D'après Le Figaro, le projet de consigne pour le recyclage des bouteilles plastiques suscite une vive opposition des collectivités locales, qui accusent les lobbies industriels d'avoir influencé l'État et dénoncent une mesure jugée surtout favorable aux producteurs.
Les lobbies des bouteilles plastiques « se sont installés au cœur de l'État » et le projet de consigne pour recyclage du gouvernement est pour eux une « machine à cash », dénonce Jean-François Debat, président délégué de l'association Villes de France, qui en appelle à l'arbitrage du premier ministre.
Ce qu'il faut retenir
- Le projet de consigne pour les bouteilles plastiques vise à rattraper le retard de la France sur les objectifs européens de recyclage.
- Les collectivités locales estiment que cette mesure est une fausse solution et craignent de perdre 400 millions d'euros de recettes liées à la revente des matériaux à recycler.
- Le gouvernement rappelle que la France verse chaque année une amende de 1,5 milliard d'euros à Bruxelles parce qu'elle ne recycle que 26% de ses emballages plastiques.
Contexte et enjeux
À la demande d'Emmanuel Macron, le gouvernement a lancé fin mai une concertation afin d'instaurer une consigne sur les bouteilles en plastique. Mais les collectivités estiment qu'il s'agit d'une fausse solution, les bouteilles figurant déjà parmi les emballages plastiques les mieux recyclés, alors que l'objectif devrait être de réduire le volume de plastique en circulation.
Les collectivités évaluent entre 1,8 et 3,5 milliards d'euros d'investissements la mise en place de 60 000 à 120 000 automates de collecte. « Ce coût sera amorti par les 250 millions d'euros par an qui correspondront aux bouteilles non ramenées, ce qui veut dire qu'en quelques années, cela deviendra une machine à cash pour les producteurs de bouteilles », a estimé Jean-François Debat.
Reactions et déclarations
« On essaye de nous imposer un système qui n'est bénéfique pour personne, hormis pour les producteurs de bouteilles », a expliqué le maire PS de Bourg-en-Bresse, pour qui il s'agit d'un « casus belli ». « Des lobbies très puissants se sont installés au coeur de l'État, parce qu'il n'est pas possible que ce sujet qui a déjà été écarté deux fois (...) revienne une troisième fois », a-t-il insisté, appelant le premier ministre à « se saisir du sujet ».
Le gouvernement rappelle que la France verse chaque année une amende d'1,5 milliard d'euros à Bruxelles parce qu'elle ne recycle que 26% de ses emballages plastiques, alors que l'Union européenne exige un taux de 50%. « C'est un gros mensonge », balaye Jean-Francois Debat, pour qui les bouteilles plastiques ne représentent que « 380 000 tonnes sur un total de 5 millions de tonnes d'emballages plastiques mis sur le marché en France ».
En tout état de cause, ce projet de consigne pour les bouteilles plastiques soulève des questions plus larges sur la gestion des déchets et la protection de l'environnement en France. Il est essentiel de trouver des solutions efficaces pour réduire le volume de plastique en circulation et promouvoir le recyclage, tout en tenant compte des intérêts des collectivités locales et des producteurs.