Pour sa 22ᵉ édition, le festival Quais du polar, qui s’ouvre à Lyon ce 3 avril 2026, propose une création originale signée à quatre mains par l’autrice islandaise Eva Björg Ægisdóttir et l’écrivain français Jérôme Loubry. Le résultat, un court polar intitulé « Exil(s) islandais », mêle intrigue policière et réflexion sur la condition des exilés, entre Reykjavik et Lyon, comme le rapporte Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Le festival Quais du polar lance sa 22ᵉ édition le 3 avril 2026 à Lyon.
  • L’autrice islandaise Eva Björg Ægisdóttir et l’écrivain français Jérôme Loubry signent un polar à quatre mains, intitulé « Exil(s) islandais ».
  • Ce texte explore les parcours d’exilés à travers une intrigue policière ancrée entre Reykjavik et Lyon.
  • L’œuvre sera dévoilée lors du festival, offrant une plongée dans les tensions géographiques et culturelles du genre noir.

Selon Libération, cette collaboration franco-islandaise s’inscrit dans une volonté de croiser les sensibilités littéraires des deux pays. Eva Björg Ægisdóttir, déjà reconnue pour ses romans policiers islandais, apporte une atmosphère glaciale et une rigueur narrative typique du Nord, tandis que Jérôme Loubry, auteur de polars urbains, enrichit le récit d’une dimension plus sociale et contemporaine.

Le titre « Exil(s) islandais » ne doit pas tromper : l’intrigue ne se limite pas à l’Islande. Elle s’étend jusqu’à Lyon, ville hôte du festival, où les personnages principaux, des exilés en quête d’asile, voient leurs destins s’entremêler à ceux des enquêteurs locaux. Autant dire que l’œuvre joue sur les contrastes entre deux mondes – l’un islandais, sauvage et isolé, l’autre lyonnais, dense et cosmopolite – pour interroger la place de l’individu dans un monde en mouvement.

« Nous voulions montrer comment l’exil peut prendre des formes différentes selon les lieux, mais aussi comment le polar peut servir de miroir à ces parcours brisés. »
Eva Björg Ægisdóttir et Jérôme Loubry, d’après Libération

Si l’Islande est souvent perçue comme un havre de paix et de nature préservée, le pays n’est pas épargné par les questions migratoires, notamment depuis la crise des réfugiés de 2015. À l’inverse, Lyon, ville de tradition ouvrière et d’accueil, incarne une autre forme d’exil, celui des parcours intérieurs et des fractures sociales. C’est cette dualité que les deux auteurs explorent dans leur texte, en s’appuyant sur des faits réels et des témoignages recueillis auprès d’associations locales.

La genèse de ce projet remonte à plusieurs mois de travail commun, entre échanges par visioconférence et rencontres à Reykjavik puis à Lyon. Les deux écrivains ont ainsi pu confronter leurs visions respectives du polar, tout en intégrant des éléments culturels spécifiques à chaque pays. Libération souligne que l’enjeu était de ne pas tomber dans le cliché du « polar nordique » froid et distant, mais de proposer une œuvre ancrée dans le réel, avec ses contradictions et ses espoirs.

Le festival Quais du polar 2026, qui se tiendra du 3 au 5 avril, propose déjà une programmation riche, avec des rencontres, des débats et des lectures. La présentation de « Exil(s) islandais » s’inscrit dans une volonté de diversifier les formats et les collaborations internationales, comme en témoigne également la présence d’auteurs scandinaves et africains cette année.

Et maintenant ?

La publication de « Exil(s) islandais » pourrait donner lieu à une édition imprimée ou numérique dans les mois à venir, selon les retours du public et des éditeurs présents sur place. Par ailleurs, les organisateurs du festival envisagent d’étendre ce type de collaborations transnationales dans les prochaines éditions, avec l’objectif de mettre en lumière des récits où le polar sert de caisse de résonance aux enjeux contemporains.

Reste à voir si cette expérience inspirera d’autres duos d’auteurs, ou si elle restera une parenthèse littéraire originale. Une chose est sûre : le genre noir continue de se réinventer, entre héritage classique et urgences sociétales.

Alors que le festival bat son plein, une question persiste : comment le polar, souvent associé à des enquêtes individuelles, peut-il encore évoluer pour refléter les crises collectives de notre époque ?