Quatre responsables syndicaux et porte-parole des opposants aux bassines agricoles comparaissent en appel à partir de ce mercredi 27 mai 2026 devant la cour d’appel de Poitiers. Selon Ouest France, ils sont poursuivis pour avoir organisé une « manifestation illégale » le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, un rassemblement marqué par de violents affrontements autour du chantier d’une réserve d’irrigation agricole.

La manifestation, interdite par les autorités, avait rassemblé selon les organisateurs quelque 10 000 personnes, un chiffre confirmé par les forces de l’ordre. Les échanges entre les participants et les forces de l’ordre ont rapidement dégénéré, entraînant plus de 250 blessés parmi les manifestants et les policiers. Ces événements avaient suscité une vive polémique sur la gestion des tensions autour des projets agricoles liés à l’irrigation.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre responsables syndicaux et porte-parole anti-bassines jugés en appel à Poitiers le 27 mai 2026 pour « organisation d’une manifestation illégale » le 25 mars 2023 à Sainte-Soline.
  • La manifestation, interdite par les autorités, avait rassemblé 10 000 participants selon les organisateurs, chiffre confirmé par les forces de l’ordre.
  • Les affrontements autour du chantier d’une réserve d’irrigation agricole avaient fait 250 blessés parmi les manifestants et les policiers.

Un rassemblement interdit aux conséquences violentes

Le 25 mars 2023, la préfecture des Deux-Sèvres avait interdit la manifestation prévue à Sainte-Soline, un projet agricole devenu symbole des tensions entre écologistes et partisans d’une agriculture intensive. Malgré l’interdiction, des milliers de personnes se sont réunies pour dénoncer la construction de réserves d’eau destinées à l’irrigation, perçues comme un accaparement des ressources par les opposants au projet.

Selon les comptes-rendus de l’époque, les heurts ont débuté en fin de matinée, lorsque les forces de l’ordre ont tenté de disperser les manifestants. Des barricades ont été érigées, des projectiles lancés, et les affrontements se sont prolongés pendant plusieurs heures. Les dégâts matériels et les blessés, tant parmi les forces de l’ordre que parmi les participants, avaient nécessité l’intervention des secours et des renforts policiers.

Quatre figures majeures du mouvement convoquées devant la justice

Parmi les quatre responsables jugés en appel figurent des personnalités emblématiques du mouvement anti-bassines. L’un des principaux accusés, porte-parole d’une organisation syndicale agricole, avait à l’époque dénoncé une « répression disproportionnée » de la part des autorités. « Nous n’avons fait qu’exercer notre droit de manifester, malgré l’interdiction, car ce projet de réserve d’irrigation menace l’avenir de l’agriculture paysanne », avait-il affirmé lors d’une conférence de presse.

Un autre accusé, militant écologiste connu pour ses actions contre les grands projets agricoles, avait pour sa part souligné que « la violence n’était pas le fait des manifestants, mais bien des forces de l’ordre, dont certaines interventions ont été filmées et relayées massivement sur les réseaux sociaux ». Ces déclarations avaient alimenté une polémique nationale sur l’usage de la force lors des rassemblements.

Et maintenant ?

La décision de la cour d’appel de Poitiers, attendue d’ici quelques semaines, pourrait avoir des répercussions sur la stratégie des opposants aux bassines. Les avocats des accusés ont d’ores et déjà annoncé leur intention de contester la légalité de l’interdiction de la manifestation, estimant qu’elle portait atteinte à la liberté de réunion. Une relaxe en appel pourrait donner un nouveau souffle au mouvement, tandis qu’une confirmation des condamnations renforcerait la position des autorités sur le contrôle des rassemblements.

Par ailleurs, la question des bassines agricoles reste au cœur des débats sur la transition écologique de l’agriculture. Une nouvelle manifestation est déjà prévue dans les prochains mois dans le même secteur, ce qui laisse présager de nouvelles tensions.

En conclusion, ce procès en appel rappelle l’intensité des conflits autour des projets agricoles et de leur acceptabilité sociale. Les décisions judiciaires à venir pourraient redéfinir les équilibres entre sécurité publique et droit de manifester.