Un nouveau chapitre s’ouvre ce lundi à Oakland, en Californie, dans l’une des affaires les plus médiatisées de la Silicon Valley. Selon Le Figaro, le procès opposant Elon Musk à OpenAI, cofondée il y a dix ans par l’homme d’affaires et Sam Altman, s’ouvre devant un tribunal fédéral. Musk reproche au laboratoire, transformé en entreprise commerciale depuis, d’avoir modifié sa structure initiale à but non lucratif et de l’avoir privé de retombées financières.

Ce qu'il faut retenir

  • Un procès opposant Elon Musk à OpenAI s’ouvre ce 27 avril 2026 à Oakland (Californie), selon Le Figaro.
  • Musk réclame 134 milliards de dollars de dédommagements, estimant avoir été lésé lors de sa sortie du projet en 2018.
  • OpenAI, initialement un laboratoire à but non lucratif, est devenu une entreprise commerciale valorisée à plus de 850 milliards de dollars.
  • Entre 2016 et 2020, Musk aurait injecté environ 38 millions de dollars dans OpenAI, avant de claquer la porte en 2018.
  • Sam Altman, actuel PDG, et Musk s’affrontent devant un tribunal fédéral californien dans un dossier aux enjeux financiers et symboliques majeurs.

Un conflit né d’un changement de cap stratégique

Tout commence en 2015 lorsque Elon Musk, aux côtés de Sam Altman et d’autres personnalités de la tech, fonde OpenAI. À l’époque, l’objectif est clair : créer un laboratoire de recherche en intelligence artificielle, indépendant des géants du secteur et à but non lucratif. Pourtant, dès 2018, Musk quitte le projet, critiquant déjà une dérive commerciale. Selon les documents judiciaires, il aurait investi environ 38 millions de dollars entre 2016 et 2020, une somme qui lui semble aujourd’hui largement sous-évaluée au regard de la valorisation actuelle d’OpenAI.

Depuis son départ, OpenAI a opéré une transformation radicale. Initialement conçu comme une structure philanthropique, le laboratoire est devenu une entreprise à part entière, développant des modèles d’IA comme ChatGPT. Sa valorisation atteint désormais plus de 850 milliards de dollars, et l’entreprise prépare même son entrée en Bourse. Pour Musk, cette évolution est une trahison des principes fondateurs. Dans une interview accordée au Financial Times en janvier 2026, il avait résumé la situation : « On m’a fait croire à un rêve, et on m’a vendu un cauchemar. »

Des enjeux financiers et symboliques colossaux

Le montant demandé par Musk, 134 milliards de dollars, dépasse largement les standards des litiges commerciaux. À titre de comparaison, cette somme équivaut à près de deux fois le budget annuel de la NASA. D’après les pronostics en ligne, les chances de victoire de Musk, évaluées à 57 % en janvier 2026, ont depuis chuté à 40 % sur la plateforme Kalshi, reflétant l’incertitude qui entoure ce procès. Pourtant, au-delà des chiffres, c’est la légitimité même d’OpenAI qui est en jeu.

Pour les observateurs, ce procès est bien plus qu’un simple conflit entre deux personnalités. Il interroge la gouvernance des entreprises technologiques, entre éthique et profit. Comme le souligne Le Figaro, « ce n’est pas seulement une question d’argent, mais de vision ». OpenAI argue que sa transformation était nécessaire pour rivaliser avec des concurrents comme Google ou Meta, et financer des projets d’IA à grande échelle. Musk, lui, dénonce une instrumentalisation de son engagement initial.

« OpenAI n’est plus ce qu’il prétendait être. Ce n’est plus un laboratoire de recherche, mais une machine à profits. »
Elon Musk, cofondateur d’OpenAI, dans une déclaration à la presse en mars 2026

Un procès sous le feu des projecteurs médiatiques

Dès l’annonce de l’ouverture du procès, les médias américains se sont emparés du sujet, transformant l’affaire en un véritable « soap opera de la tech », selon les termes de plusieurs analystes. Les réseaux sociaux bruissent déjà de spéculations, tandis que les paris en ligne se multiplient. Les pronostics de Kalshi, une plateforme spécialisée, donnent désormais 57 % de chances de victoire à Sam Altman, contre 40 % pour Musk, reflétant peut-être une perception plus favorable de la défense d’OpenAI.

Pourtant, au-delà du spectacle, ce procès pourrait avoir des répercussions bien plus larges. Si Musk obtient gain de cause, cela pourrait contraindre OpenAI à revoir sa gouvernance ou à verser des dédommagements colossaux, risquant de freiner son expansion. À l’inverse, une victoire d’OpenAI renforcerait la légitimité des entreprises technologiques à opérer sous une forme commerciale, malgré leurs origines à but non lucratif.

Et maintenant ?

Le procès, qui s’annonce long et technique, pourrait s’étaler sur plusieurs mois. Les audiences devraient se concentrer sur deux axes principaux : d’une part, la question de la gouvernance initiale d’OpenAI et de la légitimité de sa transformation, d’autre part, l’évaluation des contributions financières de Musk. Une décision de justice n’est pas attendue avant la fin de l’année 2026, selon les estimations des avocats spécialisés. En attendant, le secteur de l’IA reste sous haute tension, conscient que l’issue de ce procès pourrait redéfinir les règles du jeu pour les années à venir.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : ce procès marque un tournant dans l’histoire de la tech. Il rappelle que les rêves fondateurs peuvent parfois se heurter aux réalités du marché, et que les conflits d’intérêts ne sont jamais bien loin lorsque des milliards de dollars sont en jeu.

Musk estime avoir été lésé lors de sa sortie d’OpenAI en 2018. Il aurait injecté environ 38 millions de dollars entre 2016 et 2020 dans le laboratoire, initialement à but non lucratif. Selon lui, la transformation d’OpenAI en entreprise commerciale et sa valorisation actuelle de plus de 850 milliards de dollars justifient cette demande colossale, qu’il considère comme un dédommagement pour son engagement initial.

Sam Altman, cofondateur et actuel PDG d’OpenAI, est l’un des principaux protagonistes du procès. Il défend la transformation d’OpenAI en entreprise commerciale, arguant que cette évolution était nécessaire pour financer des projets d’IA à grande échelle et rivaliser avec des géants comme Google ou Meta. Pour Altman, le procès relève davantage d’un conflit personnel que d’une question juridique.