La République démocratique du Congo (RDC) a connu dimanche une journée de liesse nationale après la qualification de son équipe de football, les Léopards, pour la Coupe du monde 2026. Cinq jours après leur victoire décisive (1-0) face à la Jamaïque en barrage intercontinental, les joueurs ont été accueillis en héros à Kinshasa, où une foule immense les a acclamés dans les rues de la capitale.
Selon RMC Sport, cette qualification historique marque le retour des « mondialistes » congolais sur la scène mondiale, une première depuis 1976. La fête, retransmise en direct sur les réseaux sociaux, a mis en lumière l’engouement populaire autour de l’équipe nationale, tandis que certains joueurs ont été au cœur de polémiques liées à leur absence en club.
Ce qu'il faut retenir
- Une qualification historique : la RDC se qualifie pour la Coupe du monde 2026 pour la deuxième fois de son histoire, après 1976, en battant la Jamaïque (1-0) en barrage intercontinental.
- Un accueil triomphal à Kinshasa : les joueurs ont défilé dans des rues bondées sous une pluie battante, devant une foule en liesse venue célébrer leur exploit.
- Cédric Bakambu au cœur des festivités : l’attaquant du Betis Séville, absent lors du match de son club mais présent avec la sélection, a marqué les esprits avec sa présence remarquée.
- Une polémique autour de deux joueurs de Ligue 1 : Chancel Mbemba (Lille) et Arthur Masuaku (Lens) n’ont pas participé au derby du Nord samedi, déclenchant une réaction du président du LOSC, Olivier Létang.
- Un groupe difficile pour les Léopards : la RDC évoluera dans le groupe K du Mondial 2026 aux côtés de la Colombie, du Portugal et de l’Ouzbékistan, coorganisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada du 11 juin au 19 juillet.
- Des questions sur les primes et les absences : la fédération congolaise a été critiquée pour avoir retenu certains joueurs au-delà des délais autorisés par la FIFA, une situation qui a suscité des tensions avec des clubs européens.
Une qualification historique et une fête populaire à Kinshasa
Dimanche 5 avril 2026, la délégation des Léopards a atterri à l’aéroport international de N’djili sous les applaudissements d’une foule en liesse. Après une cérémonie religieuse solennelle, les joueurs ont été reçus par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, avant de s’engager dans un défilé triomphal à travers les rues de Kinshasa.
Sur les images partagées en direct sur les réseaux sociaux, on découvre une capitale en ébullition : des milliers de supporters, drapeaux congolais à la main, scandaient le nom de leurs héros. Autant dire que l’engouement était à la hauteur de l’enjeu : une qualification qui redonne espoir à un pays où le football est une passion nationale.
Cédric Bakambu, star des célébrations, et les polémiques autour des absences
Parmi les joueurs les plus remarqués lors de ces festivités, Cédric Bakambu a marqué les esprits. L’attaquant du Betis Séville, aux cheveux peroxydés, était bien présent avec la sélection, alors qu’il avait manqué le match de son club face à l’Espanyol Barcelone le week-end précédent. Selon certaines informations relayées par RMC Sport, il pourrait également rater le quart de finale aller de Ligue Europa face à Braga, prévu jeudi 9 avril.
Cette absence prolongée n’est pas passée inaperçue. Deux autres joueurs, Chancel Mbemba (Lille) et Arthur Masuaku (Lens), n’ont pas participé au derby du Nord samedi soir, ce qui a provoqué la colère d’Olivier Létang, président du LOSC. Dans un communiqué cinglant, il a dénoncé le blocage unilatéral des joueurs par la fédération congolaise, alors que les règlements de la FIFA imposent un retour dans les clubs sous 48 heures après un match.
« La fédération congolaise a décidé de façon unilatérale de bloquer des joueurs jusqu’à lundi alors que les règlements FIFA sont clairs : les joueurs doivent être de retour dans leurs clubs 48 heures après le match », a rappelé Létang. « Le joueur aurait dû être à Lille hier (jeudi) en fin d’après-midi. Le dossier est déjà entre les mains de la discipline de la FIFA, car c’est une jurisprudence très dangereuse pour tous les clubs, qui paient les joueurs. Les instances sont très sensibles et ont aussi déjà écrit à la fédération congolaise. »
Un groupe relevé pour les Léopards à la Coupe du monde 2026
Qualifiée pour la deuxième Coupe du monde de son histoire, la RDC hérite d’un groupe particulièrement relevé. Les Léopards affronteront en effet la Colombie, le Portugal et l’Ouzbékistan dans le groupe K, lors d’un tournoi qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Un défi de taille pour une équipe qui devra s’appuyer sur sa dynamique actuelle pour espérer passer le premier tour.
Cette qualification intervient après une campagne de barrages marquée par une forte pression, comme en témoignent les propos du sélectionneur congolais. « On a mouillé le maillot jusqu’au petit matin », avait-il déclaré après le match contre la Jamaïque, soulignant l’engagement sans faille des joueurs.
Les enjeux au-delà du terrain : primes, absentéisme et tensions avec la FIFA
Au-delà de la performance sportive, la qualification des Léopards a aussi soulevé des questions sur les modalités de gestion des joueurs en club. La décision de la fédération congolaise de retenir Mbemba et Masuaku au-delà des délais prévus par la FIFA a créé une tension avec le LOSC et le RC Lens, clubs concernés.
Olivier Létang a d’ailleurs confirmé que le dossier avait été transmis à la commission disciplinaire de la FIFA, une procédure qui pourrait avoir des répercussions sur les futures convocations des joueurs africains. « Les instances sont très sensibles à ce genre de situation », a-t-il souligné, rappelant que les clubs européens financent les salaires des joueurs et doivent pouvoir compter sur leur disponibilité.
La qualification de la RDC pour la Coupe du monde marque ainsi un tournant pour le football congolais, à la fois sur le plan sportif et symbolique. Après des décennies d’attente, les Léopards ont enfin l’opportunité de briller sur la scène internationale, sous les yeux d’une nation en liesse.
