Le dernier ressortissant étranger impliqué dans la tentative de coup d’État survenue en mai 2024 en République démocratique du Congo (RDC) a quitté Kinshasa mardi 31 mars 2026, après avoir été extradé vers le Royaume-Uni. Selon RFI, Yusuf Ezangi, condamné à mort dans cette affaire, a été transféré à Londres à la demande des autorités britanniques.

Cette extradition met un terme à une procédure judiciaire qui a duré près de deux ans, depuis les événements du 19 mai 2024. À l’époque, une tentative de prise de pouvoir avait été déjouée par les forces de sécurité congolaises, entraînant l’arrestation de plusieurs dizaines de personnes, dont des ressortissants étrangers.

Ce qu'il faut retenir

  • Yusuf Ezangi, dernier étranger condamné, a été extradé mardi 31 mars 2026 vers le Royaume-Uni à la demande de Londres.
  • Il avait été condamné à la peine capitale en même temps qu’une quarantaine d’autres accusés dans cette affaire.
  • La tentative de coup d’État du 19 mai 2024 en RDC avait été déjouée par les autorités.
  • L’extradition intervient après une procédure judiciaire de près de deux ans.
  • Cette affaire avait impliqué plusieurs dizaines de personnes, dont des étrangers.

Une condamnation à mort dans le cadre d’une affaire politique sensible

Yusuf Ezangi, dont l’identité exacte n’a pas été révélée par RFI, faisait partie des accusés jugés pour leur participation présumée à la tentative de coup d’État du 19 mai 2024. D’après les autorités congolaises, cette opération visait à renverser le président de l’époque, Félix Tshisekedi, en place depuis 2019. Selon RFI, les enquêteurs avaient établi des liens entre plusieurs des accusés et des groupes politiques opposés au régime.

Lors du procès, qui s’est tenu à Kinshasa entre 2024 et 2025, Ezangi et ses coaccusés avaient été reconnus coupables de « complot contre la sûreté de l’État » et de « tentative de coup d’État ». La peine de mort, bien que prononcée, n’est plus appliquée en RDC depuis 2003, mais elle reste encourue dans le code pénal congolais pour ce type d’infractions.

L’extradition, fruit d’un accord bilatéral

L’extradition de Yusuf Ezangi vers le Royaume-Uni a été finalisée après une demande officielle formulée par les autorités britanniques. Selon des sources diplomatiques citées par RFI, Londres avait justifié sa requête par la volonté d’assurer la détention et le jugement de son ressortissant conformément à son droit national. Les autorités congolaises, après avoir étudié la demande, ont donné leur accord, conformément aux traités d’extradition en vigueur entre les deux pays.

Cette décision a été saluée par les autorités britanniques, qui avaient suivi de près le dossier depuis 2024. Un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a indiqué à RFI que Londres « se réjouissait de cette coopération judiciaire » et qu’Ezangi serait jugé au Royaume-Uni pour les faits qui lui sont reprochés. Aucune date précise n’a encore été communiquée concernant son procès outre-Manche.

Et maintenant ?

L’extradition de Yusuf Ezangi marque la fin de la procédure judiciaire en RDC pour les étrangers impliqués dans cette affaire. Au total, une quarantaine de personnes ont été condamnées, dont la plupart des ressortissants congolais ont purgé leur peine ou attendent leur procès en appel. Côté britannique, les prochaines étapes dépendront désormais des choix des autorités judiciaires locales, qui pourraient décider d’un procès sur le sol national ou d’une extradition vers un autre pays si des éléments nouveaux émergent.

Sur le plan politique, cette affaire a mis en lumière les tensions persistantes en RDC, où les tentatives de déstabilisation restent un enjeu majeur pour la stabilité du pays. Les autorités congolaises n’ont pas communiqué sur d’éventuelles suites à donner à ce dossier, mais des observateurs s’attendent à ce que cette extradition soit présentée comme une victoire dans la lutte contre les ingérences étrangères.

Reste à voir si d’autres procédures judiciaires ou enquêtes liées à cette tentative de coup d’État verront le jour dans les prochains mois. Pour l’heure, la priorité des autorités britanniques semble être de juger Yusuf Ezangi selon leurs propres règles, sans qu’aucune indication n’ait filtré sur une éventuelle coopération future avec la RDC dans ce dossier.

D’après les informations rapportées par RFI, Londres a justifié sa demande par la volonté d’assurer le jugement de son ressortissant conformément au droit britannique. Les autorités britanniques ont souhaité reprendre la main sur la procédure judiciaire, sans préciser si des éléments supplémentaires ont motivé cette décision.