La diffusion d’une vidéo montrant une femme à peine accouchée frappée par un médecin en République démocratique du Congo (RDC) a suscité un tollé sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Selon France 24, cette séquence, rapidement devenue virale, illustre des violences obstétricales qui, pour les associations féministes locales, révèlent un dysfonctionnement structurel dans la prise en charge des parturientes dans le pays.
Ce qu'il faut retenir
- Une vidéo choquante : la scène montre une accouchée frappée par un médecin peu après son accouchement.
- Un problème systémique : les violences obstétricales en RDC seraient récurrentes selon les collectifs féministes.
- Une mobilisation en ligne : des milliers d’utilisateurs ont réagi avec indignation après la diffusion de l’enregistrement.
L’enregistrement, tourné dans un centre de santé non identifié de RDC, montre une femme encore alitée, à peine remise de son accouchement, recevant des coups de la part du personnel soignant. La scène, datée du 22 mars 2026, a été partagée des milliers de fois en moins de 48 heures sur X (ex-Twitter) et Facebook, avant d’être relayée par des médias locaux et internationaux. France 24 confirme l’authenticité de la vidéo, tout en précisant que l’établissement concerné n’a pas encore été officiellement identifié.
Les réactions ont été immédiates. Des collectifs comme l’Association des femmes juristes de RDC ou l’ONG SOFEPADI ont dénoncé des violences obstétricales systématiques, soulignant que cette pratique n’est pas isolée. « Ces actes sont le symptôme d’un système de santé défaillant, où les femmes enceintes sont souvent traitées avec mépris, voire violence », a déclaré Julienne Lusenge, cofondatrice de SOFEPADI, à France 24. Selon elle, ces violences s’ajoutent à un manque criant d’infrastructures et de personnel qualifié, particulièrement en zones rurales.
Les chiffres disponibles renforcent ce constat. D’après un rapport de l’UNFPA publié en 2025, près de 30 % des femmes en RDC déclarent avoir subi des violences verbales, physiques ou psychologiques pendant leur accouchement. Le taux de mortalité maternelle, estimé à 693 décès pour 100 000 naissances en 2023 (source : Banque mondiale), reste l’un des plus élevés au monde, un indicateur souvent lié à la qualité des soins obstétricaux.
« Ces violences ne sont pas seulement le fait d’individus isolés, mais d’un système qui normalise l’humiliation des femmes. » — Me Grace Ntambwe, avocate spécialisée dans les droits des femmes, interrogée par France 24.
Face à l’ampleur de la polémique, les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement. Le ministère de la Santé n’a pas communiqué sur l’affaire, se contentant d’un communiqué laconique publié le 26 mars, évoquant « des investigations en cours ». Pourtant, des associations locales pressent le gouvernement d’agir rapidement. « Nous demandons une enquête transparente et des sanctions exemplaires contre les responsables », a exigé Lusenge auprès de France 24.
Cette affaire relance par ailleurs le débat sur les violences obstétricales en Afrique subsaharienne, où les femmes subissent souvent des traitements dégradants faute de mécanismes de plainte efficaces. Selon France 24, des ONG internationales pourraient saisir le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour alerter sur la situation en RDC.
À ce stade, aucune procédure n’a été officiellement engagée. Le ministère de la Santé congolais a seulement indiqué qu’une enquête administrative serait diligentée « dès que l’établissement sera identifié ». Les associations locales appellent à une enquête judiciaire indépendante, mais aucune date n’a été communiquée.
