Le gouvernement finalise deux décrets d’application visant à adapter les règles de la suspension de la réforme des retraites pour les mères de famille. Comme le rapporte Ouest France, ces textes, encore en cours d’examen, précisent les modalités pratiques de compensation pour les femmes ayant interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour élever leurs enfants.
Selon Ouest France, ces décrets s’inscrivent dans le cadre des mesures annoncées en mars 2026 pour atténuer les effets de la suspension de la réforme des retraites, décidée en réponse aux mouvements sociaux de l’hiver dernier. Ils ciblent spécifiquement les assurées ayant connu des carrières hachées en raison de la parentalité, un enjeu reconnu par le gouvernement comme prioritaire pour réduire les inégalités entre hommes et femmes au moment de la retraite.
Ce qu'il faut retenir
- Deux décrets en préparation pour adapter la suspension de la réforme des retraites aux mères de famille
- Ces textes visent à compenser les carrières incomplètes liées à la parentalité
- Ils s’inscrivent dans le cadre des mesures post-suspension de la réforme, annoncées en mars 2026
- Le gouvernement reconnaît les inégalités persistantes entre hommes et femmes à la retraite
Des mesures ciblées pour les femmes ayant des carrières interrompues
D’après Ouest France, les deux projets de décrets prévoient des ajustements sur trois axes principaux : la prise en compte des trimestres manqués pour éducation d’enfants, l’amélioration des majorations de durée d’assurance (MDA) pour les trimestres validés auprès des enfants, et l’intégration de bonifications spécifiques pour les mères ayant élevé au moins trois enfants.
Le premier décret concernerait les règles de validation des trimestres liés à l’éducation des enfants, avec une majoration automatique de 5 % par enfant pour les femmes ayant validé au moins 8 trimestres avant leur interruption de carrière. Le second décret préciserait les conditions d’attribution des MDA pour les mères ayant réduit leur activité professionnelle, avec une majoration de 10 % par année d’interruption, dans la limite de trois ans par enfant.
Des ajustements sous conditions de ressources et d’âge
Les documents consultés par Ouest France indiquent que ces mesures ne seront pas universelles. Elles s’adresseront aux femmes dont les revenus annuels ne dépassent pas un plafond fixé à 2,5 fois le SMIC annuel, soit environ 45 000 euros brut en 2026. Par ailleurs, les bénéficiaires devront justifier d’au moins 15 années de cotisations avant leur première interruption de carrière pour prétendre aux bonifications.
Un autre point clé porte sur l’âge légal de départ à la retraite, qui reste fixé à 62 ans pour ces assurées, mais avec une possibilité de départ anticipé à 60 ans sous réserve de justifier d’au moins 43 annuités, incluant les trimestres majorés. Ces conditions visent à éviter un déséquilibre financier pour le système, tout en répondant aux revendications portées par les associations féministes et les syndicats.
« Ces décrets sont le fruit d’un compromis entre équité sociale et viabilité financière. Nous avons travaillé pour que les mères de famille ne soient pas les grandes perdantes de la suspension de la réforme », a déclaré une source gouvernementale à Ouest France.
Un calendrier sous haute tension
Les deux textes, actuellement en phase de relecture interministérielle, devraient être présentés en Conseil des ministres d’ici la mi-juin 2026, pour une publication au Journal officiel avant la fin du mois. Leur adoption définitive dépendra des arbitrages rendus sur les questions budgétaires, alors que le déficit du régime général de retraite devrait atteindre 12 milliards d’euros en 2026, selon les dernières projections de la Cour des comptes.
Les associations de défense des droits des femmes, comme la Fondation des femmes ou l’Union nationale pour l’égalité professionnelle (UNEP), ont déjà salué ces avancées, tout en rappelant que d’autres mesures seront nécessaires pour réduire l’écart de pension entre hommes et femmes, estimé à 40 % en moyenne en France. « C’est un premier pas, mais il faut aller plus loin, notamment sur la revalorisation des pensions des femmes », a souligné la présidente de l’UNEP.
Dans l’attente de leur entrée en vigueur, les femmes concernées peuvent déjà se renseigner auprès de leur caisse de retraite ou sur le site officiel info-retraite.fr, où un simulateur dédié sera mis en ligne dès la publication des décrets.