L’association de consommateurs Que Choisir Ensemble – anciennement connue sous le nom d’UFC Que Choisir – s’est saisie du dossier épineux de la recharge des véhicules électriques en France. Dans un communiqué publié ce 26 mai 2026, elle met en lumière une pratique tarifaire jugée abusive aux bornes de recharge publiques, où les prix pourraient atteindre jusqu’à dix fois ceux pratiqués à domicile, selon Frandroid.
Ce qu'il faut retenir
- L’association Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) dénonce des tarifs jusqu’à dix fois plus élevés aux bornes de recharge publiques par rapport à la recharge à domicile.
- Elle demande aux pouvoirs publics d’obligé à clarifier l’affichage des prix pour une meilleure transparence.
- Cette pratique touche l’ensemble des usagers des véhicules électriques en France, confrontés à des coûts imprévisibles selon les bornes.
- L’association appelle à une simplification de l’accès aux bornes pour garantir une concurrence loyale.
Cette situation, révélée par Frandroid, intervient alors que le marché des voitures électriques connaît une croissance soutenue en France. Selon les dernières données disponibles, plus de 1,2 million de véhicules électriques et hybrides rechargeables circulent actuellement sur le territoire, un chiffre en progression constante depuis 2020. Pourtant, l’accès à une recharge abordable et transparente reste un point de friction majeur pour de nombreux utilisateurs, alors que les bornes se multiplient dans les parkings publics, les centres commerciaux ou encore les stations-service.
Pour l’association Que Choisir Ensemble, le problème ne réside pas uniquement dans les prix excessifs, mais aussi dans l’opacité des grilles tarifaires. « Les automobilistes ne savent pas à quoi s’attendre en branchant leur véhicule : certains opérateurs facturent à la minute, d’autres au kilowattheure, et les écarts de prix peuvent être colossaux d’une borne à l’autre », a déclaré un porte-parole de l’association, cité par Frandroid. Cette absence de standardisation rend toute comparaison impossible pour le consommateur, qui se retrouve souvent dans l’incapacité de prévoir le coût réel de sa recharge.
Parmi les exemples les plus frappants, l’association cite des cas où le prix au kilowattheure atteint 0,80 € dans certaines stations, contre une moyenne de 0,15 € à 0,20 € pour une recharge à domicile. « Autant dire que pour les habitants des zones urbaines ou les voyageurs de passage, la facture peut rapidement devenir dissuasive », précise Que Choisir Ensemble. Cette disparité s’explique en partie par le manque de régulation des opérateurs privés, qui fixent leurs tarifs en fonction de la localisation et de la fréquentation des bornes.
Face à cette situation, Que Choisir Ensemble enjoint les pouvoirs publics à intervenir rapidement. L’association plaide pour l’adoption d’un affichage obligatoire des prix au kilowattheure, ainsi que pour la mise en place d’un système de comparaison en temps réel, similaire à celui utilisé pour les carburants. « Il est urgent d’encadrer ces pratiques pour éviter que le marché ne se transforme en far west tarifaire », a souligné l’association dans son communiqué. Elle rappelle que, sans une régulation stricte, le développement de la mobilité électrique pourrait être freiné par des coûts prohibitifs.
Cette affaire soulève également la question de l’équité entre les usagers. Les propriétaires de véhicules électriques résidant en maison individuelle bénéficient généralement de tarifs avantageux grâce à des contrats d’électricité spécifiques, tandis que les citadins ou les voyageurs doivent composer avec des prix aléatoires. Pour Que Choisir Ensemble, cette situation crée une fracture sociale au sein même des utilisateurs de véhicules propres, risquant de décourager une partie d’entre eux.
Enfin, l’association rappelle que la transparence des prix est un enjeu de santé publique. Avec l’objectif fixé par l’Union européenne de neutralité carbone d’ici 2050, la mobilité électrique doit rester accessible à tous pour réussir cette transition. Sans une régulation efficace, les bornes de recharge pourraient devenir un symbole des inégalités plutôt qu’un levier de la mobilité durable.
Les tarifs des bornes de recharge publiques sont fixés librement par les opérateurs privés, en fonction de leur modèle économique et de la localisation de la borne. Certains privilégient un abonnement mensuel, d’autres facturent à la minute ou au kilowattheure, ce qui crée une opacité totale pour le consommateur. Aucune régulation n’impose aujourd’hui une harmonisation des prix.