux-Sèvres, reste actif malgré les poursuites judiciaires et les condamnations antérieures.
- Cette affaire illustre les conflits autour des projets agricoles jugés destructeurs pour les ressources en eau.
Une audience sous haute tension à Poitiers
Mercredi 27 mai, vers midi, une centaine de manifestants s’est rassemblée devant le palais de justice de Poitiers sous un soleil écrasant. Selon le récit de Reporterre, les tracteurs de la Confédération paysanne ont fait irruption dans le parc en face du tribunal, accueillis par des applaudissements nourris. L’ambiance, à la fois solennelle et combative, reflétait l’importance symbolique de cette audience pour le mouvement anti-mégabassines. Les militants présents ont tenu à marquer leur soutien aux quatre accusés, dont les noms n’ont pas été précisés dans l’immédiat.
Les poursuites engagées contre ces figures du mouvement s’ajoutent à une série de procédures judiciaires visant à démanteler, selon leurs détracteurs, les structures organisatrices des mobilisations. Depuis plusieurs années, les rassemblements contre les mégabassines — ces réserves d’eau géantes destinées à l’irrigation intensive — se heurtent à une répression accrue de la part des autorités. À Sainte-Soline, où l’un des projets les plus médiatisés devait voir le jour, les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont marqué les esprits, notamment lors de la grande manifestation de 2023.
Un mouvement qui dépasse les individus poursuivis
Comme le rappelle Reporterre, les quatre militants mis en cause ne sont que des « supposés leaders » dans un mouvement bien plus large. Les organisations paysannes, les associations environnementales et des collectifs citoyens dénoncent une stratégie de l’État visant à criminaliser la contestation. « Condamner quelques figures n’éteindra pas ce mouvement », a souligné un porte-parole de la Confédération paysanne, présent lors du rassemblement du 27 mai. Le syndicat agricole, qui milite pour une agriculture paysanne et respectueuse de l’environnement, a réaffirmé son opposition aux mégabassines, qu’il considère comme une aberration écologique et sociale.
Cette audience intervient alors que le débat sur la gestion de l’eau en France s’intensifie. Les projets de mégabassines, soutenus par certains acteurs de l’agro-industrie, sont présentés comme une solution aux sécheresses répétées. Pourtant, leurs détracteurs y voient une fuite en avant, favorisant une agriculture intensive au détriment des besoins des territoires et des écosystèmes. Les recours juridiques et les mobilisations citoyennes se multiplient, mais les décisions politiques tardent à trancher clairement en faveur d’un modèle alternatif.
Une question reste en suspens : la répression judiciaire suffira-t-elle à éteindre une contestation qui touche désormais plusieurs régions ? Autant dire que le bras de fer entre l’État et les opposants aux mégabassines est loin d’être terminé.