Selon BFM Business, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, participera le 20 avril prochain à un déjeuner avec le Medef, l’organisation patronale française. Cet entretien, initialement prévu le 2 mars, avait été reporté en raison des élections municipales et du contexte géopolitique tendu en Iran. Les deux parties confirment cette rencontre, qui s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre le parti d’extrême droite et le monde patronal.
Ce qu'il faut retenir
- Date et lieu : Un déjeuner est organisé le 20 avril 2026 entre Jordan Bardella et les dirigeants du Medef, dont son président, Patrick Martin.
- Origine du report : Le rendez-vous avait été repoussé en mars en raison des élections municipales et de la guerre en Iran.
- Contexte politique : Cette rencontre s’ajoute au dîner de Marine Le Pen avec des dirigeants du CAC 40 début avril 2026.
- Participants attendus : Le Medef a convié les chefs de ses principales fédérations, dont la banque, les assurances, le bâtiment, les travaux publics, le commerce et la métallurgie.
- Calendrier du Medef : Le patronat mène une série d’entretiens avec les leaders des principaux partis politiques, dont Olivier Faure (PS), Gabriel Attal (Renaissance) ou Fabien Roussel (PCF).
Cet événement marque une nouvelle étape dans le dialogue entre le RN et le monde économique, après le dîner controversé de Marine Le Pen avec des figures majeures du capitalisme français. Selon BFM Business, le repas du 20 avril doit permettre à Jordan Bardella d’échanger avec Patrick Martin et les responsables des secteurs les plus influents du patronat.
Un rapprochement progressif entre le RN et le patronat
Le déjeuner entre Bardella et le Medef intervient deux semaines après le dîner organisé par Marine Le Pen le 7 avril 2026. Ce dernier avait rassemblé plusieurs personnalités du CAC 40, dont Bernard Arnault (LVMH), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), les PDG d’Accor, Engie, Renault et Capgemini. Cyrille Bolloré, héritier du groupe familial, y participait également. Autant dire que ce repas avait suscité de nombreuses réactions, illustrant une volonté affichée du RN de dialoguer avec le monde des affaires.
Pour le Rassemblement national, ce rendez-vous avec le Medef constitue une première symbolique. Le parti d’extrême droite, longtemps perçu comme hostile au patronat, semble désormais chercher à normaliser ses relations avec les milieux économiques. De son côté, le Medef se présente comme un acteur central du débat politique, multipliant les entretiens avec les responsables des principaux partis.
Selon L’Opinion, cité par BFM Business, le PS a déjà été reçu par le Medef en février 2026. D’autres rencontres sont prévues, notamment avec Gabriel Attal (Renaissance), Édouard Philippe, Bruno Retailleau (Les Républicains), mais aussi des figures de gauche comme Manuel Bompard (LFI), Fabien Roussel (PCF) ou Marine Tondelier (EELV). Le patronat semble ainsi vouloir couvrir l’ensemble du spectre politique.
Un calendrier politique chargé pour le RN
Le déjeuner du 20 avril s’inscrit dans un calendrier politique particulièrement dense pour le Rassemblement national. Après le dîner avec le CAC 40, cette rencontre avec le Medef pourrait servir à affiner la ligne économique du parti, souvent critiqué pour son manque de propositions concrètes sur ce sujet. Pour Jordan Bardella, qui succède à Marine Le Pen à la tête du RN, il s’agit également de marquer une continuité avec la stratégie de son prédécesseur.
Côté Medef, l’objectif est double : d’une part, entretenir un dialogue avec les forces politiques pour anticiper les réformes économiques, d’autre part, montrer une ouverture qui pourrait atténuer les craintes d’une partie du monde patronal face à une éventuelle accession du RN au pouvoir. Patrick Martin, président du Medef, avait d’ailleurs indiqué à plusieurs reprises que le patronat souhaitait discuter avec tous les partis, sans exclusive.
Cette rencontre intervient dans un contexte où le RN, après son score historique aux élections européennes de 2024, continue de progresser dans les sondages. La question de sa crédibilité économique reste cependant un point de vigilance pour une partie des électeurs et des observateurs.
Des enjeux économiques et politiques
Pour le RN, ce rapprochement avec le patronat pourrait permettre de désamorcer les critiques sur son programme économique, souvent jugé trop protectionniste ou interventionniste. En discutant avec les dirigeants du Medef, Jordan Bardella pourrait ainsi affiner certaines propositions ou, à l’inverse, réaffirmer des lignes rouges, comme la remise en cause de certaines aides publiques ou de réglementations sociales.
Du côté du Medef, la rencontre s’inscrit dans une logique de pragmatisme. Même si les désaccords avec le RN restent nombreux – notamment sur des sujets comme l’immigration, la fiscalité ou la régulation du marché du travail –, le patronat semble prêt à dialoguer pour éviter des mesures perçues comme trop radicales. Cette approche avait déjà été observée lors des négociations sur la réforme des retraites en 2023, où le Medef avait tenté de peser sur les choix gouvernementaux.
Enfin, cette initiative pourrait aussi être interprétée comme une tentative du RN de se donner une image plus modérée, à quelques mois des prochaines échéances électorales. Après les municipales de 2026 et avant les législatives ou présidentielles, le parti cherche à élargir son électorat au-delà de son socle traditionnel.
En attendant, le calendrier politique reste chargé. Après le 20 avril, d’autres rencontres entre le Medef et les partis pourraient suivre, notamment avec Gabriel Attal ou Édouard Philippe. Reste à voir si ces échanges déboucheront sur des propositions concrètes ou resteront au stade du dialogue.
Selon BFM Business, Jordan Bardella échangera notamment avec Patrick Martin, président du Medef, ainsi qu’avec les chefs des principales fédérations patronales, dont la banque, les assurances, le bâtiment, les travaux publics, le commerce et la métallurgie.
Le rendez-vous, initialement prévu le 2 mars 2026, avait été repoussé en raison des élections municipales et de la guerre en Iran. Ces deux éléments avaient conduit à un report du déjeuner, comme l’ont confirmé les deux organisations à l’AFP.
