Depuis mardi 28 avril 2026, les jardins de Kew, à Londres, accueillent un phénomène botanique exceptionnel : la floraison du titan arum (Amorphophallus titanum), une plante tropicale réputée pour sa rareté et son odeur caractéristique. Selon Euronews FR, cette floraison, surnommée « fleur-cadavre » en raison de sa puanteur rappelant la chair en décomposition, attire des centaines de visiteurs venus de toute la capitale britannique.

Ce qu'il faut retenir

  • Une plante qui met des années à fleurir : le titan arum peut attendre entre 7 et 10 ans entre deux floraisons.
  • Une odeur stratégique : la plante émet cette puanteur pour attirer les pollinisateurs, comme les mouches, dans son milieu naturel.
  • Durée limitée : la floraison actuelle devrait durer 48 heures maximum avant que l’inflorescence ne s’affaisse.
  • Une affluence record : les serres de Kew Gardens ont vu affluer des centaines de curieux depuis son ouverture au public.
  • Une taille impressionnante : les visiteurs soulignent que la plante dépasse leurs attentes visuelles, avec une hauteur pouvant dépasser deux mètres.

Une odeur qui divise les visiteurs

Dans la serre tropicale des jardins de Kew, l’atmosphère est chargée d’une odeur âcre, oscillant entre chaussettes moisies et haleine de chien, comme l’ont décrit plusieurs témoins. « C’est assez impressionnant. Bien plus grande que je ne l’imaginais. Ça ne sent pas si mauvais, sauf quand une bouffée vous arrive par moments et que ça rappelle un peu l’haleine de chien », a déclaré Joe Frewin, ingénieur chimiste, à l’AFP, cité par Euronews FR. Cette réaction olfactive, à la fois répulsive et fascinante, explique en partie l’engouement des Londoniens pour cette plante.

Une stratégie de pollinisation unique au monde végétal

Originaire des forêts tropicales d’Indonésie, le titan arum est une plante géante dont la floraison est un événement rare, même en culture. Dans son habitat naturel, sa puanteur attire les mouches et autres insectes nécrophages, qui jouent un rôle clé dans sa pollinisation. À Kew Gardens, où elle est cultivée depuis des années, sa floraison actuelle offre une opportunité unique d’observer ce mécanisme naturel. Les responsables du jardin botanique rappellent que cette plante, qui peut atteindre plus de trois mètres de haut dans certains cas, met généralement plusieurs années à produire une nouvelle inflorescence.

Un phénomène qui dépasse le simple attrait macabre

Si l’odeur de la fleur-cadavre suscite des réactions contrastées, son aspect spectaculaire en fait un sujet de conversation bien au-delà des cercles botaniques. Les réseaux sociaux regorgent de photos et de vidéos de cette plante, devenue virale en quelques heures. « Les visiteurs sont à la fois dégoûtés et émerveillés », confie un porte-parole de Kew Gardens. L’affluence actuelle confirme que, malgré sa puanteur, le titan arum reste un incontournable pour les amateurs de curiosités naturelles.

Et maintenant ?

La floraison du titan arum devrait s’achever d’ici jeudi 30 avril 2026, laissant place à une période de repos pour la plante avant son prochain cycle. Les jardins de Kew n’excluent pas de renouveler l’expérience dans les années à venir, selon l’état de santé de l’individu cultivé. Pour les scientifiques, cette floraison offre également une occasion d’étudier plus en détail les mécanismes de pollinisation de cette espèce menacée dans son milieu naturel.

Reste à savoir si cette affluence incitera d’autres institutions horticoles à exposer leur propre titan arum, ou si les jardiniers de Kew parviendront à prolonger la durée de cette floraison exceptionnelle. Une chose est sûre : pour quelques jours encore, Londres peut s’enorgueillir d’accueillir l’une des plantes les plus insolites du règne végétal.

Le titan arum émet une odeur de décomposition pour attirer les insectes pollinisateurs, comme les mouches, qui se nourrissent de chair en putréfaction. Cette stratégie évolutive lui permet de maximiser ses chances de reproduction dans son milieu naturel.