Alors que le Paris Saint-Germain s’apprête à affronter Arsenal en finale de la Ligue des champions ce samedi 30 mai 2026, un phénomène insolite se dessine dans la capitale française. Malgré les couleurs bleu et blanc du club local, certains supporters ont choisi de soutenir le club londonien, héritiers d’une histoire footballistique marquée par la « French Touch » des années Wigner-Henry. Selon RMC Sport, cette saison exceptionnelle pour les Gunners, sacrés champions d’Angleterre pour la première fois depuis 2004, a renforcé cette passion atypique chez les Français. Les jours de match, le bar The Lions, situé dans le XIIIe arrondissement de Paris, se transforme en véritable repaire des supporters d’Arsenal. Les frères Shant et Khadjad, propriétaires de l’établissement, n’hésitent pas à qualifier l’endroit de « QG », une référence humoristique à l’Emirates Stadium, antre du club londonien. Ce samedi, alors que le PSG affronte les Gunners à Budapest, ces fans français seront au rendez-vous, certains avec un maillot moitié bleu moitié rouge, symbole de leur indécision.
Ce qu'il faut retenir
- Une quarantaine de supporters français d’Arsenal se rassemblent régulièrement au bar The Lions à Paris, selon RMC Sport.
- Leur attachement au club londonien remonte aux années 2000, marquées par la présence de joueurs français comme Thierry Henry, Patrick Vieira ou Robert Pirès.
- Arsenal a remporté le championnat anglais pour la première fois depuis 2004, offrant à ses fans français une saison historique.
- La finale de la Ligue des champions opposera le PSG, tenant du titre, à Arsenal, le 30 mai 2026 à Budapest.li>
- Certains supporters français ont confectionné des maillots mixtes PSG-Arsenal pour ne pas trahir leurs deux clubs de cœur.li>
Des supporters français nés dans l’ère des Frenchies
Pour comprendre cet engouement, il faut remonter aux années 2000, période dorée où Arsenal dominait le football européen sous les ordres d’Arsène Wenger. Thierry Henry, en particulier, a marqué toute une génération. « Mon grand-père m’a éduqué autour d’Arsène Wenger et Thierry Henry », raconte Benjamin, vêtu du maillot extérieur d’Arsenal de la saison 2011-2012. Pierre, un autre habitué du bar, confirme : « Thierry Henry a toujours été mon joueur préféré. J’étais pour le club où il jouait, donc Arsenal, et ça ne m’a pas quitté. C’est l’enfance, on ne s’en débarrasse jamais. » Derrière le comptoir, Shant abonde dans ce sens : « On a commencé à suivre l’équipe à l’époque des Frenchies, des Vieira, Pirès, Henry… Il y a une histoire qui est attachée à la France. » Ce lien émotionnel explique pourquoi, malgré la rivalité naturelle avec le PSG, certains supporters français n’hésitent pas à arborer le maillot rouge des Gunners. Pour eux, c’est une question de fidélité à une époque révolue, mais aussi à un style de jeu qui les a fait vibrer.
Une saison historique pour Arsenal, un rêve pour ses fans français
Cette année, Arsenal a remporté le championnat anglais, mettant fin à 22 ans de disette. Pour ses supporters français, cette consécration est un véritable cadeau. « Cette année, c’était crispant… J’ai regardé tous les matchs et quand je ne pouvais pas les voir en direct, je mettais le replay, seul chez moi à minuit sans connaître le résultat », confie Pierre, maillot floqué du nom de Declan Rice. « Je n’avais jamais vu Arsenal champion, c’est le cadeau de mes 30 ans. » Dans le bar The Lions, l’ambiance était électrique lorsque les Gunners ont scellé leur titre en s’imposant 2-1 face à Crystal Palace lors de la dernière journée. « Come on you Gunners ! Arsenal forever ! » scandaient les supporters, fumigènes à la main. « Gare aux Anglais », a prévenu l’un d’eux, préfigurant le choc à venir avec le PSG. Pour ces Français, la finale de la Ligue des champions est bien plus qu’un match : c’est l’aboutissement d’une passion née il y a plus de vingt ans.
Entre fidélité et déchirement : le casse-tête des supporters partagés
Certains supporters, comme Johan, sont tiraillés entre leurs deux clubs de cœur. « Ce sont les deux clubs que j’ai suivis depuis tout petit, qui m’ont fait aimer le foot », explique-t-il. « Arsenal, c’est Henry, Pirès, Vieira et tous les Frenchies. Et le PSG parce que je suis né à Paris, c’est le club de ma ville. » Johan reconnaît une légère préférence pour les Gunners, mais pour d’autres, le choix est impossible. Thomas, originaire de la région parisienne, a trouvé une solution originale : il portera un maillot moitié PSG, moitié Arsenal pour la finale. « C’est ma femme qui l’a cousu exprès. On ne peut pas choisir entre sa femme et sa maman, et c’est exactement pareil pour le PSG et Arsenal. » D’autres, en revanche, n’ont aucun doute. « Le PSG, je n’en ai rien à cirer. Le 30, le cœur sera rouge », s’égosille Étienne, verre à la main. « Je serai l’antagoniste suprême, je serai avec mon maillot d’Arsenal sur les épaules. »
« Pour eux, c’est une question de fidélité à une époque révolue, mais aussi à un style de jeu qui les a fait vibrer. »
Un match sous tension pour les Parisiens
Si les supporters français d’Arsenal seront majoritaires dans les tribunes, le PSG part avec le statut de favori. Selon le super ordinateur Opta, les Parisiens ont 52 % de chances de l’emporter. Pourtant, les Gunners peuvent compter sur une dynamique exceptionnelle, portée par une défense solide et un milieu de terrain en feu. La question des coups de pied arrêtés, point faible récurrent du PSG, pourrait également jouer en faveur d’Arsenal. Pour les Français, cette finale est l’occasion de voir s’affronter deux philosophies footballistiques : celle d’Arsène Wenger, axée sur la formation et le beau jeu, contre celle du PSG, plus pragmatique et axée sur les résultats. « Les Parisiens sont prévenus, gare aux Anglais », a lancé un supporter après la victoire d’Arsenal en Premier League. Et pour cause : avec des joueurs comme William Saliba, Declan Rice ou Bukayo Saka, les Gunners ont de quoi rivaliser avec les champions d’Europe en titre.
Dans les rues de Paris, comme dans le bar The Lions, les débats font rage. Certains espèrent une victoire du PSG pour fêter le sacre dans leur ville, d’autres rêvent d’un exploit d’Arsenal, symbole d’une fidélité à toute épreuve. Une chose est sûre : cette finale laissera des traces, bien au-delà des pelouses.
Leur attachement à Arsenal remonte aux années 2000, période où des joueurs français comme Thierry Henry, Patrick Vieira ou Robert Pirès ont brillé sous les couleurs des Gunners. Cette « French Touch » a laissé une empreinte durable chez ces supporters, bien au-delà des rivalités actuelles.
Arsenal a remporté le championnat anglais pour la première fois depuis 2004, mettant fin à 22 ans de disette. En Ligue des champions, les Gunners ont éliminé des clubs comme le Bayern Munich avant de se qualifier pour la finale.