La République démocratique du Congo (RDC) et ses voisins ont adopté, ce week-end des 23 et 24 mai 2026, de nouvelles mesures pour tenter d’enrayer la propagation de l’épidémie d’Ebola, déclarée il y a dix jours. L’Ouganda a suspendu ses vols à destination de Kinshasa, tandis que les liaisons aériennes entre Bunia et la capitale congolaise sont également interrompues. Par ailleurs, les rassemblements de plus de 50 personnes sont désormais interdits dans cette ville de l’Ituri, épicentre de l’épidémie. La Centrafrique, de son côté, a annoncé un renforcement de la surveillance épidémiologique et une sécurisation accrue des points d’entrée sur son territoire. Quant au groupe politico-militaire AFC/M23, il a imposé un isolement de 21 jours pour les personnes en provenance d’Ituri.
Ce qu'il faut retenir
- L’Ouganda suspend ses vols vers Kinshasa et les liaisons entre Bunia et la capitale congolaise sont interrompues.
- À Bunia, les rassemblements de plus de 50 personnes sont désormais interdits.
- La Centrafrique renforce sa surveillance épidémiologique et sécurise ses frontières.
- Le groupe AFC/M23 impose un isolement de 21 jours aux personnes venues d’Ituri.
- La RDC dénombre 904 cas suspects, dont 101 cas confirmés et 220 décès suspects, avec 10 décès confirmés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Selon RFI, ces mesures interviennent alors que les autorités sanitaires de RDC peinent à contenir une nouvelle flambée d’Ebola, officiellement déclarée le 13 mai 2026. L’Ituri, province frontalière de l’Ouganda, reste l’épicentre de cette 17e épidémie depuis le début de l’épidémie en RDC en 1976. Les chiffres, encore partiels, révèlent une situation préoccupante : sur les 904 cas suspects recensés, 101 ont été confirmés en laboratoire, tandis que 220 décès restent sous investigation. Parmi eux, 10 cas ont été officiellement confirmés comme liés à Ebola.
Les provinces touchées, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, cumulent les défis logistiques et sécuritaires. L’isolement imposé par l’AFC/M23 aux personnes en provenance d’Ituri s’ajoute aux restrictions déjà en place dans la région. Cette mesure, bien que controversée, reflète les craintes d’une propagation transfrontalière. De son côté, la Centrafrique justifie son renforcement des contrôles par la nécessité d’éviter une importation du virus sur son sol, alors que les échanges avec la RDC sont fréquents.
Les restrictions aériennes et les interdictions de rassemblement s’inscrivent dans une stratégie plus large de confinement territorial. L’Ouganda, déjà éprouvé par des épidémies passées, a choisi de couper les ponts avec Kinshasa, malgré les liens économiques et familiaux entre les deux pays. Cette décision, prise en concertation avec les autorités congolaises, vise à limiter les mouvements de population et, par ricochet, les risques de contamination.
« Les mesures prises ce week-end sont un signal fort de la part des pays de la région pour éviter une généralisation de l’épidémie »
a déclaré un responsable sanitaire sous couvert d’anonymat, cité par RFI.
Dans l’immédiat, les populations locales, particulièrement à Bunia et dans les zones frontalières, doivent s’adapter à ces nouvelles contraintes. Les marchés, écoles et lieux de culte, souvent bondés, voient leurs activités réduites, une situation qui pourrait aggraver les tensions sociales dans un contexte déjà tendu. Les organisations humanitaires, de leur côté, appellent à un accès sans entrave aux soins pour les personnes suspectées d’être infectées, afin d’éviter une nouvelle catastrophe sanitaire.
Un cas suspect désigne une personne présentant des symptômes compatibles avec Ebola mais n’ayant pas encore été testée en laboratoire. Un cas confirmé est un patient dont le test a révélé la présence du virus. Un décès suspect correspond à un décès dont la cause n’a pas encore été établie, mais qui pourrait être lié à Ebola. Seul un décès confirmé par un test en laboratoire est officiellement comptabilisé comme tel.