Le groupe espagnol Renfe, qui s'est lancé sur le marché français à l'été 2023 avec deux lignes à grande vitesse reliant Lyon et Marseille à Barcelone et Madrid, a décidé de candidater pour la ligne TER entre Paris et Lyon via Dijon, selon nos confrères de BFM Business. Cette ligne, appelée PLM, représente 19% de l'offre ferroviaire de la région Bourgogne-Franche-Comté, qui a lancé un appel d'offres dans le cadre de l'ouverture à la concurrence.
Renfe s'est associé à KPMG pour le conseil financier et à Orange pour la fourniture de données pour répondre à cet appel d'offres. La région Bourgogne-Franche-Comté devrait trancher au second semestre 2027 pour une mise en service en 2030, et le contrat durera 10 ans. Il s'agit d'une nouvelle étape pour Renfe, qui avait initialement prévu de faire circuler des trains entre l'Espagne et Paris via Lyon à l'été 2024, pour les Jeux olympiques, mais qui a rencontré des difficultés pour obtenir l'homologation de ses trains.
Ce qu'il faut retenir
- Renfe candidat pour la ligne TER entre Paris et Lyon via Dijon
- La ligne PLM représente 19% de l'offre ferroviaire de la région Bourgogne-Franche-Comté
- La région devrait trancher au second semestre 2027 pour une mise en service en 2030
Contexte et historique
Renfe est devenu le deuxième opérateur étranger à concurrencer la SNCF, après Trenitalia depuis 2021. Le groupe avait acheté une trentaine de rames à grande vitesse au constructeur espagnol Talgo pour faire circuler des trains entre l'Espagne et Paris via Lyon. Cependant, l'homologation de ces trains a pris beaucoup de temps, suscitant des accusations d'entraves et de non-réciprocité de la part de la France.
SNCF Voyageurs est présent en Espagne avec Ouigo et a capté 20% du marché. Renfe a donc lancé une « réflexion » sur sa stratégie de développement en France en janvier dernier, en raison des « difficultés et des retards successifs rencontrés dans le déploiement de son offre de services à grande vitesse ».
Faits actuels et reactions
La région Bourgogne-Franche-Comté a déjà attribué le lot couvrant le secteur Bourgogne-Ouest-Nivernais à SNCF Voyageurs, qui était seul en lice. Pour autant, cette ouverture du marché régional est pour le moment synonyme de victoires en série pour SNCF Voyageurs, parfois faute de combattants sur les lots les moins rentables.
Sur neuf lots régionaux attribués, l'entité du groupe SNCF en a remporté six : Etoile de Nice (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Etoile d'Amiens (Hauts-de-France), Sud Loire (Pays de la Loire), Tram-Train T4/T11/Esbly-Crécy (Île-de-France), Bourgogne ouest-Nivernais (Bourgogne-Franche-Comté), ainsi que les deux lignes Intercités Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon.
Enjeux et analyse
Les concurrents de la SNCF (Keolis, Transdev, RATP, nouveaux entrants...) sont à la fois frileux pour attaquer des lots jugés peu rentables et critiques vis-à-vis du cadre réglementaire de cette ouverture à la concurrence. D'autres appels d'offres sont en cours dans le Grand Est, Hauts-de France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes pour des mises en service s'étalant de 2027 à 2031.
Il est important de noter que pour les Intercités et les TER, la mise en concurrence se fait par appels d’offres et par lots (de 2 à 10 par régions), ce qui implique des obligations pour le candidat (dessertes, fréquences, matériel) imposées soit par l'Etat (pour les Intercités), soit par les Régions (pour les TER).
En conclusion, la candidature de Renfe pour la ligne TER entre Paris et Lyon via Dijon est un nouveau développement important dans le cadre de l'ouverture à la concurrence du marché ferroviaire français. Il est essentiel de suivre de près les prochaines échéances et décisions attendues pour comprendre les implications pour les usagers et les opérateurs ferroviaires.
